Métamorphose ou ramollissement muqueux des éléments
non cellulaires.
Cette dégénérescence s'observe dans la substance fondamentale des cartilages, des os et du tissu conjonctif, dans le caillot fibrineux des extravasats sanguins et des exsudats, etc. Les cellules des tissus mentionnés en premier lieu se détruisent ou se divisent. Ce processus se rencontre souvent dans les cartilages comme phénomène initial du mal sénile, soit à la périphérie du cartilage articulaire, ce qui entraine la striation et le rapetissement de la surface articulaire, soit au centre, où il donne naissance à des espaces kystiformes. Ce ramollissement se produit aussi mais plus rarement dans les os, et s'accompagne de l'élimination des sels calcaires. Le tissu conjonctif en est principalement atteint dans les cas d'inflammation et de néoplasie : tandis que les éléments cellulaires se multiplient ou affluent plus ou moins rapidement, la substance fondamentale se ramollit et puis se résorbe, s'élimine ou reprend sa structure fibrillaire normale. C'est daus les atrophies que le tissu graisseux est le plus souvent atteint de ramollissement, par exemple, le tissu adipeux sous-séreux, la moelle jaune des os.
Le ramollissement muqueux Yobserve à l'état normal comme phénomène sénile dans les cartilages symphysaires et intermédiaires.
Les phénomènes chimiques consistent en la transformation des substances collagêne et chondrogène, en mucus, lequel ne se distingue des albuminates que par l'absence de soufre. (Rindneisch, Lekrb. d. path. Geweb$lehre, L 1866, p. 234)
ri 40 NOUVEAUX ELEMENTS de pathologie générale.
i. — Métamorphose fibrineuse ou croupeusc.
Buhl, Yerh.d. îlcujr. Arad.d. IViss., 180~>, II, p. 50.— E. Wagner. Arch.d.Hrilk.. VII, p. 481 ; Vllf, p. U\K — 0. lUnvr, ib.9 p. 510: IX, p. m.
La métamorphose jibrincuse résulte de la transformation du e-mteuu cellulaire en une substance plus ou moins consistante et analogue pour l'aspect à la librine coagulée. Kilt* s observe sous forme d exsudât croupeux et diphlhéritique sur toutes les muqueuses, spécialement dans le larynx, la trachée et le pharynx, ainsi que d;m> eerlaine> glandes, surtout dans les canalicules urinilères, où elle conslitue des cylindres hyalins ou fihriueux, et dans les poumons où elle produit la pneumonie croupale.
La métamorphose croupeusc des cellules produit d'abord une ainpliation de celles-ci dans tous leurs diamètres, résultant surtout do l'accumulation de la matière proloplasmatique. Il se forme ensuite des points ronds ou ovales, pouvant atteindre I, ."()(>'" de diamètre, et nettement limilés déjà dès le début; ils se montrent d'abord à li périphérie, puis au centre des cellules. La substance cellulaire devient plus foncée, plus brillante el offre un aspect plus ou moins fendillé ou dentelé, d'après le nombre et la disposition de ces points ; elle acquiert en même temps une plus grande force «le résistance contre la chaleur et les réactifs. Pendant que le novau disparaît peu à peu, il se forme de nouveaux points qui donnent à la cellule un aspect de plus en plu> fendillé. Au début, ces points sont entourés d'une couche protopla>iiiatique d'une épaisseur variable dans les divers endroits de la périphérie ; plus tard cette couche disparaît elle-même complètement, et la cellule parait réellement fendillée et dentelée à sa circonférence. Ces dentelures s'engrènent avec celles des cellules voisines ; les pointa ronds sont vidc> ou bien renferment soit un noyau, soit un globule de pus dont la provenance e.>t encore douteuse : c'est probablement un globule blanc du sang immigré. Cette métamorphose transforme linaleinent lépithélium en une masse plus ou moins épaisse, blanc grisâtre, résistante, d'abord adhérente, puis facile à enlever, régulièrement membraneux* ou réticulée, et à laquelle on donne le nom Je membrane croupeusc. Cette membrane n'est pas susceptible de régression : elle se détache et s'élimine (par exemple sur les surfaces qui s'ouvrent à l'extérieur, telles que celles des voies aériennes et des canalicules urinilères) ; elle subit la dégénérescence graisseuse ou caséeuse, ou bien elle se transforme en sanic en même temps que L«
muqueuse sous-jacente qui s'est infiltrée de pus ( diphthérite, spécialement de la gorge).
La métamorphose croupeuse s'observe à l'état aigu et chronique : elle a été trouvée jusqu'à présent, sur l'épithéliuro de toutes les muqueuses, simple ou stratifié. Dans, ce dernier, elle commence le plus souvent immédiatement au-dessous de la couche supérieure des cellules vibratiles, qui paraissent ne pas subir cette dégénérescence. 1/ exsudât de la pneumonie croupeuse, dans sa partie réticulée, est le résultat de cette métamorphose.
Pour ce qui concerne la formation des cylindres de l'urine, qui dépend, soit de la métamorphose colloïde*, soit de la dégénérescence croupale, voyez Axel Key, Med. Arch., I, p. 1 ; Stockholm, 1863, et 0. Bayer, Arch. d. Heilk, 1868, IX, p. 136.
(Yoy. plut bas, à l'article Inflammation, Exsudatscroupeux et diphthéritiques.)