BANDELETTES SÉPARÉES
à la plus grande circonférence du membre : on les applique ensuite en commençant par l’inférieure, c’està-dire de bas en haut : si les bandelettes sont d’inégale largeur, on obtiendra un appareil d’un aspect régulier, en les imbriquant de manière à laisser dépasser une quantité égale pour chaque bandelette. Malgaigne, Hamilton sont peu favorables à l’emploi des bandages roulés ou des bandelettes appliqués immédiatement sur
Fig. 21 — Bandelelles séparées.
le membre, les considérant comme nuisibles ou tout au moins comme inutiles.
2® Draps fanons. — Le drap fanon, qui a reçu son nom de Desault, était appelé linceul par Guy de Chauliac et maître Pierre d’Arles ; on le nomme aussi porte-attelles. C’est une pièce de linge un peu plus longue que le membre blessé, assez large pour en faire environ deux fois le tour, et destinée à retenir et à fixer les attelles qui sont roulées dans ses bords.
§ IL — Liens
Les liens servent à maintenir l’appareil en place sur le membre; la plupart sont en ruban de fil ou en toile résistante, presque toujours munis d’une boucle à une de leurs extrémités (voy. fîg. 151), mais on peut aussi employer des morceaux de bande qu’on fixe par un nœud en rosette. On les dispose transversalement de distance en distance le long du membre ; 3 suffisent pour la jambe, 2 pour la cuisse, 2 pour l’avant-bras ou le bras.
§ III. — Coussins
Les coussins, appelés aussi coussinets, sont destinés soit à être placés entre les attelles et le membre pour éviter la compression de celui-ci, tout en renforçant la contention, soit à remplir certains buts spéciaux, comme le coussin axillaire employé dans les fractures de la clavicule et de l’humérus, soit à supporter le membre après application de l’appareil ; ils peuvent aussi constituer à eux seuls l’appareil à fracture.
1° Les coussins que l’on dispose entre les attelles et le membre, ou coussins-attelles, sont constitués par une sorte de sac en toile de forme allongée et de dimensions variables, rempli d’une substance élastique et légère. La meilleure des matières de remplissage est la balle d’avoine, qui glisse facilement dans le coussin et lui permet de se mouler sur les saillies et dépressions du membre ; on a aussi employé la paille, le son, le crin, la laine, le cordon cardé, la plume, le foin, la mousse, etc. Le coussin ne devra jamais être rempli complètement, pour qu’on puisse modifier sa forme ; sa longueur doit être supérieure à celle du segment du membre blessé, afin d’immobiliser les deux articulations qui siègent au-dessus et au-dessous de la fracture ; sa largeur sera de 7 à 8 centimètres pour le membre inférieur, de 4 à 6 centimètres pour le membre supérieur.
Au lieu de coussins, surtout pour les extrémités supérieures, le bras en particulier, on se servira, avec avantage, d’une feuille de ouate suffisamment épaisse dont on entoure l’attelle sur ses deux faces et que l’on maintient à l’aide d’une compresse fixée avec des épingles ; Hamilton enveloppe l’attelle d’un sac de mousseline ouvert aux deux bouts, rembourre de son ou de coton la face qui sera en rapport avec le membre, et ferme ensuite le sac.
Les coussins sont remplacés parfois par les faux fanons ou pièces de linge repliées sur elles-mêmes ; leur manque d’élasticité les rend peu pratiques.
2° Les coussins que l’on place dans l’aisselle pour les fractures de l’humérus ou de la clavicule affectent la forme d'une pyramide ou d’un coin et sont remplis de crin ou de balle d’avoine ; ils doivent être assez larges pour dépasser les bords antérieur et postérieur de l’aisselle. Il est aussi simple de se servir d’une pièce de ouate repliée sur elle-même, de dimensions convenables, et entourée d’un linge ou d'une grande compresse ; en raison du tassement rapide de la ouate, il faut la renouveler fréquemment.