ÉPONGES
dans une solution antiseptique qui sera renouvelée tous les huit jours.
Poupinel conseille de stériliser les éponges ainsi blanchies en les plaçant après expression, mais encore humides, dans un bocal de verre stérilisé par lavage au sublimé. Le bocal, fermé avec un tampon de ouate, est soumis pendant 45 minutes à une température de 60 à 80» dans l’étuve sèche, à doubles parois, des laboratoires. Au bout de 24 heures et de 48 heures, on chauffe de nouveau à 80° le bocal et son contenu pendant 4o minutes chaque fois. Puis le tampon de ouate est renforcé d'un couvercle imperméable, permettant la conservation des éponges ainsi préparées.
2» Désinfection des éponges ayant servi. — On ne devra utiliser que celles qui auront servi à des opérations aseptiques, et encore les réservera-t-on pour des opérations peu importantes ou pour le pansement de plaies infectées.
M. Rœser. pharmacien militaire, a proposé le procédé suivant qui peut également être employé pour blanchir les éponges neuves débarrassées de leur sable et des débris calcaires [Archives de médecine militaire, août 1891). Les éponges sont lavées à l’eau distillée additionnée de 20 gouttes par litre d’une solution de soude caustique au dixième, rincées plusieurs fois à l’eau distillée chaude de 40 à 4.5» ou à l’eau bouillie, mais en forçant alors un peu la dose de soude.
Après les avoir bien pressées, on les plonge, sans les tasser, dans les bocaux contenant de l’eau bromée préparée ainsi : ajouter, par litre d’eau distillée, 20 gr. d’eau saturée de brome qui s’obtient en versant dans un flacon de 43 cc. 10 cc. de brome et 30 cc. d’eau ; agiter à plusieurs reprises et décanter au moment du besoin, après dépôt de l’excès de brome au fond du flacon. On les laisse dans l’eau bromée jusqu’à décoloration de l’eau, on les retire, on les exprime et on recommence un second et même un troisième traitement avec de nouvelle eau bromée, jusqu'à ce que l’éponge soit devenue complètement blanche. De l’eau distillée chaude, ou même l’exposition au soleil, active et complète l’action du brome. Au sortir de l’eau bromée et après expression, on les met dans de l’eau légèrement alcalinisée, 20 gouttes de la solution de soude caustique au dixième par litre d’eau distillée, et on les lave à l’eau distillée ou bouillie jusqu'à ce quelles n’offrent plus aucune odeur de brome. On les conserve dans la solution de sublimé à 1 p. 1000, additionnée de 3 gouttes d'acide chlorhydrique par litre.
M. Allain, pharmacien militaire, conseille le procédé ci-après pour débarrasser les éponges du sang ou des matières albuminoïdes. On les immerge dans une solution de 30-. centimètres cubes d’ammoniaque par litre. On décante et on rince les épon-
PANSEMENTS
ges à Peau ordinaire en les exprimant avec une planchette. On recommence le traitement à l’eau ammoniacale et le rinçage à l'eau ordinaire jusqu'à ce qu’une éponge prise entre les mains et serrée ne laisse plus écouler de liquide trouble. Trois opérations d’une durée totale d’une heure suffisent en général. Les éponges sont bien lavées et rincées à l’eau ordinaire jusqu’à cessation de la réaction au tournesol.
Carrière et Vanverts ont obtenu la stérilisation des éponges en les laissant séjourner dans l’eau oxygénée à 10 ou 12 volumes pendant 12 à 24 heures au plus : on peut les y conserver, sans altération, pendant des mois.
La stérilisation par la vapeur d’alcool anhydre sous pression (procédés de Robert, Bardy, Répin) les altère profondément. •
‘ Les éponges, préalablement exprimées, servent pendant les opérations à aider l’hémostase en asséchant le champ opératoire, plutôt par frottement que par pression.
On les utilise aussi soit comme agent compressif, en les intercalant dans les pièces de pansement, particulièrement pour soutenir les lambeaux, soit comme moyen de tamponnement dans certaines cavités (vagin, rectum) , etc.
Pour nettoyer les plaies sanieuses, il est préférable de se servir de tampons de ouate hydrophile ou d’étoupe purifiée entourés de gaze, ainsi qu’il a été dit.
Compresses-éponges. — On les préfère généralement aujourd’hui aux éponges, surtout en raison de la facilité de leur stérilisation et de leur prix peu élevé.
Terrillon et Chaput ont conseillé d’avoir trois tailles de ces compresses éponges :
Petites de 6 centimètres sur 7.
Moyennes de 8 — sur 9.
Grandes de 11 — sur 12.
La gaze étant employée en grande largeur (70 à 80 centimètres), les longueurs nécessaires sont les suivantes ;
Pour les petites éponges 25 centimètres de gaze Pour les moyennes 50 —
Pour les grandes 1 mètre de gaze
On doit se servir uniquement de gaze non apprêtée que l’on passe d’abord à l’eau chaude ayant bouilli. Les compresses étant découpées, repliées et ourlées à grands bords, sont ensuite stérilisées à l’autoclave à 115-120'^, puis