‹ Nouveaux éléments de petite chirurgieChapitre 281 sur 331 · IV. — Massage dans les affections mnscnlaires · texte numérisé non relu

IV. — Massage dans les affections mnscnlaires

Nous avons décrit les mouvements actifs et passifs applicables aux muscles atrophiés et parésiés à la suite des lésions articulaires ou osseuses ; 'il faut y ajouter ici la malaxation et le pétrissage des muscles et les combiner avec l’action journalière des courants intermittents et continus.

Parmi les affections musculaires aiguës, le lumbago est susceptible d’être rapidement guéri par le massage, ainsi que l’a indiqué Martin en 1837. Nous empruntons à Schreiber la description des manœuvres à exécuter dans ce cas : faire coucher le malade sur le ventre, explorer les points et les muscles douloureux, d’abord frottements légers avec la face palmaire des doigts réunis, pour passer progressivement des pressions légères aux pressions fortes. Quand les douleurs sont profondes et que les muscles sont trop développés, on ne peut exercer la pression nécessaire qu’avec les phalanges ou les poings, auxquels on fait supporter le poids du corps tout entier. Après quelques pressions énergiques, on fait une pause pour recommencer de nouveau, en agissant de haut en bas et de bas en haut le long des gouttières vertébrales. Ensuite on emploie le hachage, qui s’exécute avec le bord cubital de toute la main étendue et rigide ou seulement avec le bord du petit doigt, suivant qu’on veut agir fortement ou doucement ; ces hachures seront dirigées parallèlement à la colonne vertébrale ; 15 à 20 minutes de durée sont suffisantes pour les manœuvres. Aussitôt après, le malade toujours étendu dans son lit, mais sur le dos, on passe aux mouvements passifs en fléchissant au maximum chaque cuisse sur le bassin 8 à 10 fois de suite ; le patient se tourne ensuite autour

OPÉRATIONS DE PETlTlil CHIRURGIE

de son axe une dizaine de fois à droite et à gauche, puis il se met sur son séant et le médecin, saisissant le tronc, le courbe en avant à son maximum.

Ceci fait, le patient se lève et imprime à son tronc des mouvements de flexion en avant, en arrière et de côté, et enfin un mouvement de circumduction dans les deux sens.

Lorsque le lumbago est dû non plus à l’action du froid, mais à des déchirures musculaires, le traitement est plus long; il faut laisser de côt’ié le hachage et le tapotement et ne faire pratiquer des mouvements actifs qu’après plusieurs séances.

Y. — Massage dans la plilegniatia alba doleus.

On peut commencer le massage, avec précaution, après la disparition de la période inflammatoire et la chute de la fièvre, mais il faut éviter de fléchir le membre sur le bassin jusqu’à la fin du traitement. On massera les masses musculaires de la périphérie vers la racine du membre, très doucement, la jambe et la cuisse étant en demiflexion, abduction et rotation en dehors. Dans les premières séances, qui dureront d’abord trois à quatre minutes, puis dix à quinze, on se bornera à l’effleurage, sans exercer aucune pression. Au bout de quelques jours, on fera des pressions, puis du pétrissage et de légers tapotements.

YI. — Massage de l’abdomen.

Les manipulations employées pour le massage thérapeutique de l’abdomen sont les mêmes que pour les autres parties du corps.

Le malade sera couché sur un plan un peu résistant, dans la position qui relâchera le mieux les parois de l’abdomen (jambes fléchies sur les cuisses, celles-ci légèrement tléchies sur le bassin, la tète et le tronc sont relevés) et fera de courtes inspirations, la bouche restant entrouverte. On commence par l’effleurage avec la pulpe des doigts ou la face palmaire des mains d’abord à sec. On fait ensuite des frictions avec la main largement ouverte, en pressant lentement et doucement. On passe alors aux manœuvres du massage profond : pressions exécutées avec les deux mains superposées, en agissant surtout avec la paume, et, pour les pressions très profondes, avec le poing fermé ; percussions avec la main à plat (claquement) et aussi avec le bord

DU MASSAGE

cubital (hachures). Enfin on termine par le pétrissage qui agit à la fois sur les parois et sur les viscères et que Salignat conseille de pratiquer de la manière suivante,: on pétrit la paroi en en saisissant une portion entre le pouce et les autres doigts et en exerçant des manœuvres alternatives de c'ompression et de relâchement ; pour le pétrissage des viscères, on emploie les deux mains, en déprimant lentement, avec chacune d’elles, la paroi abdominale et en cherchant à saisir, entre les extrémités des doigts des deux mains opposées l’une à l’autre, une portion de viscères profondément située. On peut aussi pratiquer des vibrations avec la main aplat, mais il est préférable de recourir aux appareils spéciaux du massage vibratoire actionné par un moteur électrique.

Si Ton veut en particulier combattre la constipation, on doit agir particulièrement sur le côlon. Après des effleurages et frictions destinées à faire disparaître la douleur ou l’hyperesthésie, on exerce des pressions progressives avec les deux maina superposées, puis avec le poing fermé, sur le trajet du côlon, en commençant par la fosse iliaque droite ; on pratique ensuite lo pétrissage de l’intestin en cherchant à le saisir entre les doigta de chaque main, en commençant toujours dans la fosse iliaque droite, pour suivre sur le côlon ascendant, le côlon transverse, le côlon descendant et enfin l’S iliaque. On termine par un massage général de l’abdomen. Chaque séance doit durer quinze â vingt minutes.

Page 1