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ANTISEPSIE DES CAVITÉS MUQUEUSES

parties voisines du champ opératoire; les intestins attirés au dehors sont recouverts avec des compresses aseptiques chaudes.

La cavité péritonéale ne doit pas être lavée avec les solutions antiseptiques. Les uns l’assèchent et la débarrassent du sang et des liquides épanchés avec des éponges aseptiques et rendues presque sèches par l’expression, ou avec des compresses-éponges (Pozzi) ; les autres (L. Tait, Terrillon, etc.) emploient de grands lavages avec plusieurs litres d’eau à 30®, préalablement filtrée et bouillie, lavages qui auraient en outre l’avantage de remédier au collapsus. On tend aujourd’hui à abandonner ces lavages. S’il y a péritonite septique, on lavera la cavité soit avec de l’eau thymolée ou salicylée à 1 p. 100, soit simplement avec de l’eau bouillie.

Le drainage ne sera employé que s’il y a péritonite; on le pratique soit avec des tubes en caoutchouc ou en verre, soit avec une mèche de gaze aseptique ou iodoformée. Après suture de la plaie, on saupoudre d’iodoforme la ligne de réunion (certains chirurgiens s’en abstiennent). On applique quelques couches de gaze aseptique et un pansement absorbant également aseptique, épais, maintenu par une couche d’ouate et un bandage de corps.

IL Opérations sur certaines cavités nuiqiienses (bouche, fosses nasales, urètre, vessie et rectum). — L’asepsie de ces cavités ne sera jamais que relative, mais on doit toujours tendre à la perfection.

1® Cavité buccale. — Insister sur le nettoyage des dents (IV® partie), gargarismes fréquents soit à l’eau naphtolée ou au borate de soude, soit à l’eau savonneuse, la veille de l’opération. Avant l’opération, frotter avec un tampon aseptique les délits et toute la cavité buccale, rinçage à l’eau bouillie. Après l’opération, si les os maxillaires ont été intéressés et si la plaie est laissée béante, tamponnement iodoformé; si on a amputé la langue, ou fait une opération intra-buccale, nous conseillons de maintenir dans la bouche un petit tampon de gaze iodoformée fixé extérieurement par un fil pour en empêcher la déglutition; lavages fréquents à l’eau naphtolée ou à la solution de permanganate de potasse à i p. 1000; si, après f ablation de la langue, on

PANSEMENTS

introduit un tube œsophagien à demeure dans une des fosses nasales, l’asepsie bucale devient assez facile à réaliser.

2° Fosses nasales. — Irrigations fréquentes, pendant 2 à 3 jours avant l’opération, avec l’eau boriquée chaude ou une solution de bicarbonate de soude à 10 p. 1000, insufflation de poudres antiseptiques (aristol, iodol). Après l’opération, nettoyage à l’eau oxygénée, application d'un tamponnement lâche à la gaze iodoformée ou salolée,

3*^ Rectum. — Antisepsie interne par le naphtol, l'eau sulfo-carbonée; purgatif la veille; grande irrigation ou douche rectale avec l’eau bouillie stérilisée ou boriquée avant l’opération, de manière à obtenir une évacuation complète de PS iliaque et du rectum.

Après l’opération, continuer l’antisepsie intestinale, mèche de gaze iodoformée oblitérant bien la plaie; s’il y a lieu de tamponner, introduire, suivant le conseil d’Allingham et de Tripier, un gros tube en caoutchouc au milieu du tampon de gaze iodoformée, pour permettre l’issue des gaz intestinaux. (Voir Tamponnement, IV® partie.)

4® Ut^ètre et vessie. — Leur antisepsie sera décrite à l’article Cathétérisme de la IV® partie.

III. Gynécologie et obstétrique. — La désinfection vulvo-vaginale, qui comprend celle du méat urinaire, de la région ano-périnéale et de la partie interne des cuisses, est la manœuvre la plus importante dans tous les cas. Les mains et surtout les doigts seront minutieu- . sement désinfectés avant toute exploration, ainsi que les ; instruments employés. ' *

1® Gynécologie. — L’asepsie vaginale devra être pour- ' suivie pendant plusieurs jours avant toute opération pour être menée à bien; la vulve sera rasée, puis désinfectée ) comme tout champ opératoire. La cavité vaginale, ses culs-de-sac et le col seront journellement frottés avec des j tampons aseptiques imbibés d’eau savonneuse ou impré- ! gnés d’une solution antiseptique faible (permanganate de ; potasse 0,5 p. 1000 ou sublimé 1 p. 3000) et soumis à une ' irrigation faite à l’eau bouillie simple ou boriquée; après ' quoi, on laissera à demeure une petite mèche de gaze ! iodoformée. Le méat urinaire sera bien exprimé, puis t

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essuyé avec un tampon de coton, après évacuation et lavage de la vessie, s’il y a lieu. Chalot conseille avant l’opération un bain vaginal d’alcool suivi d’un lavage à l’eau stérilisée. Pendant l’opération, irrigation à l’eau bouillie.

A. Reverdin (de Genève) conseille le moyen suivant : il fait mouler une masse de savon de forme conique à base très large, perforée dans toute sa longueur et logeant un tube de caoutchouc relié lui-même à un récipient contenant le liquide antiseptique. Ce savon introduit dans le vagin en ferme l’entrée, pendant que le liquide remplit les culs-de-sac vaginaux et les distend ; tandis qu’il se fond peu à peu sous l’influence du liquide dont la température doit être à 45^ environ, on le promène dans le vagin dont il enduit bientôt tous les replis. Ainsi répandue, mélangée aux impuretés dont on cherche à débarrasser le vagin, la masse savonneuse sort, violemment projetée au dehors par le liquide toutes les fois que le vagin étant rempli on retire un peu le cône injecteur. — Il préfère cependant se servir d’un cône métallique pourvu à sa surface de rugosités qui en font une sorte de brosse mousse; il suffit de plonger cet instrument dans un récipient contenant du savon mou et antiseptisé au sulfophénate de zinc.

Si l’on doit agir sur l’utérus (ablation de polypes, curettage), la cavité de cet organe sera désinfectée au moment de l’opération par une injection avec l’eau bouillie tiède ou une solution de permanganate de potasse à 0,50 p. 1000 (voir pour la pratique de ces injections la IV® partie) ; le récipient du liquide sera tenu au plus à 0 m. 30 au-dessus du niveau du bassin. Après l’opération, nouvelle irrigation, et désinfection locale de la muqueuse utérine, en la touchant avec la solution suivante conseillée par Auvard : créosote, alcool et glycérine, parties égales, dont on imbibe un écouvillon ou un petit tampon d’ouate.

Après les opérations, tampon de gaze iodoformée dans le vagin, pas trop serré pour laisser passer les sécrétions ; les lavages vaginaux ultérieurs sont inutiles si on a obtenu l’asepsie, mais il faut surveiller la propreté de la vulve qu’on recouvrira d’un pansement.

2® Obstétrique. — Dans la pratique des accouchements.

PANSEMENTS

ce qu’il y a le plus à redouter (comme pour les opérations de chirurgie générale), c’est l’infection par les mains de l’accoucheur ou de la sage-femme, par les instruments, par des injections faites avec des appareils malpropres.

L’introduction de l’antisepsie en obstétrique a eu des résultats merveilleux sur la diminution de la mortalité des femmes en couches. Les principes de son emploi ont été nettement posés par ïarnier.

Dans les maternités, les salles sont fréquemment lavées et désinfectées.

Les femmes sont soumises aux soins de la propreté la plus stricte, particulièrement au point de vue des parties génitales externes, qui doivent être journellement savonnées et nettoyées. Les injections vaginales seront faites dans les 8 à 10 derniers jours avec de l’eau bouillie tiède, en ne négligeant pas de frotter la muqueuse avec l’index; , les solutions de permanganate de potasse à 0,5 p. jOOO, de microcidine à4 p. 1000 (ïarnier), de sublimé cà 1 p. 4000, ou d’acide phénique à 1 p. 100 seront employées, s’il existe un écoulement leucorrhéique abondant, particulièrement chez les multipares. ïarnier a également conseillé l’eau iodée (iode métallique 2 à 3 gr. ou teinture d’ioç[e 30 à 40- gr., iodure de potassium 6 gr., eau 1 litre). On ne recourra au sublimé que tout à fait exceptionnelleipent, en raison des dangers d’intoxication. Pinard a conseillé l’aniodol à 1 p. 5000 (0, 20 pour 1 litre).

Toute personne qui entre dans la salle d’accouchements doit se savonner et se brosser les mains et les laver ensuite avec une solution de bichlorure de mercure à 1 p. 1000.

L’examen par l’accoucheur ou la sage femme nécessite une antisepsie absolue des mains et doit être précédé et suivi d’un lavage vaginal avec une solution antiseptique tiède. On n’omettra pas d’essuyer la vulve avec un linge ou un tampon aseptique. Pour pratiquer le toucher, l’index (après asepsie) sera simplement humecté avec de l’eau bouillie ou lubrifié avec de la vaseline boriquée.

La désinfection des instruments ne présente rien de spécial ; en cas d’urgence, ébullition ou flambage, surtout pour le forceps; les tubes et les irrigateurs en caoutchouc sont conservés dans une solution antiseptique.

Dès que la femme est en travail, on pratique un lavage

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vag'inâl avec une solution antiseptique ou plus simplement avec de l’eau bouillie, un à deux litres par séance (voir pour le manuel opératoire la IV® partie) ; ce lavage n’est répété que si on est obligé de recourir fréquemment au toucher ou s’il existe des lésions vaginales ou vulvaires ; nettoyer souvent la vulve. Vider le rectum par un ou deux lavements avec de l’eau boriquée ; veiller, pendant le travail, à ce que des matières fécales expulsées involontairement ne viennent pas souiller la vulve.

L’accouchement terminé, si tout a eu lieu sans incident, lavage vagino-vulvaire soit avec la solution de sublimé à 1 p. 4000 (formule de l’Académie : sublimé 0,25, acide tartrique 1 gr., solution alcoolisée de carmin d’indigo sec à 5 p. 100, une goutte, pour un litre d’eau), soit avec une des solutions indiquées plus haut, ou même avec de l’eau bouillie simple ou salée (à 0,6 p. 100). Ensuite application d’un pansement externe aseptique. L’injection intra-utérine ne sera faite que si l’on a été obligé d’introduire la main ou des instruments dans l’utérus, s’il y a eu expulsion d’un fœtus mort ou macéré, s’il y a rétention du placenta ; on emploiera l’eau bouillie ou le permanganate de potasse, de crainte d’intoxication par le- sublimé ou par l’acide phénique.

Si tout marche bien,^ on se contente ultérieurement des soins antiseptiques externes. Si, au contraire, il y a une légère élévation de température, de la rétention des membranes, ou des lochies avec odeur fétide, si l’enfant est mort-né ou s’il existe des escarres vulvaires, on pratiquera des lavages vaginaux chaque jour et on mettra des mèches de gaze iodoformée dans l’orifice vulvaire. Il faut se méfier dans ces cas, surtout chez les albuminuriques, des accidents d’intoxication et n’employer que le permanganate de potasse, la créoline ou même l’eau bouillie.

Dans les cas de rétention de lambeaux des membranes, des cotylédons placentaires, avec lochies fétides et fièvre, signes de septicémie, il faut pratiquer des injections intra-utérines 2 à 3 fois par jour; s’il y â absence de fièvre et de fétidité marquée, les injections vaginales suffisent. Spath conseille l’introduction dans l’utérus de crayons d’iodoforme après les accouchements laborieux.

Lorsque apparaissent des signes d’infection, insister

sur les irrigations utérines abondantes. On n’aura recours à rirrigation continue préconisée par Pinard que dans des cas exceptionnels, en raison des douleurs qu’elle impose aux femmes et de la difficulté de l’exécuter régulièrement.

Les hémorragies post partum exigent les injections intra-utérines avec de l’eau bouillie portée à une température de 45 à 50° ; sous l’influence de cette haute température, des contractions utérines énergiques se produisent et l’hémorragie s’arrête.

ly. Ciiiriirgie oculaire. — Les instruments seront aseptisés soit par l’ébullition, soit mieux par la mise à l’autoclave à la chaleur sèche. Les couteaux employés en oculistique ne supportant pas les antiseptiques, si on ne peut les stériliser à l’autoclave à chaleur sèche, on les plongera pendant trois minutes dans une solution bouillante de carbonate de soude à l p. 100; l’oxycyanure de mercure à 1 p. 100 (préférer la solution à 1/2 p. 100), conseillé par Ghibret, finit par les altérer.

Pendant l’opération, on les tiendra sur un plateau flambé.

La désinfection du champ opératoire portera sur les paupières, les cils, les voies lacrymales et les culs-desac .de la conjonctive. Gayet a montré combien l’asepsie, conjonctivale était difficile à obtenir.

L’antiseptique employé varie suivant les op’érateurs, mais est presque toujours à dose faible en raison de la sensibilité de ces régions. Valude, Badal et Guaita ont préconisé le formol en solution à 1 p. 200 pour obtenir l’asepsie de la conjonctive. Ghibret se sert de l’oxycyanure de mercure à 1 p. 100. Panas préfère la solution de bi-iodure de mercure à 1 p. 20000 (bi-iodure de mercure 0 gr. 05, alcool 16 gr., eau 1000 gr.) pour la conjonctive. Les cils, après nettoyage du bord ciliaire avec un tampon imbibé d’eau savonneuse ou d’une solution de carbonate de soude à 2 p. 100, seront frottés avec une des solutions antiseptiques précédentes. Après l’opération, s’abstenir de tout lavagè intra-oculaire, et se borner à nettoyer la conjonctive et la cornée.

Le pansement ne présente rien de spécial, et-, ne doit pas gêner l’issue des larmes ; s’il ne peut être aseptique, on emploie de Pouate salicylée ou boriquée.

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