I. — Spiraux des membres
A. Spiraux du membre supérieur 1*^ Spiral d’un doigt.
Pièce du bandage. — Bande longue de 1 m. 50 au plus, large de 2 à 3 centimètres.
Application. — La main mise en pronation, fixer le chef initial autour du poignet par un ou deux circulaires, puis
BANDAGES SPIRAUX DES MEMBRES
conduire le globe sur la face dorsale de la main, gagner par un long tour de spire l’extrémité du doigta recouvrir et commencer là des tours imbriqués remontant jusqu’à la base du doigt avec les renversés nécessaires ; le doigt recouvert, ramener le globe par la face dorsale de la main
Fig'. 83, — Spiral d’un doigt. Fig. 84. — Gantelet.
jusqu’au poignet, où l’on termine par un circulaire en fixant ensuite le chef terminal par une épingle, ou en le fendant en deux lanières (fig. 83).
2° Gantelet ou spiral de tous les doigts.
Pièce du bandage. — Bandes de 10 mètres de long et de 2 centimètres de large.
Application. — Ce bandage s’applique pour chaque doigt exactement comme le précédent; commencer par l’auriculaire pour la main droite et par le pouce pour la gauche. Chaque fois qu’un doigt est recouvert, on regagne
BANDAGES
le poignet, où l’on fait un tour circulaire avant de rejoindre l’extrémité du doigt suivant (fig. 84).
D’une manière générale, dans la plupart des bandages des doigts et de la main, les jets de bande doivent toujours passer sur la face dorsale de cette dernière, qui sera maintenue en pronation pendant l’application.
Usages. — Ils servent à maintenir les pansements ou à exercer une compression. Le gantelet est surtout préconisé dans les cas de brûlure pour tenir les doigts écartés et s’opposer à une cicatrisation vicieuse.
Avec les bandes de tarlatane, il est assez facile de fixer un pansement sur la main tout entière sans s’astreindre au gantelet classique, car la souplesse de ce tissu, rendu humide, lui permet de se mouler dans toutes les directions voulues.
3° Spiral de tout le membre supérieur.
Ce spiral peut s’appliquer en commençant par l’execution du gantelet, mais cela n’est souvent pas indispensable et alors on procédera delà manière suivante (fig. 85).
Pièces du bandage. — Plusieurs bandes de 2 m. 50 à 5 mètres de long et de 4 à 5 centimètres de large.
Application. — Garnir d’abord tous les espaces interdigitaux avec de la ouate pour empêcher des compressions douloureuses.
Le chef initial étant placé obliquement sur la face dorsale de la main, conduire le globe de la bande vers l’extrémité des doigts, commencer à ce point des spires
ascendantes se recouvrant à moitié et englobant les
quatre derniers doigts jusqu’à la commissure du pouce et de l’index ; recouvrir alors le pouce d’un spiral isolé, ; puis continuer le bandage autour de la main, de l’avant- j bras et du bras, et gagner ainsi progressivement l’épaule i en faisant les renversés nécessaires sur le côté ex- j terne du membre. Le chef initial sora fixé à la racine | du bras, ou conduit par-dessus l’épaule du côté ^ malade pour aller, selon le côté, soit en avant, soit en | arrière de la poitrine dans l’aisselle opposée et reve-
BANDAGES SPIRAUX DES MEMBRES
nir ensuite vers l’épaule du côté malade sûr laquelle on le fixe.
Usages. — Contention des pansements ou compression du membre.
On emploie, suivant les cas, tout le bandage ou seulement une de ses parties [spiral de la main, de l'avantbras ou du bt'as).
Bandage roulé compressif.
— Lorsqu’on veut appliquer un bandage roulé compressif sur le membre supérieur, comme aussi sur l’inférieur, il faut préalablement . envelopper le membre d’une épaisse couche de. ouate, afin de répartir également la compression et de la rendre régulière et élastique.
La ouate peut s’employer de deux manières, soit en bandes, soit en feuilles. Dans le premier cas, on découpe suivant le sens de la longueur d’une grande pièce de ouate, avec des ciseaux ou en les déchirant avec les mains, une série de bandes larges de 12 à 15 centimètres ; puis on enroule ces bandes autour du membre en ayant soin que la couche soit partout égale et présente une épaisseur suffisante. Si on préfère se servir d’une feuille de ouate, on taille dans la pièce un morceau assez grand pour recouvrir le membre dans toute sa longueur et dans toute sa largeur; on l’applique ensuite de manière que les deux longs bords de la
supérieur.
BANDAGES
feuille soient exactement contigus, en les ébarbant avec des ciseaux si cela est nécessaire, pour obtenir une couche d’épaisseur uniforme.
Le degré de tension à donner à chaque tour de la bande de toile ne peut être indiqué d’une manière précise et ne s’acquiert que par l’habitude. Après l’application du bandage compressif, on mettra le membre dans une situation un peu élevée, la main plus haute que l’épaule, en disposant convenablement un ou plusieurs coussins depuis son extrémité jusqu’à sa racine.
^ B. Spiraux du membre inférieur
Bandage spiral du membre inférieur.
Pièces du bandage. — Bandes de dimensions variées : pour le pied, 2 m. 50 de longueur et 4 centimètres de largeur; pour la jambe, 5 mètres de longueur et 5 à 6 centimètres de largeur ; pour le genou et la cuisse, 6 mètres de longueur et 6 à 7 centimètres de largeur.
Application. — La principale difficulté de ce bandage consiste à recouvrir exactement le talon. On conseille dans ce but deux manières de faire : les uns recommandent de commencer par le spiral du pied avant de passer au talon ; d’autres de garnir immédiatement le talon avant de recouvrir le pied. Nous adopterons ce dernier mode d’application qui donne un bandage plus solide et d’aspect plus régulier.
Le membre convenablement soutenu par un aide, l’opérafeur se place près du pied, la face tournée vers le malade (nous avons souvent vu faire l’inverse, au grand détriment du bandage) ; il applique le chef initial sur la malléole qui se trouve à sa gauche (externe pour le pied droit, interne pour le gauche), conduit la bande sur la face antérieure du cou-de-pied, de là sur la malléole opposée, la fait passer sur le sommet du talon et vient couvrir le chef initial, après avoir décrit un tour circulaire; il exécute ensuite un tour de bande semblable au premier dont il recouvre un peu plus du tiers supérieur, puis un troisième tour identique recouvrant le tiers inférieur du premier jet. Le talon est ainsi masqué et il
BANDAGES SBIRAUX DES MEMBRES
ne s’agit plus que de fixer ces trois tours circulaires superposés : le globe se trouvant alors devant le cou-depied est conduit obliquement sur la malléole à droite de l’opérateur, puis en arrière sur le tendon d’Achille en y recouvrant le godet supérieur formé parles jets de bande précédents, ensuite presque transversalement sous la malléole de gauche et de là directement sous la plante du pied (fig. 80). La bande passe transversalement sous cette dernière en recouvrant le godet inférieur, con-
Fig. 86, — Enveloppement du talon : circulaires et jet oblique sous la malléole.
tourne le bord du pied, traverse la face dorsale, se dirige vers la malléole de gauche qu’elle couvre, va en arrière sur le tendon d’Achille, est ramenée d'arrière en avant obliquement sous la malléole de droite, et de là gagne directement la face plantaire qu’elle croise transversalement; elle contourne de nouveau le bord du pied, remonte sur la face dorsale et se dirige vers la malléole de droite, sur le tendon d’Achille, puis sur la malléole de gauche, et va enfin gagner l’extrémité du pied en croisant la face dorsale (fig. 87).
On commence alors sur la racine des orteils le bandage spiral qui va envelopper le pied, en faisant les renversés nécessaires sur le milieu de l’axe dorsal et en recouvrant à moitié ou même aux deux tiers chaque tour de spire ; le pied une fois enveloppé, on croise avec la bande le devant du cou-de-pied, et on l’arrête par deux tours cir-
BANDAGES
€ulaires autour de la région sus-malléolaire si le bandage doit se terminer là : on a ainsi le spiral du pied. Sinon, on continue les tours de spire sur la jambe, en faisant les renversés sur la crête du tibia, chaque tour se recouvrant à moitié; en général, au-dessus du mollet, les renversés sont peu nécessaires; on obtient de cette manière le spiral de la jambe.
Lorsque le bandage doit envelopper entièrement le membre inférieur, il faut, pour recouvrir convenablement
Fig.
le genou, se conformer aux indications précises données, par Coffres : « La rotule doit être recouverte par des cro'iisés supérieurs et inférieurs en dirigeant obliquement la bande de bas en haut de la partie supérieure et externe de la jambe vers le sommet de la tubérosité interne du tibia ( il s’agit ici du membre droit), et gagner obliquement, en croisant au-dessous de la rotule l’oblique précédent, la partie supérieure et interne de la jambe; répéter deux ou trois fois ces jets de bande, puis gagner, en traversant obliquement le creux poplité, la face externe et inférieure de la cuisse, que l’on entoure d’un circulaire horizontal. Revenir à la face externe et inférieure de la cuisse, descendre obliquement vers le condyle interne du fémur, contourner le genou en arrière, recouvrir le condyle fémoral externe et, gagner, en croisant obliquement de bas en haut au-dessus de la doloire précédente, la face inférieure de la cuisse ; faire ainsi deux ou trois croisés qu’on réunit aux croisés inférieurs à l’aide d’une
BANDAGES SPIRAUX DES MEMBRES
doloire, qui, du jarret, viendra couvrir circulairement la rotule et remontera en arrière jusqu’tà la partie inférieure et externe de la cuisse. »
On remonte ensuite par des tours de spire avec renversés jusqu’à la racine de la cuisse et on termine par deux circulaires faits autour du bassin pour rendre le bandage plus solide (fig. 88).
Usages. — Contention des pansements et surtout compression : les diverses parties du bandage peuvent s’employer isolément, mais le pied doit toujours être enveloppé. Le bandage compressif du membre inférieur se fait, comme celui d’un membre supérieur, avec interposition de ouate appliquée ainsi qu’il a été dit à ce propos ; le membre est ensuite placé dans une gouttière qu’on dispose, au moyen de coussins, de manière que le pied soit plus élevé que la racine de la cuisse.
Le spiral de tout le membre inférieur a été employé par Theden dans le traitement des tumeurs anévrysmales, en disposant au préalable des compresses graduées longitudinalement sur le trajet du vaisseau; le même moyen peut être appliqué dans certains cas d’hémorragie.