LIVRE TROISIÈME
PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE
d'où :
Pour avoir la quantité de ?ang du liquide de lavage, on divise d par c et on multiplie le quotient par x; si on ajoute alors la quantité »? du sang de la saignée d'épreuve, on a la quantité totale de sang y par la formule suivante :
cl d hic — a)
Pour empêcher la coagulation, un recueille le sang de la saignée d'épreuve dans un flacon taré contenant une solution concentrée de carbonate do soude.
6° Procédés basés sur la numération des globules du sang. — a. Procédé de Vierordi. — Il pratique une saignée à un animal, mesure la quantité de sang et en calcule le nombre des globules ; au bout d'un certain temps qu'il suppose suffisant pour que la masse du sang soit revenue à son volume normal, et avant qu'il y ait eu formation de nouveaux globules, il fait une seconde saignée et une seconde numération. D après la diminution qu'a subie la richesse globulaire après la première saignée, il apprécie la niasse totale. Ce procédé, qui expose à de nombreuses chances d'erreur, parait avoir été abandonné par son auteur, car il n'en parle pas dans sa Physiologie. — b. Procédé de Malassez. — Après avoir essayé plusieurs procédés, Malassez s'est arrêté aux deux suivants : — 1<» Procédé direct. — L'animal est tué par hémorrhagie ; ses vaisseaux sont lavés ; son corps est découpé comme dans le procédé de Welcker; seulement, au lieu d'eau distillée, on se sert de sérum artificiel; on a ainsi un mélange sanguin dans lequel les globules sont conservés, et dont on connaît le volume; on compte les globules dans ce mélange, et, par une simple multiplication, on a le nombre total de globules rouges de l'animal; si on divise le nombre total des globules par le poids de l'animal exprimé en grammes, on a la quantité de globules par gramme d'animal ou ce que Malassez appelle la capacité globulaire : si on divise le chiffre qui représente la capacité globulaire par le nombre de globules par millimètre cube (richesse globulaire), on obtient le nombre de millimètres cubes de sang contenu dans un gramme d'animal et on arrive facilement au volume du sang du corps. Les causes d'erreur qui existent déjà dans les procédés de numération des globules du sang rendent ce procédé moins exact que celui de Welcker. — 2° Procédé indirect. — Ce procédé peut s'appliquer sans qu'on sacrifie l'animal, ce qui a permis de l'employer chez l'homme. Malassez injecte dans les veines d'un animal du sang d'animal de même espèce, mais de richesse globulaire différente. Il détermine la richesse globulaire du sang injecté, celle du sang de l'animal qui reçoit l'injection, avant et après cette injection, et a ainsi tous les éléments pour déterminer la masse totale du sang. Soient V, le volume inconnu de la masse totale; ?z, la richesse globulaire de l'animal injecté avant l'injection; v', le volume du sang injecté; n', la richesse globulaire de ce sang: n", la richesse globulaire de l'animal après l'injection; on a :
Vn + v'n' = {\ + v')n":
d'où :
Brozeit a employé le dosage de l'héraatine pour l'évaluation de la quantité de sang. "Vierordt a donné un autre procédé basé sur la vitesse de la circulation et sur la quantité de sang qui passe dans l'aorte à chaque systole ventriculaire (Voir : Circulation).
10 Procédé de Tarchanoff. — Le procédé de Tarchanoff, applicable sur l'homme vivant, consiste à soumettre un sujet à une forte sudation (bain russe) et à déterminer la perte d'eau subie par le sang. On dose en outre la quantité d'hémoglobine du sang avant et après le bain. On a ainsi toutes les données nécessaires pour calculer le volume total du sang. Soit p la quantité d'eau sortie du sang, a la quantité d'hémoglobine (en milligrammes) contenue avant le bain dans un centimètre cube de sang, a' la quantité contenue après le bain, x le volume total du sang à déterminer, on aura xa pour la quantité totale d'hémoglobine du sang avant le bain, [x — p) a' pour la quantité totale après le bain. Comme l'expérience dure au plus une demi-heure, on peut admettre que la quantité d'hémogio-
bine du sang reste invariable; on aura donc xa = {x—p)a\ d'où ^ = -^ — ^;.r représentera donc, en centimètres cubes, le volume total du sang.
SANG
En résumé, de tous ces procédés, le meilleur est sans contredit celui de Welcker.
L'appréciation de la quantité de sanq des organes peut se faire par les mômes procédés que pour la masse totale du sang et spécialement par le procédé de Welcker.
On peut, dans les procédés colorimétriques, employer comme témoin, au lieu d'un mélange de sang de titre déterminé, une solution de picrocarnnnate d'ammoniaque (voir : Dosage de l'hémoglobine).
La quantité de sang du corps peut être évaluée, chez l'homme, à environ 1/13^ du poids du corps, soit en moyenne à 4 ou -4,5 kilogrammes. Chez le nouveau-né, elle ne serait que le 1/19<' de ce poids (Welcker).
Les conditions qui font varier la masse du sang sont encore pour la plupart mal déterminées à cause du petit nombre de recherches faites sur ce sujet.
D'une façon générale, la proportion de la masse totale du sang, relativement au poids du corps, diminue à mesure qu'on descend dans la série animale. D'après Welcker, les mammifères seraient intermédiaires entre les oiseaux et les amphibies (1). On constate aussi des différences d'une espèce à l'autre, comme le montre le tableau suivant qui donne le poids du corps par rapport au poids du sang pris comme unité chez quelques mammifères :