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II. — SÉCRÉTION

Tandis que l'absorption se fait principalement par les épithéliums tégumentaires, le processus inverse, l'élimination, se fait surtout par les surfaces glandulaires ou glandes. Les cellules glandulaires jouent le rôle essentiel dans la sécrétion; ces cellules sont appliquées sur la membrane propre de Vacinus,àe façon que chaque cul-de-sac glandulaire est entouré d'un réseau capillaire sanguin. Cependant, d'après des recherches récentes (Ludwig et Tomsa), entre les capillaires sanguins elVacinus se trouveraient des lacunes lymphatiques, de façon que les acini plongeraient dans ces lacunes lymphatiques et y prendraient les éléments de la sécrétion. Enfin, d'après les observations de Pfliiger, confirmées par Paladino, sur les glandes salivaires, les cellules glandulaires seraient en connexion intime avec les filets nerveux Beaums. — Physiologie, 3» édition. I. — 32

terminaux; mais ces connexions ont été niées par beaucoup d'histologistes.

Au point de vue du mode d'activité de l'épithélium glandulaire, le processus général de sécrétion peut se diviser en quatre processus distincts, à chacun desquels correspond un groupe de sécrétions, suivant que tel ou tel mode spécial d'activité glandulaire prédomine dans une sécrétion.

1° Sécrétions par jillration ou transsudations glandulaires. — Dans ce cas, l'épithélium glandulaire ne fabrique pas de principes nouveaux; il ne fait qu'utiliser les principes existant déjà dans le sang et dans la lymphe ; ce genre de sécrétion se rapproche beaucoup des transsudations des séreuses; mais il n'y a pas simple filtration; l'action élective de l'épithélium s'exerce au passage et fait varier la proportion des principes de la sécrétion comparativement à la composition du plasma lymphatique ou sanguin. A cette catégorie appartiennent la sécrétion urinaire, la sueur, les larmes, etc.

Les principes les plus importants passant ainsi par filtration sont : l'eau, les sels du plasma (chlorures de sodium, de potassium, phosphates, sulfates, chaux, magnésie, etc.), l'acide carbonique, l'albumine (traces), les matières extradives, créatine, urée, acide urique, la glycose, la cholestérine, etc.

2" Sécrétions proprement dites avec production de principes nouveaux. — Ici, l'activité glandulaire spéciale intervient beaucoup plus énergiquement que tout à l'heure ; la cellule épithéliale n'agit plus comme un simple filtre ; elle modifie au passage la nature même des produits qui la traversent, ou crée à leurs dépens des produits nouveaux. Dans cette classe se rangent la plupart des sécrétions digestives (salive, suc gastrique, etc.).

Les produits ainsi formés par les cellules glandulaires varient pour ainsi dire avec chaque glande sans que jusqu'ici l'histologie et la physiologie aient pu expliquer leur mode de production. Ainsi on n'a pas encore expliqué d'une façon satisfaisante les transformations chimiques qui font apparaître l'acide chlorhydrique dans le suc gastrique, l'acide sulfocyanhydrique dans la salive, les acides biliaires dans la bile. La formation de la caséine du lait, des ferments solubles des sécrétions digestives n'est pas mieux expliquée.

3° Sécrétions par desquamation glandulaire. — Dans les sécrétions précépentes, la cellule glandulaire conserve son intégrité ; elle ne fait qu'abandonner à l'extérieur les principes qui la traversent ou qu'elle a formés ; ici, la cellule elle-même tombe et s'élimine, et contribue par conséquent à former le produit de sécrétion. Cette desquamation glandulaire, tout à fait comparable à la desquamation épithéliale qui se remarque sur l'épiderme cutané, est en général précédée d'une transformation chimique des cellules glandulaires ; cette transformation est tantôt graisseuse, comme dans les sécrétions sébacées, tantôt muqueuse, comme dans les mucus. La graisse et la mucine constituent les produits spéciaux de ce groupe de sécrétions.

40 Sécrétions morphologiques. — Ici, l'élément essentiel de la sécrétion est

PHYSIOLOGIE DES ÉPITIIÉLIUMS. ^''^ un élément morphologique, une cellule ou un dérivé de cellule, et le liquide qui tient l'élément anatomique en suspension est l'accessoire. Tel est le liquide du testicule qui renferme un élément anatomique, le spermatozoïde. Il s'agit plutôt ici d'un cas particulier de formation cellulaire que d'une véritable sécrétion.

Caractères physiques des sécrétions. — I.a conshtance des sécrétions varie depuis une fluidité comparable à celle de l'eau distillée (larmes) jusqu'cà une viscosité excessive (salive sublinguale) et même jusqu'à un état demi-solide (matière sébacée); beaucoup de sécrétions ont une consistance un peu filante due à la présence de la mucine.

Couleur et transparence. — Quel(iues sécrétions sont incolores (larmes, sueurs, etc.); d'autres sont colorées par des matières colorantes dissoutes, comme l'urine et la bile dont la coloration est la plus foncée de toutes; d'autres enfin ont une coloration blanche, comme le lait; mais elle n'est pas due k une matière colorante spéciale; elle est due à la suspension dans le liquide d'une innombrable quantité de globules graisseux; dans ce cas, le liquide est opaque, tandis qu'habituellement les sécrétions, même colorées, sont parfaitement transparentes. L'opacité, ou le trouble des' sécrétions, peut être due aussi à la suspension dans le liquide de particules salines insolubles (urine des herbivores). Quelques sécrétions, comme l'urine, présentent une légère fluorescence.

Caractères chimiques des sécrétions. — Les sécrétions sont neutres, acides ou alcalines; la bile est neutre; la salive, le suc pancréatique, etc., sont alcalins; le suc gastrique, la sueur, etc., sont acides.

La proportion d'eau et des matières solides dans les diverses sécrétions offre des variations considérables; en général, la proportion de substances solides est la plus faible dans les sécrétions par filtration; elle augmente dans les sécrétions proprement dites pour atteindre son maximum dans les sécrétions par desquamation et surtout dans les sécrétions morphologiques. Le tableau suivant donne, pour 1000 grammes de liquide, les proportions d'eau, de principes solides, d'albuminoïdes, de principes azotés et de non azotés, de graisse et de sels pour les difl'érentes sécrétions. Les trois dernières analyses ont été prises sur le chien.

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