‹ Nouveaux éléments de physiologie humaine (volume 2)Chapitre 9 sur 329 · DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA PREMIÈRE ÉDITION

Cet ouYrag:c se divise en quatre parties.

Dans la première, \nV\k\Ue Proléf/omènes, sont traitées les qnestions générales qui servent dlntroduction à la physiologie humaine, telles que celles de la corrélation dos forces, des caraclvres des rires vivants, etc.

La seconde est attribuée tout entière à la chimie physiologique.

La troisième et la plus considérable est consacrée à la physiologie de rindividu : une première section comprend la pliysiologie générale, physiologie celhdaire^ physiologie des tissus, physiologie générale de r organisme ; une seconde section comprend la physiologie spécicde, c'est-à-dire les fonctions de l'organisme humain.

Enfin, la dernière partie traite de la physiologie de l'espèce.

Ce plan, tel que je viens de le résumer d'une façon succincte, je l'ai déjà suivi dans mes cours et mes conférences, soit à la Faculté de Strasbourg comme agrégé, soit à la Faculté de Nancy comme professeur de physiologie, et j'en ai déjà indiqué les traits principaux dans mon Programme de physiologie.

Ce n'est pas cependant sans de longues hésitations que je l'ai transporté du cours au livre et que je me suis décidé à rompre avec la tradition classique, malgré l'autorité de noms tels que ceux de Bichat, Bérard, Longel, etc. Mais on ne manque pas de respect aux maîtres de la science en changeant les divisions qu'ils ont établies, quand ces divisions sont devenues insuffisantes et incomplètes; on manquerait à la science en les conservant.

Depuis l'époque à laquelle écrivait Bicliat, la physiologie s'est transformée ; deux grandes lois, celle de la corrélation des forces et celle de dévolution des êtres vivants (transformisme), sont venues révolutionner les sciences physiques et naturelles et opèrent aujourd'hui la même révolution dans la physiologie humaine; des chapitres nouveaux se sont ajoutés aux anciens; la chimie physiologi(p(e vi accunnûv décou-

Vllî PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION.

vertes sur découvertes; le microscope nous a révélé toute une physiologie inconnue autrefois, celle de la cellule et des éléments anatomiques, etc. Ces découvertes, ces idées nouvelles, la physiologie doit les accepter et il serait puéril de vouloir immobiliser la science dans un moule de convention parce que ce niouh; a été créé par Bichat.

Les matériaux amassés dans ces dernières années sont tellement nombreux qu'il est souvent peu aisé de choisir entre des faits parfois contradictoires, d'interprétation difficile, et dont la valeur scientifique dépend de la valeur mémo de l'observateur. La science est encombrée d'expériences douteuses, de faits mal étudiés, de conclusions fausses, de théories prématurées ; tout le monde est un peu physiologiste aujourd'hui, et ce n'est pas chose facile que de déblayer tous ces matériaux et que de distinguer le vrai physiologiste du physiologiste de rencontre. Aussi n'ai-je pas la prétention, incompatible avec la nature môme de ce livre, d'avoir été complet; je crois cependant n'avoir rien omis d'essentiel et avoir utilisé tous les travaux sérieux et intéressants. Quant aux autres, le lecteur ne pourra se plaindre s'ils ne sont même pas mentionnés. Dans les questions encore à l'étude, comme celle des nerfs vasculaires, par exemple, pour n'en citerqu'unc, je me suis limité à l'exposition impartiale des faits, car dans l'état actuel de nos connaissances, il est impossible de les rattacher à une tliéorie satisfaisante ; ces questions douteuses sont nombreuses en physiologie; mais le lecteur ne doit pas s'en étonner; ces imperfections sont inévitables dans une science en voie de formation.

La chimie physiologique a reçu des développements en rapport avec l'extension prise par cette partie de la science. J'ai même cru devoir réunir toutes ces notions dans un chapitre spécial pour mieux faire saisir le lien étroit qui les rattache toutes ensemble. Malheureusement, malgré la multiplicité des recherches, les résultats positifs sont encore peu nombreux, et si l'on entrevoit confusément quelques lueurs de la vérité, il nous est impossible de nous faire une idée nette des transformations chimiques qui se passent dans l'organisme vivant ; il n'y a pas un seul principe organique qu'on puisse suivre depuis son entrée jusqu'à sa sortie, pas un seul organe dont la chimie nous soit réellement connue. Dans ce chapitre, le point de vue chimique cède toujours le pas au point de vue physiologique, et les données chimiques ne sont utilisées qu'autant qu'elles peuvent être appliquées à la physiologie.

La phvsiologie cellulaire, cette base fondamentale de la physiologie spéciale, a été l'objet d'une attention particulière et un paragraphe distinct a été consacré à l'étude de la cellule et de ses parties constituantes.

L'outillage physiologique s'est perfectionné dans ces derniers temps, et le nombre des appareils et des instruments s'est considérablement

Page 1