Lutëine
LiUtéine cristallisée. — Cette hitéine a été obtenue à l état cristallin des corjis jaunes de la vache. Elle se présente sons l'aspect de laïuelles rhombuédriques ronges par transparence, vertes par réflexion, insolubles dans l'eau, les alcalis et les acides étendus, solubles dans l'alcool, l'éfher, le chloroforme, les huiles grasses, etc. ; ses solutions précipitent par l'acétate iii(M cni iqu(\
Lutéine du jaune de Tœuf. — Maly a isolé du jaune de l'œuf deux matières colorantes qu'il ap|)elle vitello-lulcine et vitellorubine. Sa vifellolutcine est jaune clair ; ses solutions alcooliques présentent deux bandes d'absorption au spectroscope, l'une en F, l'autre entre F et G. Elle ne se combine pas avec la baryte. Sa vitellorubine l'urnie uu(î masse amorphe rouge brun; elle possède une large bande d'absorption en F. Elle se combine avec la baryte, ce qui permot de l'isoler de la précédente. Ces deux substances ont du reste la plupart de leurs réactions communes. Elles sont solubles dans l'alcool, l'éthcr, le chloroforme, les huiles grasses, etc. Elles se colorent <'u bleu par l'acide nitrique, en vert par l'acide sulfurique, eu violet par l'acide chlorhydrique. Elles se décolorent pai- l'eau chlorée, par l'acide sulfureux, par l'exposition à la lumière solaire.
Liipochrine. — Kuhnc a donné ce nom à la matière colorante jaune qui colore les ji^ranulations graisseuses contenui^s dans les cellules épithéliales pigmentaires de la rétine. Elle [)résente des caractères presque identiques à ceux de la lutéine.
Chromophane. — Kiihne a donné ce nom à la matière qui colore les globules qu'on trouve à la jonction des deux articles des cônes chez les oiseaux, les reptiles et quelques poissons. Il en dislingue trois espèces suivant la coloration de ces globules, le clilorophane^ jaune-verdàtre, le xanihophane, jaune orange, et le r/iodop/iane, rouge pourpre. (Jes matières colorantes se rapprochent beauc(.»up de la lutéine. Elles ne pâlissent pas à la lumière.
On voit que sous ce nom de lutéine on comprend un certain nombre de matières colorantes qui ont quelques caractères communs, mais qui sont loin d'èlre identiques. On les rencontre non seulement dans le jaune de Tœuf, les corps jaunes, la rétine, mais encore dans la graisse, le lait (beurre), le sérum sanguin, les sérosités, les capsules surrénales, et dans un certain nombre de produits pathologiques. Leur constitution est inconnue jusqu'à présent. Il en est de môme de leur mode de formation dans l'organisme.
(1) A consulter : Schunck, Ueber das Vijrl<oinmen von Indigo /m Ilarn (Chemisches Ccntralblatt, 1857); Hoppe-Seyler, Ueber Indican. als conslanten HarnbeslandlkeU (Arch. fiir path. .\nat., t. XVII) ;,J. L. W. Thudichuni, Urochrome, Ihe coloring matter of urine (British med. Joui'nal, 1864) ; M. .lalfé, Ueber den l'rsprung des Indicans im Ilarn (Ontralblalt, 1872). — Id., Ueber die Ausscheidung des Indicans unter physiologischen und palhologischen Verftallnissen (ibid.); E. Salkowski, Ueber die Bestimmung des Indigo im Ilarn (Virchow's Ai'chiv, t. LXVIIl); Id., Ueber die Quelle des Indicans im Ilarn der t'ieisclifresier (Ber. d. d. chem. Gesells., t. XIX).
PRINCIPES CONSTITUANTS DE L'ORGANISME. 217