PREFACE
Cet ouvrage se divise en quatre parties.
Dans la première, intitulée Prolégomènes, sont traitées les questions générales qui servent d^introduction à la physiologie humaine, telles que celles de la corrélation des forces, des caractères des êtres vivants, etc.
La seconde est attribuée tout entière à la chimie physiologique.
La troisième et la plus considérable est consacrée à la physiologie de C individu : une première section comprend la physiologie générale, physiologie cellulaire, physiologie des tissus, physiologie générale de V organisme ; une seconde section comprend la physiologie spéciale, c'est-à-dire les fonctions de Vorganisme humain.
Enfin, la dernière ^^TiÏQivdXiQdielQ. physiologie de V espace.
Ce plan, tel que je viens de le résumer d'une façon succincte, je Tai déjà suivi dans mes cours et mes conférences, soit à la Faculté de Strasbourg comme agrégé, soit à la Faculté de Nancy comm(\ professeur de physiologie, et j'en ai déjà indiqué les traits principaux dans mon Programme de physiologie.
Ce n'est pas cependant sans de longues hésitations que je l'ai ti*ansporté du cours au livre et que je me suis décidé à rompre avec la tradition classique, malgré l'autorité de noms tels que ceux de Bichat, Bérard, Longet, etc. Mais on ne manque pas de respect aux maîtres de la science en changeant les divisions qu'ils ont établies, quand ces
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divisions sont devenues insuffisantes et incomplètes; on manquerait à la science en les conservant.
Depuis l'époque à laquelle écrivait Bichat, la physiologie s'est transformée ; deux grandes lois , celle de la corrélation des farces et celle de Vévolution des êtres vwants (transformisme)^ sont venues révolutionner les sciences physiques et naturelles, et opèrent aujoiu*d'hui la môme révolution dans la physiologie humaine ; des chapitres nouveaux se sont ajoutés aux anciens; la chimie ^physiologique a eiccumule découvertes sur découvertes ; le microscope nous a révélé toute une physiologie inconnue autrefois, celle de la cellule et des éléments anatomiques, etc. Ces découvertes, ces idées nouvelles, le physiologiste doit les accepter, et il serait puéril de vouloir immobiliser la science dans un moule de convention parce que ce moule a été créé par Bichat.
Les matériaux amassés dans ces dernières années sont tellement nombreux qu'il est souvent peu aisé de choisir entre des faits parfois contradictoires, d'interprétation difficile, et dont la valein: scientifique dépend de la valeur même de l'observateur. La science est encombrée d'expériences douteuses, de faits mal étudiés, de conclusions fausses, de théories prématm'ées; tout le monde est un peu physiologiste aujourd'hui, et ce n'est pas chose facile que de déblayer tous ces matériaux et que de distinguer le vrai physiologiste du physiologiste de rencontre. Aussi n'ai- je pas la prétention, incompatible avec la nature même de ce livre, d'avoir été complet; je crois cependant n'avoir rien omis d'essentiel et avoir utilisé tous les travaux sérieux et intéressants. Quant aux autres, le lecteur ne pourra se
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plaindre s'ils ne sont même pas mentionnés. Dans les questions encore à Tétude, comme celle des nerfs vasculaires, par exemple, pour n'en citer qu'une, je me suis limité à l'exposition impartiale des faits, car dans l'état actuel de nos connaissances, il est impossible de les rattacher à une théorie satisfaisante; ces questions douteuses sont nombreuses en physiologie ; mais le lecteur ne doit pas s'en étonner; ces imperfections sont inévitables dans ime science en voie de formation.
La chimie physiologique a reçu des développements en rapport avec l'extension prise par cette partie de la science. J'ai même cru devoir réunir toutes ces notions dans un chapitre spécial, pour mieux faire saisir le lien étroit qui les rattache toutes ensemble. Malheureusement, malgré la multiplicité des recherches, les résultats positifs sont encore peu nombreux, et si l'on entrevoit confusément quelques lueurs de la vérité, il nous est impossible de nous faire une idée nette des transformations chimiques qui se passent dans l'organisme vivant; il n'y a pas un seul principe organique qu'on puisse suivre depuis son entrée jusqu'à sa sortie, pas un seul organe dont la chimie nous soit réellement connue. Dans ce chapitre, le point de vue chimique cède toujours le pas au point de vue physiologique, et les données chimiques ne sont utilisées qu'autant qu'elles peuvent être appliquées à la physiologie.
La physiologie cellulaire, cette base fondamentale de la physiologie spéciale, a été l'objet d'une attention particulière, et un paragraphe distinct a été consacré à l'élude de la cellule et de ses parties constituantes.
L'outillage physiologique s'est perfectionné dans ces