‹ Nouveaux éléments de physiologie humaine (volume 3)Chapitre 22 sur 126 · L'HOMME DANS LA NATTUE · texte numérisé non relu

L'HOMME DANS LA NATTUE

rtao dos microcéphales, qui présente aussi ce bec de Tencéphale, r^iiei^iDble beaucoup au cerveau des singes. En résumé, ces carackm distîQctife se réduisent à très-peu de chose et ne justifient ^ Il déDomination d archencéphales admise par Owen pour le pnoier groupe des primates et la séparation de ce groupe d'avec k$ antres mammifères dans sa classification (').

La main ressemble à la main humaine; le pouce est seulement pèK petit, surtout chez lorang où il présente cette singularité ifélre dépoonra d*ongle; le carpe de Torang possède aussi un oê somuméraire, mais la main du gorille est tout à fait l'analofoe de la main de Thomme et s'en rapproche beaucoup plus q» de celle de l'orang. Les plis de flexion de la paume ont une tiifpasitioo trop variable pour qu on puisse en tirer quelques

<tHlclll^OIlS.

léme ressemblance pour le pied, avec celte seule différence que l'articulation du gros orteil est plus lâche et que le premier inrlAtarsien^ati lieu de s'articuler avec la face antérieure du premjtff cunéiforme comme chez l'homme, s'articule avec la parlie interne de cet os, ce qui permet un certain degré d'écartement, mais non un véritable mouvement d'opposition du gros orteil.

Pour le système musculaire, il y a à signaler chez tous les anthropomorphes un muscle qui fait défaut chez l'homme, sauf •dans les cas d'anomalie : c'est un faisceau qui part du tendon du irand dorsal et se rend à Tépitrochlée. En outre, le muscle flécfaiâseor propre du pouce est atrophié chez le gorille et le chimpanzé, et manque tout à fait chez l'orang et le gibbon. Le long 9cchis«eur du gros orteil manque aussi chez l'oruug, mais il «-lifte chez le gorille et le chimpanzé.

Le gorille, le chimpanzé et l'orang possèdent des sacs laryngiens qui renforcent la voix; mais ce qui atténue la valeur de œ caractère, c'est qu'ils s*implantent sur les ventricules de Morngoi dont ils sont des diverticules et qui existent aussi chez rbomme; c'est qu'ils ne se produisent qu'après la naissance, sous Rnlhience di"s efforts vocaux, et qu*enfin ils manquent chez le cbbon.

.'* OTen parUgo les mammifèrea en quatre classes : i<> les archencéf^niu. qui comprennent le aenl genre homme ; V* les gyrencéphcdef, d«nt ^ r-^ieaa est recouvert de circonvolutions; s« les Httena'phalett dont le *'rT.*iu est lisse; 4* Mes lyencéphale»» dont les deux hémisphôres ne sont (-is r«iinis fiar nn corps calleux.

diimpanzé.

Ormai

40 PROLEGOMExXES.

Les organes génitaux offrent quelques différences plus marquées. L'os de la verge existe chez tous les anthropomorphes. Le pénis de Torang s^éJoigne le moins du type humain; le gland est bien cylindrique, il est vrai, au lieu d'être conique, mais il est entouré à sa hase d'un petit prépuce pourvu d'un frein (Duvcrnoy). Le clitoris est plus volumineux que dans Tcspècc humaine.

Enfin, pour terminer, les proportions des memhres supérieurs

et inférieurs sont différentes. Voici, d'après Huxley, les longueur»

, relatives du bras, de la jambe, de la main et du pied, eu égard

à la longueur de la colonne vertébrale supposée égale à 100

(comparez à ce sujet la figure 2) :

Européen. Boschtsman. OoriUe.

Colonne vertébrale. . 100 100 100

Bras 80 78 115

Jambe 117 110 96

Main. . 2G 26 36

Pied 35 32 41

Quels sont donc, en résumé, ces caractères distinctifs ? Capacité crâniehnc plus faible; recul du trou occipital; angle facial plus petit; précocité dé la suture ft*onlale et retard des sutures de la base; développement des canines; brièveté du pouce; articulation plus lâche du gros orteil; bec de l'encéphale; un muscle de plus et un muscle atrophié; sacs laryngiens; os de la verge; volume du clitoris; différence de proportion des membres. Mais dans tous ces caractères, y en a-t-il un seul qui ait effectivement une importance capitale? Pour résoudre la question, il suffira de mettre eu regard les caractères, bien autrement importants, qui distinguent les singes inférieurs des singes anthropomorphes. Crâne plus éloigné du crâne des singes anthropomorphes que celui-ci ne Test du crâne humain (sauf pour le chrysothrix); formule dentaire différente; 24 dents de lait au lieu de 20; 36 dents permanentes au lieu de 32; squelette constitué pour la station horizontale et la marche quadrupède; main appuyant par sa face palmaire dans la marche; absence des quatre caractères cérébraux indiqués plus haut; absence d'appendice vermiculaire; foie et poumon construits sur un tout autre typé; présence du lobe pulmonaire azygos. . .

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CHfe êooiDératioii ne prouve-t-elle pas qu'il y a plus de di5- '.urf.au point de vue de Forganisation, entre les singes inférieurs t( Ifs anthrop<miorphes qu'entre ceux-ci et l'homme, et quelque onae, quelque partie qu'on prenne, on arrivera toujours au ■te ré>uitaL

leste l'intelligence. II y a là une question d'un tout autre ffdpp. Personne ne nie la supériorité d'intelligence de l'homme •V le singe ; mais dans une classification d'histoire naturelle nsiriligence ne peut entrer en ligne de compte et ne doit pas «orenir comme caractère distinctif essentiel. Ce serait boulercner toute classification et introduire le chaos dans la science; k temps n'est pas venu encore où la classification organique et physiologique pourra faire place à une classification psycholo-

U D'y a donc pas, au point de vue anatomique et physiolopqne. de liirne de démarcation tranchée entre Thomme et les ii3?c5 anthropomorphes; quant à savoir si cette ligne de démnratioo doit être cherchée dans les fonctions psychiques, c'est une ço^tion qui a déjà été traitée plus haut et qui reviendra à Itrof»os: tit'y fonctions cérébrales.

Lliomnie continue donc, en la terminant, la série iniuterromliit dt-s êtres qui s'élève peu d peu des organismes inférieurs •Hfqnz lui; il ne peut, par conséquent, être isolé du reste des rCTfs vivant.^, et les phénomènes de la vie, pour être étudiés avec fniit. <ioiv4'ut être étudiés, non pas chez un seul, mais compara- LT^îiDont chez tous. Les fonctions ne s'exécutent pas autrement ''bt-i ranimai et chez l'homme, et les différences qu'elles pré- KDtrat «expliquent par des différences d'organisation ; mais au f.'Dd le> act<^ vitaux essentiels sont les mêmes. Ainsi la marche -r lliommt* diffère de la marche de tel ou tel animal, mais la ^>ntrartion musculaire se fait chez tous de la même façon et :apri-s h^ mêmes lois. Il y a même souvent avantage, pour contiUrc K-3' fonctions de l'homme, à s'adresser, non pas aux êtres m plu? vui.*ins de lui dans la série, mais au contraire aux êtres Srs plus ilui^^nés, aux organismes inférieurs, chez lesquels les ii'.e* vitaux sont moins complexes, plus facilement observables, « Ï»ruv4-nt aussi, grùce au microscope, être constatés directement. *Iii4 rob:it'r\ation seule ne suffit pas en physiologie. De même îu- !»s diimislos placent les corps qu'ils veulent étudier dans

rtajiif? (onditions, de façon à reproduire des réactions dcjà

observées ou à en produire de nouvelles, le phy^ologiste chercht à déterminer dans quelles conditions, sous quelles influences se produit tel ou tel acte vital, et pour cela il reproduit les conditkms, il fait agir les influences qu'il suppose pouvoir déterminer cet acte ou en faire varier le caractère ; en un mot, il expérimenit C'est à l'expérimentation que la physiologie est redevable d«s progrès immenses qu'elle a faits dans ces dernières années, et queis que soient les reprocher faits à certaines méthodes d'expérimentation et en particulier aux vivisections, il y a là une nécessité qui s'impose aujourd'hui^ comme le massacre des animaux de boucherie est un résultat nécessaire de l'alimentation humaioeL Les vivisections sont aussi indispensables aux progrès de la physiologie que les autopsies aux progrès de la médecine. On peut proscrire et attaquer l'abus, mais on doit en permettre l'usage, sinon toute recherche scientifique deviendrait impossible.

Bibliographie. — Hcxlbt : La place de Vhomme dan» la naturt; trmdvJtfv Dallt, 1868. — Bbooa : V ordre de» primate» (BnUetiat de la Société 4*aBtknpologie, 1869.) — Ol. Bervabo : Introduction à Vétnde delà taUf 1865. •

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