L'HOMME DA>'S LA NATURE
humains d'une capacité de 1,781 centimètres cubes; il peut donc y avoir entre des crânes luimains des différences de 811 centimètres cubes, bien supérieures, par conséquent, à la différence de 431 centimètres cubes qui existe entre l'homme et le gorille. Le trou occipital (fig. 3, cl) est situé chez le gorille dans le tiers
ATJSTHAIilATQ.
CHRYS O THHIX.
GOHILIiA-
Fig. 3. — Crânes comparés d'Australien, de clirysothrix et de gorille, d'après Huxley.
postérieur de la base du crâne; les os de la face, spécialement les os maxillaires, prédominent sur le crâne proprement dit (sauf cependant chez le chrysothrix qui n'appartient pas au groupe des anthropomorphes); les arcades sourcihères sont épaisses, saillantes et recouvrent le rebord orbitaire. L'angle facial de Camper, de 70 à 80 degrés chez l'homme, descend à i0,35 et 30 degrés
Fig. 3. — Pour montrer le rapport de la face au crâne, dans les trois figures la cavité crânienne a la même longueur. La ligne b donne le plan de la t«-nie du cervelnt qu: sépare le i;erveau du cervelet. La ligne d représente l'axe du trou occipital. La lijrne c, perpendiculaire à b, indique de quelle quantité le cerveau déborde le cervelet. L'espace occupé par le cervelet dans la cavité ciànicnne est indiqué en noir.
chez les anthropomorphes, sauf clans le jeune âge où il peut atteindre 60 degrés; dans le chrysothrix il monte à 65 ou 66 degrés. L'angle alvéolo-condylien ('), très-voisin de 0 degré chez l'homme, est de plus de 19 degrés en moyenne chez le gorille. Quant à l'angle de Daubenton ("-), il est trop variable pour fournir un caractère distinctif. (Broca.)
On a voulu faire de l'absence de l'os intermaxillaire une caractéristique de l'homme; mais il est bien prouvé aujourd'hui, par les recherches de Goethe et de Vicq-d'Azyr, confirmées par les observations modernes, que cet os intermaxillaire existe aussi chez lui; seulement sa soudure est plus précoce.
L'ordre de soudure des sutures crâniennes présente aussi quelcpies différences : chez l'homme, les sutures de la base du crâne se ferment avant les sutures de la voûte, spécialement la suture frontale; ce serait le contraire chez les singes anthropomorphes; la suture frontale se fermerait très-vite, arrêtant ainsi le développement du cerveau, et les sutures de la base, restant plus longtemps ouvertes, permettraient le développement prédominant de la face.
La dentition offre aussi quelques faits à signaler. Les canines sont saillantes, en forme de défenses, et se placent dans un intervalle {barre ou diastèmé) de l'arcade dentaire opposée. L'éruption des dents persistantes ne se ferait pas non plus dans le môme ordre que chez l'homme; chez le gorille, les canines paraissent après la deuxième et la troisième molaire, tandis que chez l'homme elles paraissent avant; mais ce caractère est loin d'être constant.
Les circonvolutions cérébrales sont moins développées chez les anthropomorphes. D'après Bischoff, la disposition des phs encéphaliques ne serait pas la même chez l'orang et chez l'homme, et pour retrouver l'analogie il faudrait comparer le cerveau de l'orang au cerveau d'un fœtus humain de la seconde moitié du huitième mois. En outre, le bec de l'encéphale, sailhe du lobe antérieur qui correspond à la fossette olfactive, existerait chez les anthropomorphes et ferait défaut chez l'homme. Le cer-
(') L'angle alvéolo-condylien est compris entre le plan alve'olo-condylien et le plan de'termine' par les deux axes orbitaires.
(-) L'angle de Daubenton ou angle occipital est constitue' par deux plans : 1° le plan du trou occipital; 2» un plan qui passe par le bord poste'rieur du tour occipital et le bord inférieur de l'orbite.