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MÉCANIQUE RESPIRATOIRE

Procédés. — A. Mensurations. — Les mensurations, soit avec le ruban métrique, soit avec le compas d'épaisseur, ne peuvent donner de renseignements sur les mouvements de la cage thoracique. Elles ne peuvent que donner la circonférence ou les. diamètres du thorax à un moment donné. A ce point de vue, le meilleur instrument est le cyrtomètre de Woillez; c'est un ruban métrique constitué par l'assemblage de pièces solides articulées entre elles et qui conservent, après leur application, la forme de la circonférence thoracique.

B. Procédés d'enregistrement des mouvements du thorax. — Les appareils imaginés pour enregistrer les mouvements respjratoires du thorax sont très-nombreux et il est impossible de les décrire tous ici. Ces instruments se divisent en trois classes: les uns s'appliquent aux deux extrémités opposées d'un diamètre du thorax, les autres sur toute la circonférence thoracique, les derniers enfin au diaphragme; les premiers enregistrent l'expansion diamétrale du thorax, les seconds l'expansion circonférentielle, les derniers l'expansion verticale.

1° Instruments enregistrant V expansion diamétrale du thorax. — Ces instruments, auxquels on a donné les noms de thoracomètres, stélhomètres , stéthographes , etc., sont très-nombreux. Ils sont tous en général construits sur le principe du compas d'épaisseur. Les deux branches de l'instrument s'appliquent aux deux extrémités d'un diamètre quelconque du thorax (transversal ou antéro-postérieur) ; une des deux branches est mobile et transmet le mouvement du point avec

MÉCA.XIOL'E RESPIRATOIRE.

lequel elle est en contact à un levier enregistreur. Le mode de transmission du mouvement peut varier ainsi que le mode de fixation de l'appareil et la disposition des différentes pièces. Je ne donnerai ici que quelques-uns de ces instruments comme types. Tambour pour recueillir les mouvements du thorax. — Pour les

Fig. 90, — Tambour pour recueillir les p,g 9 1, Tambour monté sur un compos. mouvements du tliorax. (Bert.) (Bert.)

petits animaux, comme les oiseaux, on peut se servir de la disposition représentée dans la ûgure 91 ; pour les grands animaux , il vaut mieux

Fig. 91. — A, tambour. — B, plateau, — C, tube de communication avec le levier enregistreur. — D, Élastique tendu à volonté pour ramener l'appareil au contact. — E, vis permettant de fixer l'appareil dans une position déterminée. — ee', tiges qu'on peut allonger et raccourcir à volonté.

donner à l'appareil la forme suivante (Bert): un pied solide (j^j/. 90, p. 559) supporte une capsule de cuivre qui communique par le tube G avec le tambour du polygraphe; cette capsule est fermée par une membrane élastique A sur laquelle s'élève, appuyée sur une plaque d'aluminium a\ une tige verticale mobile terminée par un plateau a et qui traverse sans frottement un pont de cuivre qui la maintient. A ce pont s'attache un fil élastique qui ramène les plateaux a et a quand ils ont été enfoncés du côté de la capsule. Pour enregistrer le mouvement d'un point du thorax, il suffit d'approcher le plateau a de ce point; quand le thorax se dilate, il repousse le plateau a, déprime la membrane élastique A; l'air de la capsule est comprimé, la compression se transmet à Pair du tambour du polygraphe dont le levier s'élève. La figure 9 1 représente le tambour monté sur une sorte de compas d'épaisseur. Le sléthomètre de Burdon-Sanderson est construit sur le même principe. Seulement, pour assurer la fixité de l'appareil et du sujet en expérience, le tambour est porté par une sorte de charpente en fer. Le piieumographe de Fick peut rentrer aussi dans la même catégorie.

Les appareils employés par Yierordt et Ludwig utilisent un autre mode de transmission. Ils se composent essentiellement d'un levier à deux bras inégaux; Pun des bras, le plus court, s'applique sur le thorax, l'autre sert de tige écrivante.

Stéthographe double de Riegel. — Riegel a imaginé un appareil qui permet d'enregistrer simultanément les mouvements des deux côtés de la poitrine, ce qui peut être utile dans certaines circonstances et surtout daus les cas pathologiques. Je renvoie pour sa description à Pouvrage de l'auteur (voir : Bibliographie).

2° Appareils pour enregistrer t expansion circonférentielle du thorax. — Pneumographes. — Le plus usité est le p7ieumographe de Marey. Il se compose d'un cylindre élastique constitué par un ressort à boudin enveloppé d'une couche de caoutchouc mince; aux deux extrémités du cylindre se trouvent deux rondelles métalliques terminées par un crochet, de façon à pouvoir y adapter une ceinture qu'on place autour du thorax à la hauteur à laquelle on veut étudier ses mouvements. La cavité du cylindre communique par un tube en caoutchouc avec le tambour du levier enrcgisireur. Le pneumographe de Marey a été modifié par Bert de la façon suivante (Jig. 92, page 561) : le cylindre est métallique et les deux bases du cylindre, au contraire, sont formées par des plaques de caoutchouc, ce qui donnerait plus de sensibilité à l'appareil. Quoi qu'il en soit, dans les deux appareils le résultat est toujours le même : dans Pinspiration, Pair du cylindre se raréOe, la pression diminue dans Pair du tambour du polygraphe et le levier de ce tambour s'abaisse ; dans Pexpiration, c'est l'inverse. La figure 93, p. 56 1 , représente, d'après Marey, le tracé obtenu avec le pneumographe ; le graphique se lit de gauche à droite ; l'ascension de la courbe correspond à Pexpiration, sa descente à l'inspiration.

MÉCA^'IOUE RESPIRATOIRE.

3° Appareils pour enregistrer les inoiivements du diaphragme {expansion verticale). — Phrénographe de Rosenthal. — Cet instrument

Fig. 92. — Pnenmographe modifié de Bert.

ne peut être employé que sur les animaux. II se compose d'un levier qu'on introduit par une ouverture de la paroi abdominale et qui vient s'appliquer à la face inférieure du muscle dont il suit les mouvements. La branche extérieure du levier est en rapport avec un cylindre enregistreur et inscrit sur ce cylindre le graphique du mouvement dia-

Fig. 93. — Graphique de la respiration (bonime" obtenu par le pneuniographe. (Marey.)

phragmatique. On peut aussi implanter simplement dans le diaphragme, à travers l'appendice xiphoïde, une aiguille dont l'extrémité libre est rattachée à un levier enregistreur.

C. Appareils enregistreurs de la pression intra-pulmonafre. — La pression augmentant dans les voies aériennes au moment de l'expiration et diminuant au moment de l'inspiration, on peut, au lieu d'enregistrer les variations de la cage thoracique, enregistrer les variations

Fig. 93. — Le graphique se lit de gauche à droite. Beaunis, Phys.

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de pression de l'air. Les procédés employés dans ce but ont déjà été donnés page 433, ainsi que les graphiques obtenus par ces procédés.

D. Thoragomètres. — Le thoracomètre de Sibson est le plus connu de ces instruments. Les mouvements d'un point du thorax se communiquent à une tige qui s'engrène avec une roue dentée et fait marcher une aiguille dont la direction indique l'étendue du mouvement; cet appareil permet de mesurer des déplacements de '/,o de ligne. Le thoracomètre de Wintrich, le stélhomètre de Quain sont construits sur le même principe. Ces appareils sont moins commodes que les appareils enregistreurs, mais dans certains cas ils peuvent donner des indications plus précises.

On a vu plus haut, à propos des phénomènes physiques de la respiration, la nécessité d'une ventilation pulmonaire (page 421); c'est le mécanisme de cette ventilation qu'il nous reste à étudier, autrement dit ce qu'on appelle ordinairement les 'phénomènes mécaniques de la respiration. Les conditions de cette ventilation concernent d'une part le thorax, de l'autre les poumons.

1° Conditions de la ventilation pulmonaire.

Le thorax représente, au point de vue physiologique, une cage élastique à parois mobiles susceptible de s'agrandir dans l'inspiration, de se rétrécir dans l'expiration. Ces variations de volume ne peuvent se faire cependant que dans des limites assez restreintes, et les différentes régions des parois thoraciques y prennent une part inégale en rapport avec la constitution anatomique de ces parois. La forme naturelle ou la position d'équilibre du thorax correspond à l'état de l'expiration ordinaire non forcée. La cage thoracique peut être tirée de cette position d'équilibre par des puissances musculaires dont l'étude est du ressort de l'anatomie, et qui tantôt augmentent sa capacité (muscles inspirateurs), tantôt la diminuent (muscles expirateurs). D'autre part, tandis que l'inspiration et l'expiration forcée ne peuvent se produire que par l'action musculaire, le retour à la position d'équilibre ou à l'expiration ordinaire se fait par la simple élasticité des parois thoraciques, aidée puissamment, comme on le verra plus loin, par l'élasticité pulmonaire.

La cavité thoracique est en outre hermétiquement fermée; elle se trouve dans les conditions d'un récipient dans lequel on

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