ÉQUILIBEE ENTEE LA PEODrCTION ET LA DEPEEDITIOX
DE LA CHALEUE.
Le maintien d'une température constante est une des conditions de l'activité vitale chez les animaux à sang chaud; c'est elle qui leur permet de conserver toute leur énergie fonctionnelle, quelle que soit la température du milieu ambiant, ou du moins tant que celte température ne dépasse pas, en plus ou en moins, certaines limites, et cette constance parait surtout favorable aux manifestations de l'activité nerveuse.
Pour que cet équilibre de température s'établisse, il faut de toute nécessité que l'organisme perde, en une minute par exemple, autant de chaleur qu'il en produit. Ainsi, si le corps humain produit 1,87 calorie par minute, il doit en perdre 1,87 pour que sa température moyenne reste constante : s'il en produit 2, l'équilibre s'établira encore si la perte est aussi de 2 calories par minute; seulement, dans ce cas, la température moyenne augmentera.
Deux conditions agissent donc sur cet équilibre de température, les variations dans la production de chaleur, les variations dans la déperdition.
Les variations dans la production de chaleur tiennent au plus ou moins d'activité des différents fovers de chaleur de l'orga-
nisme et en particulier des muscles, c'est-à-dire à l'intensité des phénomènes chimiques qui se passent dans les organes; les variations dans la déperdition dépendent soit de l'organisme, soit du milieu extérieur, et le système nerveux est le lien qui les rattache les unes aux autres et établit entre elles la relation nécessaire : c'est lui qui est, comme on le verra plus loin, le véritable régulateur de la chaleur animale, comme le sang en est le distributeur.
Quelles sont maintenant les causes qui peuvent augmenter ou diminuer la température moyenne du corps?
r La température moyenne augmentera dans les cas suivants :
a) Par augmentation de la production de chaleur, la déperdition ne changeant pas ;
b) Par diminution de la déperdition, la production de chaleur ne variant pas ;
c) Par augmentation de la production et diminution de la déperdition;
cl) Par augmentation de la production de chaleur et augmentation insuffisante de la déperdition ;
e) Par diminution de la déperdition et diminution de la production de chaleur, si la première l'emporte sur la seconde.
2" La température moyenne diminuera dans les cas contraires.
On voit donc qu'une augmentation de production de chaleur peut coïncider :
a) Avec une augmentation de la température moyenne, si la déperdition de chaleur ne varie pas ;
b) Avec le maintien de la température moyenne, si la déperdition augmente ;
c) Avec un abaissement de la température moyenne, si la déperdition est très-considérable.
De même une augmentation de la déperdition de chaleur peut coïncider :
a) Avec une diminution de la température moyenne, si la production de chaleur n'augmente pas ;
b) Avec le maintien de la température moyenne, si la production de chaleur augmente ;
c) Avec une augmentation de la température moyenne, si la production de chaleur est plus considérable.
Quelques exemples feront comprendre comment se fait 1 equihbration de la ten:ipérature. Si la température augmente, l'acti-
vite du cœur s'accroît et fait passer plus de sang par les capillaires et surtout par les capillaires de la peau, dont les artérioles se dilatent : il en résulte une déperdition plus grande de la chaleur par la peau ; en outre, la sueur est sécrétée en abondance et son évaporation amène aussi une perte de calorique ; en même temps, les respirations ont plus d'ampleur et le sang qui traverse les capillaire"^ des vésicules se refroidit dans les poumons; enfin la sensation de chaleur que nous éprouvons nous porte à augmenter encore la déperdition de chaleur par des vêtements légers, bons conducteurs, par des bains, etc. Quand la température baisse, les phénomènes inverses se produisent; les artérioles cutanées se rétrécissent et ne laissent passer par la peau, surface réfrigérante par excellence de l'organisme, que le minimum de sang indispensable à son fonctionnement ; le sang reste dans les parties plus profondément situées et peu accessibles au refroidissement; nous diminuons encore la déperdition de la chaleur par des vêtements mauvais conducteurs, par réchauffement artificiel de l'air qui nous entoure ; enfin, nous augmentons la production de chaleur par l'exercice musculaire et par une alimentatiou abondante riche en hydrocarbonés et en corps gras.
D'après Liebermeister et Hoppe, une soustraction subite de chaleur (comme par une douche froide par exemple) amènerait une augmentation de température. Si on mouille le pelage d'un chien, on remarque une augmentation de température pendant tout le temps de Tévaporation; si on empêche Tévaporation par une enveloppe de caoutchouc, il n'y a pas d'augmentation de température.
Application d'un enduit imperméable sur la peau. — Quand on recouvre la peau d'un animal d'un enduit imperméable igélatine, vernis, etc.), cet animal na tarde pas à succomber; chez les lapins il suffit, pour que la mort arrive, que l'enduit couvre un sixième seulement de la surface cutanée. Les animaux présentent, au bout de quelques heures, de la dyspnée ; la respiiyition et le pouls diminuent de fréquence ; il survient de la paralysie et des convulsions, et la température (dans le rectum) s'abaisse à 19° ou 20°; les urines sont albumineuses. A l'aulopsie, on trouve une congestion de différents organes et une dilatation notable des vaisseaux de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané.
La cause de la mort li'est pas encore bien expliquée. On l'a attribuée à la rétention de principes volatils nuisibles {perspirabile retenttim) qui n'auraient pu être éliminés; combinaison volatile azotée, ammoniaque, urée décomposée, etc. Ou a trouvé sous la peau des parties
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vernies de l'œdème, et dans la sérosité de cet œdème des cristaux de phosphate ammoniaco-magiiésien. Cependant l'injection du sang d'animaux ainsi traités dans les veines d'un autre animal n'a pas d'effet nuisible. La mort n'est pas due non plus aux troubles respiratoires, car les symptômes sont différents de ceux de l'asphyxie et les échanges gazeux ne sont pas altérés; la respiration cutanée continue aussi et ne peut être mise en cause. Peut-être la paralysie vasculaire des organes internes moelle, reins i pourrait-elle être invoquée, mais il est plus probable que la cause principale des accidents est la déperdition de chaleur trop considérable produite par la dilatation des vaisseaux cutanés. En effet, le réchauirement artificiel de l'animal fait disparaître les accidents.