‹ Nouveaux éléments de physiologie humaine (volume 4)Chapitre 279 sur 296 · DE L'ESPÈCE E>' GÉ.XÉRAL · texte numérisé non relu

DE L'ESPÈCE E>' GÉ.XÉRAL

par union réciproque: puis : l'ensemble des individus semblables susceptibles de se féconder par union réciproque en donnant des produits féconds ; puis enlin : l'ensemble des individus semblables susceptibles de se féconder eu donnant des produits indcfntiment féconds. En résumé, l'invariabilité et la persistance des formes à travers un nombre indéterminé de générations, telle serait la caractéristique de l'espèce (').

Ce n'est pas ici le lieu de discuter la valeur de ces définitions de l'espèce. Je me contenterai de faire remarquer que, malgré ce critérium si absolu en apparence, les zoologistes et les botanistes sont loin de s'accorder sur le nombre et la limitation des espèces tant animales que végétales, et que des formes intermédiaires viennent ta chaque instant faire hésiter le naturahste et combler la séparation artificielle qu'il introduit entre les différentes espèces (-).

2'^ De l'origine des espaces.

Aux deux conceptions de l'espèce qui viennent d'être exposées correspondent deux théories différentes sur l'origine des espèces.

Pour les naturalistes orthodoxes, l'espèce est quelque chose de fixe et d'immuable ; les espèces sont permanentes dans l'espace et dans le temps ; elles ne peuvent varier que dans leurs caractères secondaires et accessoires; elles ont toujours été ce qu'elles sont, elles seront toujours ce qu'elles sont actuellement. Il y a donc eu autant de créations, successives ou simultanées, qu'il y a d'espèces, vivantes ou éteintes, à la surface du globe. Si tous les êtres vivants se ressemblent plus ou moins, si les espèces paraissent bées entre elles par certains caractères communs, c'est d'après une loi d'harmonie universelle, la cause première ayant, dans la série des créations successives, répété le même type

0) Voici la définition de Linné : Species tôt sunt quoi diversas formas ah initio prodiixit Infitv'tum Ens; quœ formœ, seeundum generationis inditas leges, produxere piures, at sibi sempei' siviiles. Ergo species tôt sioit quoi divei'sœ formœ seu struclurœ hodiedum occurrunt.

("-) Dans le Draba verna de Linné, Jordan, appliquant logiquement la définition de l'espèce, ne trouve pas moins de deux cents formes distinctes qu'il déclare être de véritables espèces, toutes autonomes et irréductibles entre elles. (Voir Xaudin : les Espèces affaits et la théorie de l'évolution. Revue scientifique, 1875, n'» 36.)

lOSg THYSIOLOGIE DE L'ESPECE.

SOUS des formes variables; la ressemblance des êtres vivants tient à l'unité de l'idée créatrice, il y a seulement identité de type, il n'y a pas identité d'origine.

n est cependant peu de naturalistes qui admettent celte théorie dans toute sa rigueur. La plupart, peu conséquents avec leur ; principe, font dériver les différentes espèces de quatre ou cinq ; types primordiaux iMais ils ne réfléchissent pas que, par cette concession, ils ruinent eux-mêmes leur définition de l'espèce, puisqu'ils admettent qu'un seul type a pu donner naissance à un certain nombre d'espèces différentes, ce qui implique la varia-, bilité de l'espèce. Aussi ceux qui sont entrés dans cette voie, s'ils sont logiques, sont-ils obligés d'y marcher jusqu'au bout, comme l'a fait Darwin lui-même, qui, après avoir admis que tout le règne animal est descendu de quatre ou cinq types primitifs tout au , plus, n'admet plus maintenant qu'un seul type primordial.

Ceci nous conduit à la seconde théorie, la seule acceptable dans ' les données actuelles de la science. Dans cette théorie il y a nonseulement identité de type, il y a identité dorigine: la ressemblance des êtres vivants ne tient pas à une simple loi d'harmonie supérieure, à un plan créateur unique, elle tient aune communauté réelle d'origine; si tous les êtres se ressemblent, dans de certaines limites, c'est qu'ils sont tous issus de la même souche primitive. C'est la théorie connue sous le nom iVcvolution ou de transformisme, théorie formulée, pour la première fois, par Lamarck, et qui, depuis les travaux de Darwin, a pris rang dans la science. Il n'y a pas d'alternative possible entre les deux opinions: ou bien toutes les espèces ont dû leur apparition à une création, et la science n'a rien à y voir, ou toutes les espèces ont été formées en vertu de lois naturelles, et dans ce cas l'hypothèse de l'évolution est celle qui explique le mieux les faits; elle est par conséquent, jusqu'à nouvel ordre , la seule que la science puisse et doive accepter: ses lacunes n'accusent que l'imperfection de la science: la première hypothèse en est la négation.

Par quels procédés les espèces ont-elles pu ainsi se former et apparaître dans le courant des siècles? C'est le mérite de Dar^'in d'avoir détermine, mieux qu'on ne l'avait fait jusqu'alors, les conditions qui interviennent dans cette formation. Ces conditions sont au nombre de quatre : la variabilité, la concurrence vitale ou la lutte pour Texistence, la sélection naturelle et l'iicrédilé.

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