CHYLE
Procédés. — Pour voir les cliylifères gorgés de chyle, il suffit d'ouvrir un anioial en pleine digestion et d'examiner le mésentère; les chylifères apparaissent sous forme de traînées blanches. (Découverte des chylifères, par Gaspard Aselli, en 1622.1 — Procédé de Colin {fig. 18, page 113). On introduit une canule dans un des gros chylifères qui accompagnent l'artère mésentérique du bœuf. — Ouvrir le réservoir de Pecquef sur un animal en pleine digestion.
Hors l'état de digestion, le liquide des chylifères est tout à fait identique à la lymphe; ce n'est que pendant la digestion qu'il se présente sous un aspect particulier. C'est un liquide faiblement alcalin, laiteux ou opalin, coloré quelquefois d'une légère teinte jaunâtre ou jaune verdàtre, d'une consistance variable, mais ordinairement fluide et d'un poids spécifique de 1,020 environ. Son odeur et sa saveur sont les mêmes que celles de la lymphe. Gomme elle, il se coagule après sa sortie des
LIOUIDES ru CORPS HL'MALX.
vaisseaux, et son caillot est mou, gélatineux, peu rétractile: on a remarqué que la coagulation se fait plus vite et est plus complète quand on prend le cliyle sur l'animal vivant que quand on le
recueille après la mort; la substance fibrinogène parait se détruire très-vite.
Fig. 18. — a, a, chylifère. — h, n.éspiiière. — c, d, e, intestin. Une canule d'arpent est fixée dans le chyliière et prolougée par un li bo de caou'.choue; le chyle est recueilli dans une capsule. •
Blaunis. PIlVS.
lli CHDIIE PHYSIOLOGIQUE.
Le chyle contient les mêmes éléments anatomiqiies que la lymphe, et de plus, d'innombrables granulations moléculaires excessivement fines, qui ne sont autre chose que des granulations graisseuses entourées d'une membrane albuminoïde.
La quantité de chyle ne peut guère être évaluée d'une façon précise. On a bien cherché à la déterminer par la quantité de graisse absorbée dans l'intestin, en admettant que toute la graisse absorbée passait dans les chylifères; la proportion de graisse dans le chyle est de 3 p. 100 environ ; la quantité de graisse ingérée dans l'alimentation est d'à peu près 90 grammes par jour; la quantité de chyle produite en 24 heures serait de 3 kilogrammes (Yierordtj; ces données sont trop incertaines pour y attacher grande importance.
La composition chimique du chyle se rapproche beaucoup de celle de la lymphe (voir: Analyse de la lymphe); seulement il est plus riche en matières sohdes (') et surtout en graisses, qui varient du reste suivant l'alimentation : outre des graisses neutres, on y rencontre de petites quantités de savons. L'existence de traces de peptones, annoncée par Ktlhne. n'a pas été confirmée par les autres observateurs. Parmi les matières organiques, la présence delà glycose a donné lieu à de nombreuses discussions; suivant les uns, elle y existerait toujours, quel que soit le mode d'alimentation: suivant d'autres, elle ne se rencontrerait que dans le cas d'alimentation féculente et sa proportion serait exactement en rapport avec la quantité de cette alimentation. L'urée n'a été trouvée que dans le chyle du canal thoracique.
Owen Rees donne les chiffres suivants pour le chyle pris dans le canal thoracique d'un décapité :
Eau 90,48 7o Extrait alcooliqufi . . . 0,52 °/o
Albumine et fibrine . . 7,08 Graisse 0,92
Extrait aqueux .... 0,56 Sels 0,44
Les variations de composition du chyle ont été peu étudiées et leur étude a donné des résultats contradictoires. Chez l'animal à jeun, Tiedemann et Gmelin l'ont trouvé plus pauvre en eau, plus riche en parties solides, fibrine, albuminoïdes et globules. Ce qu'il y a de certain, c'est que la proportion de graisse du chyle augmente par l'alimentation.
(') C. Schmidt est pourtant arrive' à un re'sultat diffe'rent.
Bibliographie de la lymphe et du ehyle. — Bonssox : De la Lymphe, l<5i5.__II. >,A.S!>K : article Lymphe, dans ÉanducerterbucU der Physiologie. — GrBLF.R et QrÉvKxxE : Gaz. médicale de Paris, 1854. — Bf.auxis : Anatomie générale et Physiologie du système lymphatique, 1863. — CoLix : Traité de physiologie comparée, 1873.
Article deuxième. — Sérosités et Traxssudations.
Les sérosités et les tr ans su dations séreuses proviennent du plasma sanguin exsudé à travers les parois des vaisseaux et plus ou moins modiûé à la traversée des membranes connectives et surtout épithéiiales. Ces sérosités doivent donc être rapprochées du plasma lymphatique et ont en elTet une composition à peu près identique, sauf les proportions relatives de certains principes et surtout des substances albuminoïdes qui, comme toutes les substances colloïdes, sont très-peu difiFusibles. Ce sont des liquides jaune ambré, souvent fluorescents, un peu visqueux, alcahns comme le plasma sanguin. La coagulation spontanée se montre quelquefois dans les transsudations séreuses (ainsi dans la sérosité péricardique), mais elle est toujours plus lente que pour le sang, à cause de la pauvreté de ces liquides en paraglobuline; ils se coagulent cependant toujours si on ajouleun peu de para- ■globuliue. Les sérosités contiennent toujours quelques globules blancs, identiques à ceux de la lymphe.
Les substances albuminoïdes des sérosités consistent en albumine ordinaire (albumine du sérum et albuminate de potasse), substance fibrinogène et des traces de paraglobuline. On y relrouve les matières extractives (urée, créatine, créatinine, acide urique, leucine, tyrosine,) la graisse, la cholestérine, les sels minéranx qu'on rencontre dans le plasma sanguin. On y trouve en outre des gaz en dissolution, surtout de l'acide carbonique.
Quelques-uns de ces liquides olîrent des caractères particuliers. La sérosité cfu péricarde contient le plus de hbrine et se coagule le plus facilement. Le liquide cérébro-spinal, au contraire, est incoagulable; son albumine est très-analogue à la caséine: on y trouve uue matière ressemblant à l'alcaptone, de la glycose (Cl. Bernard), et une assez forte proportion de phosphates et de sels de potasse. Le liquide allanlo'idien renferme de l'allantoïne, une albumine de nature spéciale, des laclates alcalins, du chlorure de sodium, des phosphates et de la glycose (chez les herbivores). Le liquide amniotique contient de l'albumine, de l'uree
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du sucre de lait, de l'acide lactique (?), de la giycose, qui disparaît quand le sucre apparaît dans le foie (Cl. Bernard), et des sels (clilorure de sodium, carbonates alcalins et traces de phosphates et de sulfates).
Voici, comme spécimen de composition des sérosités, la moyenne de deux analyses de Gorup-Besanez de la sérosité péricardique de deux suppUciés :
Eau 958,98
Albumine 23,15
Fibrine 0,81
Matières extractives. . . . 10,45
Sels 7,00
Article troisième. — Sécrétions salines
ET extractives.