SUEUR
Manière de recueillir la sueur. — On place le sujet, jusqu'au cou, dans une étuve à fond métallique et ou recueille la sueur qui découle du corps (Favre). Pour avoir la sueur de telle ou telle partie du corps, d'un membre, par exemple, on entoure ce membre d'un manchon de verre ou de caoutchouc dont les bords s'adaptent parfaitement à la peau (Anselmino).
La sueur est sécrétée par les glandes sudoripares. C'est un liquide transparent, incolore, d'une odeur caractéristique, variable suivant les divers points de la peau, d'une saveur salée. Sa densité est de 1,004. Sa réaction est acide. Sa quantité est trèsvariable; la moyenne est de 700 à 900 grammes par jour ;,mais, sous des influences diverses, elle monte facilement à 1,500 et même 2,000 grammes, et en forçant la sécrétion (étuve et boissons abondantes), on peut obtenir des chifTres dix fois plus considérables. La sueur ne contient pas d'éléments anatomiques, mais seulement des lamelles épidermiques détachées de la peau.
Caractères chimiques. — La sueur possède en moyenne 10 p. 1,000 de parties solides, dont la moitié est constituée par des principes minéraux où dominent les chlorures alcalins. Les substances azotées de la sueur sont formées presque exclusivement par l'urée; sa quantité pour 1,000 parties de sueur serait de 0,044 d'après Favre, de 1,55 d'après Funke. L'ammoniaque
trouvée dans la sueur paraît proyenir de la décomposition des matières azotées. Quant à l'acide su dorique admis par Favre, son existence est encore douteuse. Les principes non azotés consistent en acides gras volatils (formique, acétique, butyrique, propionique, caproïque, etc.) qui donnent à la sueur, surtout dans certaines régions, une odeur caractéristique; on y trouve en outre de l'acide lactique (?), de la cholestérine et des graisses neutres qui proviennent en partie des glandes sébacées. On y a signalé la présence de matières colorantes indéterminées. Les substances minérales sont, en première ligne, le chlorure de sodium, puis le chlorure de potassium, des phosphates et des sulfates alcalins, des phosphates terreux et des traces de fer. La sueur contient en outre de lacide carbonique libre.
Le tableau suivant donne les analyses de la sueur par Favre, Schotlin et Funke :
Pour 1,000 parties. favre.
Eau 995,573
Matières solides 4,427
Épithélium —
Graisse 0,013 — • —
Lactates 0,317 — —
Sudorates 1,562 . — —
Matières extractives. . 0,005 11,30 —
Urée 0,044 — 1,5.:
Chlorure de sodium 2,230 3.60 —
Chlorure de potassium 0,024 — —
Phosphate de soude Traces./
Sulfates alcalins 0,011 )
Phosphates terreux Traces. 0,39 —
Sels en général — 7,00 4,36
SCHOTTIX.
FUSKE.
On voit, en comparant ces analyses à celle de l'urine, qu'il .y a une assez grande différence de composition, quantitativement surtout, entre la sueur et l'urine.
"Variations de la sueur. — a) Variations locales. La sueur de certaines régions a une odeur spéciale, caractéristique (aisselle, pieds); elle devient aussi plus facilement alcahne, mais fraîche, elle est toujours acide. La sueur des pieds contient plus de principes fixes et de potasse spécialement que celle des bras. —
b) Lu durée de la sécrétion a de l'infliieDce sur la composition de la sueur. Les premières parties sont plus riches en acides gras, les dernières en sels minéraux et même, au bout d'un certain temps, d'après Favre, la sueur deviendrait alcaline. La quantité d'urée augmente, mais pas proportionnellement, avec la quantité de sueur. La sueur est, du reste, d'autant plus concentrée que la quantité de la sécrétion est moins considérable. — c) Variations fonctionnelles. L'alimentation et surtout une nourriture animale augmentent la sécrétion sudorale ; les boissons, principalement les boissons chaudes et alcooliques, ont un effet encore plus marqué. On a signalé plus haut les rapports de la .sueur avec la sécrétion urinaire. Tout ce qui active la circulation, spécialement la circulation cutanée, tout ce qui détermine un appel de sang à la peau (bains chauds, vêtements épais et mauvais conducteurs du calorique, frictions, etc.) provoque une abondante transpiration. 11 en est de même de l'exercice musculaire. Les affections psychiques, crainte, honte, douleur, etc., ont aussi une influence bien connue sur la production de la sueur et surtout des sueurs locales. — d) Variations par causes extérieures. Une température élevée de l'air atmosphérique, son état d'agitation qui renouvelle les couches en contact avec la peau, sa sécheresse, favorisent la sécrétion de la sueur en amenant une évaporation plus rapide. — e) Passage de substances dans la sueur. L'iode, l'iodure de potassium, les acides arsénieux et arsénique, l'alcool, le sulfate de quinine, les acides benzoïque (en partie transformé en acide hippurique), succiniqne, tartrique, se retrouvent dans la sueur; certaines matières odorantes, l'ail, par exemple, s'éUminent en "partie par la sueur.
Rôle physiologique de la sueur. —La sueur est en première ligne un liquide d'excrétion, et quoique la quantité de ses principes soUdes soit très-faible, ce rôle de sécrétion éliminatrice paraît cependant avoir une certaine importance, sans qu'on puisse en déterminer la signification d'une façon précise. En outre, la sueur a, par son évaporation, une influence trèsgrande sur la régularisation de la température du corps (voir : Chaleur animale).
Rihliographie. — Favke : Recherches sur la comjpositioji deloàueitr chez Vhomme, (Arch. géu. de méd., Ib-JJ.)