‹ Nouveaux éléments de physiologie humaine (volume 4)Chapitre 61 sur 296 · IC · texte numérisé non relu

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et l'extrémifé inférieure de la glande; on l'incise et on y engage un tube de verre, puis on ferme la plaie abdominale par laquelle passe le tube. La Ggure 29 représente, d'après G. Colin, un taureau porteur d'une fistule

pancréatique avec son appareil collecteur^ — 3" Porc. Les fistules pancréatiques s'établissent avec facilité chez cet animal, par un procédé analogue. — Par contre, chez le mouton, la chèvre et surtout chez le cheval, ces fistules réussissent très-difTicilement, et pour avoir du suc pancréatique normal, le meilleur procédé est d'assommer l'animal en pleine digestion.

Suc pancréatique artificiel. — Broyer la glande coupée en fragments avec de l'huile (Cl. Bernard). Il vaut mieux en faire un extrait aqueux

ou mieux encore avec la glycérine, d'après le procédé de V. Wjtticli. Il faut choisir le moment où la glande est rouge et en état d'aciivit6= Opérations sur le pancréas. — \'> Extirpation du pancréas. Tentée par Brunner et CI. Bernard; les animaux meurent ordinairement de péritonite. Les oiseaux survivent cependant à cette extirpation (Colin, Schitf). — 2" Ligature des condicits pancréafiques. Uèmes procédés que pour les fistules; les conduils se rétablissent au bout de peu de temps. — 3° Destruction du pancréas. Une injection de graisse dans le pancréas amène une dissolulion consécutive de la glande, mais les animaux meurent au bout de quelque temps (Ci. Bernard); Schiff, au lieu de graisse, injecte de la paratTine; la glande se transforme en une masse dure et les animaux supportent bien l'opération.

Le suc pancréalique présente des caractères différents suivant qu'on l'obtient par des fistules temporaires ou par des fistules permanentes.

Le suc des fistules temporaires est limpide, incolore, visqueux, filant, et coule lentement de l'orifice de la fistule par grosses gouttes perlées et sirupeuses, sans odeur caractéristique et d'un goût salé analogue au sérum sanguin. Il devient mousseux par l'agitation, se prend en masse par la chaleur, et par le refroidissement donne un coagulum gélatiniforme. Il est très-fortement alcalin et contient 10 à 15 p. 100 de principes solides. C'est lui qui représente le suc pancréatique normal.

Le suc des fistules permanentes est liquide, incolore, aqueux, coule facilement, ne se prend pas en masse par la chaleur et ne se coagule pas par le refroidissement. Il ne contient que 1,5 à 5 p. 100 de principes sohdes, est moins alcalin que le précédent et n'est probablement que du suc pancréalique altéré et différent de celui qui est sécrété pendant la vie.

La quantité de suc pancréatique sécrété en vingt-quatre heures est encore plus difficile à évaluer que celle des autres sécrétions digeslives. Bidder et Schmidt, dans des fistules temporaires, ont trouvé 4 grammes environ par kilogramme de poids du corps chez le chien, chiffre probablement trop faible. Par contre, les chiffres trouvés dans les cas de fistules permanentes sont évidem- • ment exagérés. En calculant chez l'homme d'après le poids dQ pancréas, on peut admettre le chiffre approximatif de 200 à 250 grammes en vingt-quatre heures, soit 3^^,6 par kilogramme de poids du corps.

Le suc pancréatique a la composition chimique suivante; il contient :

LIQUIDES DU CORl'S HU.MALX. 1C5

1** Des corps albuminoïdes coagulables par la chaleur et consistant en albumine ordinaire et albuminate de potasse. D'après quelques auteurs, celte matière albuminoïde, coagulable par la chaleur, serait distincte de l'albumine (voir : Robin, Leçons sur les liumeurs). C'est ce qui constitue la pancréatine.

2° Des ferments, qui paraissent être au nombre de trois, l'un qui transforme l'amidon en glycose, l'autre qui décompose les graisses, le troisième qui digère les substances albuminoïdes. En ajoutant du collodion au suc pancréatique ou à l'infusion de la glande, Danilewsky a isolé un ferment qui agit sur les albuminoïdes; celui qui transforme l'amidon en sucre reste dans la liqueur; quant au ferment qui décomposerait les graisses, il n'a pu être isolé. Hufner a retiré de l'infusion glycérique du pancréas un ferment qui a toutes les propriétés du suc pancréatique.

3° De la leucine, qui paraît n'être qu'un résultat de l'autodigestion de la glande. La guanine, la tyrosine, la xanthine. qu'on trouve souvent dans le suc pancréatique, ne sont probablement que des produits de décomposition. C'est la tyrosine qui donne au suc pancréatique la propriété de rougir par le chlore.

4" Des traces de savons.

5° Des sels, chlorure de sodium, phosphates alcalins et terreux, et carbonates alcaUns.

L'iodure de potassium ingéré se retrouve dans le suc pancréatique comme dans la salive.

Voici, d'après C. Schmidt, la composition du suc pancréatique chez le chien :

Pour 1,000 parties.

Eau

Parties solides .

Pancréatine

Sels

Soude (unie à la pancréatine) . .

Chlorure de sodium

Chlorure de potassium

Phosphate de chaux

Phosphate de magnésie

Phosphate de soude

Chaux lunio à la pancréatinei . . — 0,32

Magnésie — ... 0,01 —

Fistules permanentes.

A l'ouvertare du canal.

La sécrétion du suc pancréatique est essentiellement intermittente; elle débute presque immédiatement après l'ingestion des aliments et leur arrivée dans l'estomac, et atteint son maximum quelques heures après, puis elle diminue peu à peu, sans qu'il soit possible d'affirmer qu'elle cesse complètement dans l'intervalle de deux digestions. S'il faut en juger d'après ce qu'on voit sur des animaux porteurs de fistules, les caractères du suc pancréatique varieraient suivant le moment de la digestion; au début delà digestion, il serait visqueux, filant, très-coagulable; à la fin, au contraire, il se rapprocherait de celui des fistules permanentes.

Les conditions de la sécrétion sont difficiles à préciser. Une des plus importantes est, sans contredit, l'état même de la nutrition générale de l'animal. Une riche alimentation augmente, non-seulement la quantité, mais la qualité du suc pancréatique; au contraire, toutes les causes qui déterminent un trouble de la nutrition (inflammations, etc.) amènent un trouble correspondant dans la sécrétion; c'est ce qui rend si difficiles et si dangereuses les opérations sur le pancréas.

A l'état physiologique, la sécrétion paraît avoir pour point de départ les excitations qui portent sur la muqueuse de l'estomac et de l'intestin (abord des aliments). L'éther introduit dans l'estomac produit une sécrétion abondante de fluide pancréatique. (Cl. Bernard.)

Le rôle physiologique du suc pancréatique sera étudié à propos de la digestion intestinale.

Bibliographie. — Cl. Bernard : Mémoire sur le Pancréas, 1856. 4. — SUC INTESTINAL.

Procédés pour obtenir le suc intestinaU — 1 ° Fistule intestinale simple. Le suc intestinal ainsi obtenu n'est pas pur. Il est mélangé aux autres sécrétions et aui résidus alimentaires. — 2" Ligature d'une anse (l'intestin. On comprend une anse d'intestin entre deux ligatures ou deux compresseurs spéciaux (Colin), comme dans la figure 30, page 167, et au bout d'un certain temps on recueille le liquide qu'elle contient. — 3° Fistule intestinale par le procédé de Thiry. On incise l'abdomen; on isoft une certaine longueur d'anse intestinale en la sectionnant aux deux bouts, de façon à la séparer du reste de l'intestin tout en respectant le mésentère, et on réunit par une suture les deux bouts d'intestin ainsi obtenus; on ferme alors par une ligature à une de ses

extrémités l'anse intestinale isolée du reste et on réunit l'autre extrémité non fermée aux lèvres de la plaie abdominale; on a ainsi une sorte de cul-de-sac intestinal qui a conservé ses vaisseaux et ses nerfs, et

Fig. 30. — Anse d'intestin disposée pour recueillir le suc enlérique. (Voir page 166.)

par suite sa nutrition normale, et qui s'ouvre par une fistule à ia surface de la paroi abdominale. Cependant, d'après Albini, cette anse intestinale finirait par s'atrophier.

Le suc intestinal ou entérique est sécrété par les glandes de Lieberkuhn. Celui de Xintestin grêle, obtenu par le procédé de Thiry, est un liquide transparent, limpide, un peu jaunâtre, trèsalcalin, coagulable par les acides et par la chaleur; sa densité est de 1,01 15. Il contient 2,5 p. 100 de parties solides, constituées par de l'albumine, d'autres matières organiques encore indéterminées, et des sels, en particulier du carbonate de soude. Cl. Bernard y a constaté la présence d'un ferment soluble, ferment

Fig. 30. — A, B, compresseurs aux deux extrémités de l'anse intestinale.

inversif, qui transforme le sucre de canne en sucre interverti, mélange de glycose et de lévulose. Thiry a obtenu en une heure le maximum de 4 grammes de sécrétion pour une surface d'intestin de 30 centimètres carrés. EHe augmentait dans le cul-desac fistuleux quand le reste de la muqueuse était en pleine activité digestive.

La sécrétion du suc intestinal ne paraît pas être conlinue ; mais elle se montre dès que des excitations mécaniques ou chimiques sont portées sur la muqueuse; on a retrouvé dans le suc intestinal l'iode, le brome, les cyanures, la lithine, introduits dans l'organisme.

Le suc intestinal ne doit pas être confondu avec le mucus intestinal, matière filante, visqueuse, formée par des débris de cellules épithéliales.

Pour l'action du suc intestinal, voir: Digestion intestinale.

Le liquide du gros intestin est alcalin et présente à peu près les mômes caractères que le liquide de l'intestin grêle.

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