Course
Tandis que dans la marche, même la plus rapide, il y a un temps pendant lequel les deux pieds touchent le sol (temps de douhle appui), dans la course il y a un temps pendant lequel les deux jambes sont détachées du sol et le tronc suspendu en l'air. Les principaux points par lesquels le mécanisme de la course diflere de celui de la marche sont les suivants.
Le mouvement d'extension de la jambe est beaucoup plus fort que dans la marche, de sorte que le tronc se trouve projeté en avant et détaché du sol: les deux jambes, devenues libres, suivent le mouvement de translation du corps en avant et oscillent en môme temps d'arrière en avant; pendant ce temps de suspension, la jambe qui a donné l'impulsion est située un peu en arrière de l'autre et quand celle-ci se pose sur le sol pour projeter à son tour le tronc en avant et en haut, la première continue son mouvement d'oscillation.
La torsion du bassin autour d'un axe vertical et celle des épaules suivant l'axe horizontal sont plus faibles que dans la marche ; les oscillations verticales du tronc sont moins prononcées et la trajectoire de la tête est d'autant plus tendue que la course est plus rapide. L'inclinaison du tronc en avant
Fig. 289. — Coureur dont les images sont réduites à des lignes et à des points brillants
(Marey).
pendant la première moitié de l'appui et en arrière pendant la seconde moitié est plus accentuée que dans la marche.
La figure 289, obtenue par le procédé des photographies partielles,
d'un ouvrier eu 24 heures qui égale environ 300,000 kilogrammètres équivaudrait ainsi à 33 kilomètres.
PHYSIOLOGIE DU MOUVEMENT
montre les phases successives d'un pas de course, avec 60 images par seconde.
La vitesse de la course peut aller jusqu'à quatre mètres et demi et plus par seconde; des coureurs peuvent même parcourir neuf mètres par seconde, mais sans pouvoir soutenir cette vitesse.
La figure 290, empruntée à Marey, donne les espaces parcourus par le corps aux différentes allures.
Fig. 290. — Inscription des mouvemenls de translation du corps aux différentes allures (*).
L'inclinaison générale de la courbe indique la vitesse de l'allure (1 A, marche lente; 2B, marche plus rapide; 3C, course, etc.). Les ondulations des lignes indiquent les accélérations de vitesse reçues par le corps, accélérations qui coïncident avec le milieu de l'appui de chaque pied (ligne P). On voit que ces ondulations sont bien plus fortes dans la marche lente que dans la marche rapide et que le mouvement de translation du corps s'uniformise par l'effet de la vitesse.
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(1) A consulter : Borelli : De motu animalium, 1880. — Gerdy : Physiologie médicale 1832. — E. et W. Weber : Mechanik der menschlichen Gehwerkzeuge (Irad. dans : Ency-
{•) Ce tracé a été pris en attachant à la ceinture une corde qui transmettait ù l'enregistreur le mouvement de transport du tronc.
CHAPITKE II