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Travail du cœur

Procédés. - Pour évaluer le travail du cœur, il suffit de connnitro la quantité de sang du cœur, sa prossiou et la vitesse à laquelle il est soumis ou, ce qui revient au mémo, le nombre de contractions par minute. Les appareils à circulation artificielle décrits pages 'Mii et .3(5^ permettent d'étudier le travail du cœur quand on met en rapport l'aorte avec un manomètre à mercure comme dans la figure SSO.

Procédé de Marei/ pour tnesurer l'effort maximum du cœur (lig. 386). — Un cœur de tortue est muni a l'une de ses veines d'un tube de caoutchouc V qui, plongeant dans le réservoir R pleiu de sang, remplit le cœur à la manière d'un siphon. Un autre tube A représente les artères; il se bifurque et envoie une branche à un manomètre à mercure ?n, tandis que le tube principal continue son trajet jusqu'à l'orifice d'écoulement e, qui verse le sang artériel dans le réservoir. La ligne ponctuée exprime le minimum de volume du ventricule au moment de la s3-stole. Si ou laisse le sang s'échapper par l'orifice e, le manomètre accuse des élévations de pression à chaque systole; mais si l'écoulement est empêché par la compression du tuhe, le manomètre accuse un efifoi't statique du cœur double au moins de celui qu'il déploie dans les conditions ordinaires de sou fonctionnement.

Le travail mécanique du cœur peut être évalué facilement, mais seulement d'une façon approximative, A chaque systole, le ventricule gauche pousse dans l'aorte 180 grammes de sang, et comme la pression dans l'aorte est de 20 centimètres de mercure, qui correspondent à 2 mètres et demi de sang et qu'il doit donc surmonter cette pression, c'est comme s'il soulevait 180 grammes de sang à 2 mètres et demi de hauteur; l'effet utile du ventricule gauche sera donc par systole égal à 180 X 2 mètres et demi = 0,45 kilogrammètre. Par seconde il sera de 0,54 kilogrammètre, ce qui donne pour 24 heures 46,656 kilogrammètres. Comme la pression dans l'artère pulmonaire est plus faible que dans l'aorte (un tiers environ), le travail du ventricule droit peut être évalué au tiers de celui du ventricule gauche, soit 15,552 kilogrammètres, ce qui donne un total de 62,208 kilogrammètres par jour pour les deux ventricules. Si l'on réfléchit que le travail mécanique produit par l'homme en 8 heures de travail (journée ordinaire d'un ouvrier) ne dépasse guère 300,000 kilogrammètres, on comprendra facilement quelle énorme quantité de travail doit produire le cœur, puisqu'il accomplit le cinquième environ du travail mécanique total de l'organisme.

Marey a constaté une relation entre la force du cœur et la quantité de sang qu'il contient; le cœur a d'autant plus de force qu'il est plus rempli. Si un obstacle au cours du sang élève la pression artérielle, le cœur ralentit ses mouvements, le ventricule a plus de temps pour se remplir ; il s'emplit davantage et au début de la systole a une force plus grande pour surmonter l'obstacle.

Kig. 38G. — Appareil pour mesurer l'effort que le cœur peut exercer.

Pour iout ce qui concerne les phénomènes électriques du cœur, voir : Innervation du cœur.

Bibliographie. — Makey : Des variations de la force du cœur (C. rendus, t. XC, 1880).

— II). : Sur les variations de la force et du travail du cœur (Trav. du labor., 1878-

Bibliographie générale <lii cœur. — Lower ; Traclatus de corde, IGG!). — Senac : Traité de la structure du cœur, 1777. — Beau : Rech. sur les mouv. du cœur (Arch. de méd., 1835). — CiiAL VEAi" et Faivre : Souv. rech. e.rpér. sur les mouvements et les Ijruits du cœur (id., 18.>6). — 1d. : Nouv. rech. expér. sur les mouvements et les bruits normaux du cœur (Gaz. uiéd., 1856). — Ciiai veal et Marev : Détermination ç/raphiqtie des rapports de ta pulsation cardiaque avec les mouvements de l'oreillette et du ventricule (Gaz. méd., 1861). — Landois : Neue Bestimmung der zeitliche Verhàllniss hei der Contraction der Vorhofe, etc., 1866. — .Marey : Mém. sur la pulsation du cœur (Trav. du labor., 1875).

— Fra.nçois-Franck : Rech. sur un cas d'ectopie congénitale du cœur, etc. (Trav. du labor. de .Marey. 1877). — lu. : Rech. sur les changements de volume du cœur (id.).

^3. — l>e la circulation dans les vaisseaux.

Les bifurcations d'un vaisseau ont, sauf de très rares exceptions, un calibre supérieur à celui du vaisseau qui leur a donné naissance. Ainsi, si Ton fait abstraction des parois vasculaires et qu'on réunisse par la pensée toutes les bifurcations correspondantes (fig. 187), le système artériel pourra

Fig. 388. — Schéma des cônes artériel et veineux avec Fig. 389. — Schéma de la grande et interposition des capillaires (Kuss) (*'). de la petite circulation {y^n?>$,) {***).

être représenté par un cône dont le sommet tronqué se trouverait à l'origine de l'aorte et la base, très large, au.x. capillaires (2). Un cône pareil»

(1) A consulter : Hering : Versuche die Druckkraft des Uerzens zu bestimmen (Arch. fïir phys. Heilk., 1850). — Vicrordt : Veber die Herzii-raft (id.l. — Marey : Note sur les variations de la force et du travail du cœur (Trav. du labor., t. IV, 1878-79).

(2) Berryer-Fontaine était arrivé à des conclusions différentes. D'après lui le système artériel, au lieu de représenter un cône, resterait sensiblement cylindrique dans toute son

(*) A, artère se bifurquant successivement. — B, les brandies de bifurcation sont supposées rapprochées et juxtaposées. — C, ensemble du tronc primitif et de ses divisions dont les cloisons sont supprimées.

(") V, ventricule. — 0, oreillette. — a, cône artériel. — v, cône veineux. — c, capillaires.

(***) A, grande circulation. — V, ventricule gauche. — a, aorte et son cône artériel. — CC, capillaires généraux. — v, cône veineux. — 0, oreillette droite. — B, petite circulation. — V, ventricule droit. — v, artère pulmonaire et son cône artériel. — C'C, capillaires. — a' , cône veineux pulmonaire. — 0', oreillette gauche. (La partie ombrée do la figure correspond au sang veineux.)

PHYSIOLOGIE DU MOUVEMENT. 38:> dont le sommet aboutirait à l'oreillette, représenterait le système veineux, et les capillaires pourraient être figurés par un cylindre très court {c, lig. 388) intermédiaire aux bases des cônes artériel et veineux. Dans co cas, l'ensemble du système circulatoire pourrait être rendu schématiquemenl par la figure 389.

Le calibre respectif des cônes artériel et veineux et du cylindre qui représente l'ensemble des capillaires est impossible à évaluer d'une façon précise. D'après Yierordt, l'aire des capillaires serait à l'aire de l'aorte comme 800 : 1 , et à l'aire des veines caves comme iOO : 1.

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