‹ Nouveaux éléments de physiologie humaineChapitre 179 sur 377 · IN 0 EST A · texte numérisé non relu

IN 0 EST A

CARBONE

HYDROGÈNE

Total

gr.

Le carbone donnera donc par jour 251,4 x 8,040 = 2031«, 312, l'hydrogène 12,56 X 34,460 = 432^,818, ce qui donne un total de 2 464 calories par jour.

Mais ce calcul est loin d'être exact. En premier lieu, la chaleur de combustion d'une substance n'est pas égale à la chaleur de combustion de son carbone et de son hydrogène ; elle est en général plus faible que la somme des chaleurs de combustion de ses éléments. En outre, la supposition que l'hydrogène et l'oxygène dans les hydrocarbonés y sont à l'état d'eau n'est pas justifiée; aussi les chiffres obtenus ainsi sont-ils passibles d'erreur.

ues. En prenant celle de l'eau comme unité, on a les chiffres suivants pour les divers -organes :

Substance osseuse compacte. . . 0,3

Substance spongieuse 0,71

Tissu adipeux 0,712

Tissu nius(^ulaire 0.741

Sang veineux o,802

Sang défibriné 0.027

Sang artériel i,031

La chaleur spécifique du corps humain, pris eu totalité, esta peu près égale à celle d'un anême poids d'eau.

Aussi vaiit-il mieux, au lieu de calculer la quantité des calories d'après la quantité de carbone et d'hydrogène contenue dans les ingesta, calculer directement le nombre de calories fournies par ces ingesla dont on connaît la chaleur de combustion, comme l'indique le tableau suivant :

CAI-ORIES fournies pur la combustion (l'un gramme.

CALORIES fournies eu 24 heures.

Hydrocarbonés

Comme les albuminoïdes n'arrivent pas à une combustion complète dans l'organisme, il faut diminuer de 4 calories environ le chiffre des albuminoïdes, ce qui donne un total de 2 493 calories par jour.

2" Le second procédé consiste à calculer la quantité d'oxygène absorbée, et d'acide carbonique produit par la peau et les poumons (voir page 12G); de l'acide carbonique exhalé on déduit la quantité de carbone brûlé; l'excès d'oxygène non employé à la production de l'acide carbonique est supposé avoir servi à la formation d'eau, et on eu déduit la quantité d'hydrogène ; on calcule alors la production de la chaleur aux dépens de ce carbone et de cet hydrogène. Le tableau suivant donne les calculs de l'opération :

CARBONE

OXYGÈNE

HYDROGÈNE

Acide carbonique éliminé en 24 h.

par la peau et la respiration. .

Excès d'oxygène employé à for-

Hvdrogène de l'eau formée

Pour le carbone, la quantité de chaleur sera de 251,4 x 8,040 calories = 2031*^,312 ; pour l'hydrogène, elle sera de 10,70 x 34, 4G0 = SCSi^, 722, ce qui donne un total de 2 400 calories par jour. Mais cette méthode n'est pas non plus à l'abri d'objections, et ne peut être employée avec avantage que chez les herbivores. On suppose en premier lieu que l'oxygène absorbé sert à former de l'acide carbonique et de l'eau, et C[ue tout le carbone oxydé se retrouve dans l'acide carbonique exhalé. En outre, pour une même quantité d'acide carbonique produit et d'oxygène absorbé, les quantités de chaleur peuvent être très différentes.

BibliojSfraphie. — A. Hôgyes : Remarques se^r le procédé de mesttre de la tempéralure rectale (Orvosi Hetilap; en hongrois; 1880). — Witz : Des thermomètres, etc. (Journ. d. se. de Lille, 1880). — André : Contrib. à la thermographie, Th. Lyon, 1881. — L. Landois : Brutapparat, etc., 1881. — A. Hogyes : Bemerk. ilber die Méthode der Mastdarmtcmperatur-Bestimmung bei Tliieren, etc. (Arch. f. cxp. Pat., t. XIV, 1881). — D'Arsonval : Rech. sur la chaleur animale (C. rendus, t. XCIII, 1881). — Burg : Thermojnèlre circidaire (Soc. de biol., 1883). — D'Arsonval : Mouv. mét. calorimétrique (Soc. de biol., 1884). — Ch. Richet : Le calorimètre à sipho7i (id.). — Id. : La calorimétrie par rayonnemeiit (id., 1885). — D'Arsonval : Id. (id.). — Richet : De la caloriinétrie (id.). — D'.Vrsonval : Calorimèlre enregistreur applicable à l'homme (C. rendus, t. C, 1885). — Id. : Hech. de calorimélrie, 1886. — V. Desplats : Nouv. mét. directe pour l'élude de la chaleur animale {Journ. de l'Anat., t. XXII, 1886). — D'Arsonval : Calorimètre différentiel enregistreur (Soc. de biol., 1886). — Id. : Mét. pour mesurer instanta?ïément les moindres variations dans la production de la chaleur animale (id.). — Th. Malosse : Calorimélrie et t/termométrie, Th. d'agrég. Paris, 1886.

§ J[er — Température du corps humain.

Les organismes vivants, au point de vue de la température, se divisent en deux classes, les animaux à sang chaud ou mieux à température constante et les animaux à sang froid ou mieux à températwe variable.

Les animaux à sang chaud (mammifères, oiseaux) ont une température constante, uniforme, dont la moyenne oscille entre 36° et -40° pour les mammifères, 40° et 43° pour les oiseaux, et cette température constante se maintient, quelle que soit la température du milieu ambiant, du moins dans de certaines limites.

Les animaux à sang froid (poissons, amphibies, reptiles, etc.) ont une température propre, qui oscille dans des limites beaucoup plus étendues et qui suit à peu près les variations de température du milieu ambiant.

Quand la température extérieure est basse ou peu élevée, leur chaleur propre est un peu plus élevée que la température extérieure ; ainsi les grenouilles, dans un milieu à 6°, marqueront 7° à 8°, et en marqueront lo^3 à lo°,8 dans un milieu à 13° ; mais si le milieu qui les entoure est trop chaud, leur température propre n'atteint plus celle du milieu, et elles finissent bientôt par tomber dans un état soporeux, dès que la chaleur dépasse certaines limites. De même, au-dessous de 4° à 5° elles s'engourdissent peu à peu.

La température moyenne de l'homme est, dans l'aisselle, un peu au-dessous de 37° (entre 36°, o et 37°, 3), et les oscillations, à l'état normal, dépassent rarement i/2 degré (1). Mais si, au lieu de l'aisselle, on prend les différentes régions du corps, on arrive à des résultats tout autres. A ce point de vue, on peut distinguer la surface même du corps, les organes, le sang et les cavités du corps. A la surface du corps, la température est très variable, sauf dans les parties protégées, comme l'aisselle, et peut descendre assez bas, par exemple aux extrémités des membres, où elle peut tomber à 30° et même au-dessous, comme pour la température palmaire. A l'inverse de l'aisselle, la température de la peau, particulièrement des régions périphériques, présente des oscillations considérables. En général, d'après Rômer, une baisse de la température périphérique correspond à une hausse de la température rectale. 11 y aurait donc une sorte de balancement entre ces deux températures. Alvarenga, Gassot, Redard, ont donné des tableaux détaillés des températures locales des différentes régions. La peau de la poitrine et de l'abdomen a une température plus élevée que celle de la tête et des régions voisines ; la température des membres supérieurs est plushaute que celle des membres inférieurs. La température des organes est en général d'autant plus élevée qu'on s'éloigne de la surface du corps; le maximum se rencontre, d'après Cl. Bernard, dans le foie (40°, 6 à 40°,9), puis dans le cerveau (2), les glandes, les muscles, les poumons. La température de l'œil (lapins) est de 31°, 9 dans le chambre antérieure, 3G°,1 dans le milieu

(1) Il peut y avoir une différence do 1 ;'i 2 dixièmes de degré entre l'aisselle droite et l'aisselle gauche. D'après quelques autours le côté gauche serait un peu plus chaud que le côté droit.

(2) Les recherches de François-Franck et d'Istamanoff ont prouvé que la température dos parois du crâne ne peut donner d'indications sur la température du cerveau. Il en est de même pour la température du conduit auditif externe (Voir : Physiologie de l'encéphale).

'iiS LIVRE QUATRIÈME. — PHYSIOLOGIE SPECIALE.

du corps vitré (Michel'. La température du sang a donné lieu à de nombreuses recherches et à de nombreuses discussions, surtout en ce qui concerne le sang du cœur gauche et le sang du cœur droit. Cependant, d'après les recherches précises de Cl. Bernard, Kôrner, etc., la température du cœur droit serait plus élevée de quelques dixièmes de degré (cœur droit, 38,8; cœur gauche, 38,6). Kôrner attribue cette augmentation au voisinage du foie, qui transmettrait sa chaleur au sang à travers les parois minces du ventricule droit ; mais il est plus probable que le sang du cœur droit se refroidit un peu à son passage à travers le poumon. Le sang artériel diminue de température à mesure qu'il s'éloigne du cœur; le sang de la carotide est plus chaud que celui de la crurale (Becquerel); le sang du bout central d'une artère est plus chaud que le sang du bout périphérique (Cl. Bernard). La température du sang veineux est très variable; tandis que celle du sang des veines superficielles est plus basse que celle du sang des artères correspondantes, le sang veineux des glandes et des muscles (au moment de leur activité) est plus chaud que le sang artériel de ces organes. A partir de l'embouchure des veines rénales, le sang veineuxest plus chaud que celui de l'aorte, au même niveau, et la température augmente dans la veine cave inférieure à mesure qu'on se rapproche du cœur ; c'est que cel te veine reçoit le sang de la veine hépatique, qui est le plus chaud du corps (39,7) et dépasse de 1° le sang de l'aorte (38,7). Aussi le sang de la veine cave inférieure a-t-il une température plus élevée que celui de la veine cave supérieure, et l'oreillette droite reçoit ainsi deux courants sanguins de température différente qui vont se réunir dans le ventricule droit. On a les températures suivantes pour les cavités du corps : rectum, 37,5 à 38; bouche, 37,19; vagin, 37,55 à 38,05 ; utérus, 37,77 à 38,28; conduit auditif externe, 37,3 à 37,8; l'estomac a une température inférieure à celle de l'intestin. L'urine au moment de son émission a une température de 37,03.

Après la mort, la température baisse peu à peu, et le corps se met en équilibre de température avec le milieu ambiant. Cependant on observe souvent, surtout après certaines maladies, une augmentation temporaire de température qui s'explique par le dégagement de chaleur que produisent la rigidité cadavérique, la coagulation du sang, les actions chimiques qui se continuent encore quelque temps, et par la diminution de conductibilité de la peau devenue exsangue et qui conduit beaucoup moins bien la chaleur.

Bibliographie. — H. J^eger : Ueber die Korperivàrme des qesunden Menschen (D. Arch. f. kl. Med. t. XXIX, 1881). — A. Romer : Ueitr. zur Kenntniss d'-r peripheren Temper. des gestcnden Menschen, Diss. Tubingcn, 1881. — A. Eitelbehg : Ueber die Temperaturverhultnisse im âusseren Gehorgange (Zeitsch. fur Ohrcnheilk., t. XIII, 1883). — S. IsTAMANOw : Ueber die wecfiselseitige Bezieliung zwischen den Temperaturschwanlamgen im uusseren Gehorgange und den Blutkreislaufe itn Gehirn (Arch. de PO., t. XXXVllI,

1885) . — BoNNAL : Rech. exp. sur la temp. qu'on observe chez la femme au moment de l'accouchement, etc. (C. rendus, t. CI, 1885). — Ch. Riciiet : Obs. calorim. sur des enfants (G. rendus, t. C, 1885). — Id. : Rech. de calorimétrie (Arch. de physiol., 1885). — KuNKEL : Ueber die Temperatur der menschlichen Haut (Wurzb, phys. med. Ges., 1886). — J. .Michel : Die Temperatur-Topographie des Auges (v. Greefe's Arch., t. XXXll,

(1) A consulter : J. Davy : An account of some exper. in animal heal (Phil. Trans., 1814). — Jurgensen : Die Korperiourme des gesunden Menschen, 1873. — Rosenthal : Ueber thermoelectrische Temperaturbestimmungen (Ann. d. Physik., 1877). — Id. : Ueber die specifische Wunne thierischer Gewebe (Arch. fur Physiol., 1878). — Id. : Ein neiies Calorimeter (id.). — Christiani et Kronecker : Thermische Untcrsuchungen (id.). — D'Arsouval : Rech. sur la chaleur animale (Comptes rendus, 1879). — Couty : Rech. sur la température périphérique (Arch. de physiol., 1880).

PHYSIOLOGIE DU MOUVEMENT

§ 2. — Production de chaleur dans l'orsfanismc.

Page 1