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II. — MOUVEMENTS DU GLOBE OCULAIRE

Supposons d'abord les deux lignes de regard parallèles, comme lorsqu'on regarde au loin; on peut distinguer pour l'œil trois positions, qu'on appelle primaire, secondaire et tertiaire.

1° Position primaire. — Cette position correspond à l'état de repos de l'œil, et au moindre effort musculaire possible. La tête est droite, et la ligne de regard est dirigée au loin vers l'horizon.

2° Position secondaire. — Cette position comprend les mouvements de l'œil autour de l'axe transversal et de l'axe vertical.

Dans le premier cas, l'œil tourne autour de l'axe transversal et la ligne de regard (et le plan de regard) se déplace en haut ou en bas et fait avec la position primaire de la ligne de regard ou avec le plan transversal un angle variable, angle de déplacement vertical ou angle ascensionneUV\\.Q\mholtz.

Dans le second cas, l'œil tourne autour de l'axe vertical, la ligne de regard se déplace en dedans ou en dehors, et fait avec le plan sagittal primaire un angle, angle de déplacement latéral.

Dans ces deux cas, il n'y a pas de mouvement de rotation autour do l'axe antéro-postérieur ou sagittal.

3° Positions tertiaires. — Ces positions tertiaires comprennent tous les mouvements dans lesquels il se fait un mouvement de roue du globe ocu-

(1) Le plan médian est le plan qui partage la tète on deux moitiés latérales symétriques; le plan sagittal est un plan parallèle au plan médian ; le plan frontal est un plan vertical perpendiculaire au plan médian ; le plan transversal est horizontal et perpendiculaire aux plans précédents.

Sf>4 LIVRE QUATRIÈME. — PHYSIOLOGIE SPÉCIALE.

laire {Raddveliung), c'est-à-dire quand l'œil tourne autour de l'axe sagittal ou de la ligne de regard, quelle que soit, du reste, la position qu'on donne à cet axe. Ces mouvements de roue ne peuvent se faire isolément; l'œil étant dans la position primaire, il nous est impossible, la tête restant droite et immobile, de le faire tourner autour de la ligne de regard; ce mouvement de roue s'associe toujours aux déplacements verticaux et latéraux de l'œil.

Tout mouvement tertiaire peut donc se décomposer en trois mouvements, une rotation autour de l'axe transversal (déplacement vertical), une rotation autour de l'axe vertical (déplacement latéral), et un mouvement de roue autour de la ligne de regard.

Ce mouvement de roue se mesure par l'angle que fait le plan de regard avec le plan transversal ou horizon rétinien d'Helmhollz; cet angle est ce qu'on appelle angle de rotation ou angle de torsion de l'œil. Ce mouvement de roue est dit positif quand l'œil tourne dans le même sens que les aiguilles d'une montre située en face de lui ; il est dit m'gatif dans le cas contraire.

Donders a montré que pour une direction donnée de la ligne de regard, l'angle de rotation est toujours le môme, autrement dit qu'il y a un rapport constant entre la valeur de cet angle de rotation et la valeur de l'angle de déplacement horizontal et de déplacement latéral. La grandeur des mouvements de roue augmente avec l'inclinaison de la ligne de regard ; dans les positions extrêmes, cet angle de rotation peut atteindre 10°.

La loi des rotations du globe oculaire a été formulée par Listing de la façon suivante : Lorsque la ligne de regard passe de sa position primaire à une position quelconque, l'angle de torsion de l'œil dans cette seconde position est le même que si l'œil était venu dans cette position en tournant autour d'un axe iixe perpendiculaire à la première et à la seconde position de la ligne de regard (HelmhoUz : Optique physiologique, page 006). Giraud-Teulon propose, tout en la repoussant, de la formuler de la façon suivante :

Lorsque le regard passe d'une position à une autre, il peut être considéré comme ayant tourné par simple rotation, autour d'un axe fixe perpendiculaire au plan qui contient les deux lignes de regard dans leurs positions extrêmes. Il en résulte que l'axe de rotation est toujours placé dans l'équateur (plan frontal) de l'œil.

Quand les lignes de regard des deux yeux, au lieu d'être parallèles, sont convergentes, les résultats ne sont plus tout à fait les mêmes, et les écarts sont d'autant plus considérables que la convergence est plus grande. Il en est de môme pour les yeux myopes.

Hueck, défendant une opinion déjà émise par Hunter, avait cru que, dans les mouvements d'inclinaison latérale de la tète, celte inclinaison était compensée par une rotation du globe oculaire autour de l'axe antéro-postérieur, de sorte que les méridiens verticaux de l'œil ne cesseraient pas de rester verticaux ; mais cette assertion ne peut se soutenir en présence de ce fait que, dans l'inclinaison de la tête, les images accidentelles formées sur la rétine se déplacent dans le même sens et à peu près de la môme quantité. Cependant Javal, sur des astigmates, dit avoir constaté dans une certaine mesure l'exactitude des observations de Hueck.

Les mouvements des deux yeux sont solidaires. Dans les conditions ordinaires, nous dirigeons les deux lignes du regard vers le môme point de l'espace. Les mouvements simultanés des deux yeux sont toujours associés ; on ne peut à la

fois lever un œil et abaisser l'autre; nous pouvons faire converger les lignes de regard pour regarder un objet très rapproché ; mais nous ne pouvons faire diverger ces deux lignes de façon que l'œil droit regarde îi droite et l'œil gauche à gauche.

Procédés pour la détermination des mouvements de roue de l'œil. — Procédé de Ruete par les images accidentelles. — Ou développe sur la retnie l image accidentelle d'un ruban noir horizontal ou vertical tendu au devant d'un mur ou d'une tenture grise, sur laquelle sont tracées des lignes horizontales et verticales. Un maintient la tête droite et on fixe le milieu du rul)au ; puis, sans déplacer la tete, on dirige brusquement le regard sur une autre partie de la tenture; on voit alors uuc image accidentelle du ruban qui se superpose à la tenture et dont la direction se reconnaît par comparaison avec les lignes horizontales et verticales de la tenture. On observe alors les phénomènes suivants :

Si on porte le regard directement en haut ou en bas, à droite ou à gauche, eu partant du milieu du ruban, l'image accidentelle, horizontale ou verticale, conserve sa direction et se confond avec les lignes horizontales et verticales de la tenture. H n'y a donc pas eu, dans ces déplacements (positions secondaires de l'œil), de mouvement de roue.

Si, au contraire, on porte le regard dans toute autre direction, l'image accidentelle s'incline et ne coïncide plus avec los lignes horizontales ou verticales de la tenture, et l'hiclinaison est d'autant plus considérable que l'on s'écarte plus de la verticale ou de l'horizontale.

Si on dirige le regard en haut et à droite, ou bien en bas et à gauche, l'image accidentelle (du ruban horizontal ou vertical) devient ohlique de haut en bas et de droite à gauche ; si ou porte le regard en haut et à gauche ou bien en bas et à droite, l'image accidentelle devient oblique de haut en bas et de gauche à droite. La direction des images rétiniennes accidentelles dans ces mouvements de roue peut être figurée par deux systèmes de lignes hyperboliques dont la convexité est tournée vers une ligne verticale et une ligne horizontale prises comme axes. La disposition d'une croix de Saint- André, X, peut servir à se l'appeler cette direction.

A. Fick et Meissner ont déterminé les rotations du globe oculaire à l'aide du punctum cvcitm.

Pour démontrer les mouvements de l'œil, Donders a imaginé un instrument, le -phénup/U/ialmotrope, pour la description duquel je renvoie au mémoire de l'auteur {Journal de l'Anatoniie, 1870, p. .")'»G).

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