Nerf moteur oculaire commun
Procédés. — A. Section. — 1° Section intra-crdnienne (lapin) ; procédé de Valentin. On traverse le crâne avec un neurotome comme pour la section intra-crànienne du tri-
(1) Schifî et Colasanti n'avaient pas vu de dégénérescence après la section des nerfs olfactifs ; cependant Hoffmann l'avait constatée etExncr a récemment confirmé l'observation d'Hoffmann.
(2) A consulter : .Magendie : Jouru. de physiologie, t. IV (passim). — Eschricht : î)e function. nervorum faciei et olfactus organi, 1825.
(3) Il y a quelques exceptions dans les cas d'excitation mécanique.
jumeau, mais dès qu'on arrive sur le corps du sphénoïde, on abaisse le manche de l'instrument et, eu poussant un peu le neurotome, on sectionne le nerf; la blessure de 1 artère carotide interne dans le sinus caverneux est diCficile à éviter et amène une hémorrhagie mortelle. — 2» Seclion après ouverture du crâne. On enlève la voûte du crtàne, les hémisphèros ; on sectionne les lobes olfactifs et les nerfs optiques, et en soulevant le cerveau on arrive facilement sur le moteur oculaire commun. On peut employer le même procédé sur les chiens et les oiseaux (pigeon). — 3° Seclion intra-orbitaire. On pénètre avec un crochet tranchant sur son bord concave par la paroi externe de l'orbite, et on saisit le nerf qui est libre sur l'extrémité antérieure du repli de la dure-mère qui vient s'insérer sur la selle turcique.
H. Arrachement. — Procédé de Cl. Bernard {lapin). Même procédé que le précédent, seulement le nerf est saisi avec un crochet mousse. — Procédé de Laborde. Laborde au lieu d aller à la recherche du nerf par la partie supérieure du crâne y arrive par la base en pénétrant en arrière du condyle de la mâchoire et allant chercher le nerf dans la région de la selle turcique.
C. Excitation du nerf. — P Excitation intra-crânienne. Le crâne est ouvert et le nerf mis à nu comme dans le procédé de section après ouverture du crâne. — Excitation isolée des différentes branches du nerf.
A. Action motrice. — Le nerf moteur ocukire commun est un nerf essentiellement moteur. Il innerve les muscles droits supérieur, inférieur et interne de l'œil, le petit oblique, le reieveur de la paupière supérieure, le sphincter de la pupille et le muscle ciliaire (ûg. 535, III).
1° Action .sur le reieveur de la paupière supérieure. — Sa paralysie produit une chute de la paupière supérieure qui ne peut se relever, quoique l'œil puisse se t'ernier davantage par Faction de rorbiculaire.
2° Action sur les mouvements du globe oculaire. — Ce nerf est l'agent des mouvenienls de l'œil en bas, en haut, en dedans, et des mouvements de rotation autour d un axe antéro-postérieur. Après sa seclion et sa paralysie, le globe oculaire est dévié en dehors (strabisme divergent) par l'action combinée du droit externe et du grand oblique; il y a diplopie croisée et les images ne sont vues simples que dans une région limitée du champ visuel (en dehors et un peu en bas). L'image fournie par le côté paralysé est un peu plus élevée que celle du côté sain, et inclinée vers la ligne médiane par son extrémité supérieure qui est plus rapprochée de la face ; l'obliquité des images atteint son maximum dans la vision des objets en haut et en dehors. Les mouvements de relation de l'œil autour d'un axe antéro-postérieur sont partiellement abolis (quand le regard se dirige en haut et en dehors).
3° Action sur la pupille. — Il innerve le constricteur de la pupille ; son excita- Lion ou sa galvanisation intra-crùnienne pendant la vie ou immédiatement après la mort produisent un rétrécissement de la pupille (qui n'a pu cependant être constaté par Cl. Bernard). (Voir : Innervation de Ciris, p. 515). Après la section du nerf, la pupille est dilatée et ne se rétrécit plus sous l'influence de lalumière ; cette dilatation est persistante. Cependant la pupille peut présenter encore des mouvemenls : ainsi elle peut se dilater encore par la galvanisation du grand sympathique, par l'action de l'atropine, et pourrait môme, dans certains cas, diminuer de grandeur par la seclion du sympathique ou de l'ophthalmique de Willis (Cl. Bernai'd). Les mêmes phénomènes se présentent dans les cas de paralysie du nerf, sauf les cas de paralysie partielle où la dilatation pupillaire peut manquer. Une forte convergence des yeux suffit pour amener un rétrécissement de la pupille.
4"^ Action sur l'accommodation. — L'action du nerf moteur oculaire commun sur l accommodalion est plus controversée, et les cas de paralysie ne tranchent pas complètement la question. En effet, dans certaines paralysies on a vu l'accommodation persister, mais alors les mouvements de l'iris n'étaient pas abolis non plus,
et il est probable que la paralysie élait incomplèle. Les fibres d'accommodation î)araissent avoir des rapports avec les fibres qui vont au releveur, car, tant que le releveur n'est pas paralysé, il n'y a pas de troubles de l'adaptation. Les expériences directes pourraient seules décider la question, niais elles sont très délicates. 'Cependant V. Trauvetter, en excitant le tronc du nerf, a vu se produire des variations de l'image par réflexion de la face antérieure du cristallin, comme dans l'accommodation, mais il n'a pu les constater que chez les oiseaux et pas chez les mammifères. L'excitation directe des nerfs ciliaires amène une saillie de la face antérieure du cristallin (Hensen et Vœickers). L'influence du nerf moteur oculaire commun sur Taccommodation explique pourquoi la pupille se rétrécit dans la vision des objets rapprochés, se dilale dans la vision des objets éloignés; on peut ainsi, par la volonté, quoique indirectement, rétrécir ou dilater sa pupille.
5" Action sur la situation du globe oculaire. — La contraction des droits et de l'oblique inférieur maintient l'œil en situation et s'oppose à ce qu'il soit refoulé en avant par la pression des parties molles post-oculaires ; après sa section on remarque une saillie assez prononcée du globe oculaire.
B. Action sur la sensibilité. — Le nerf moteur commun n'est pas sensible à son origine (Longet, Arnold), et la sensibilité qu'il présente plus loin est due à son anastomose avec l'optithalmique. Cependant Vaientin et Adamuk croient qu'il contient, dès son origine, des fibres sensitives et disent avoir constaté des signes de douleur par son excitation intra-crânienne. D'après Cl. Bernard, son tronc, dans son trajet intra-crânien, présente des signes évidents de sensibilité récurrente due à l'ophthalmique.
C. Anastomoses. — 1° A. avec rophlhalmique. Elle lui fournit sa sensibilité ; cette anastomose a été niée par Arnold et Bischofî. — 2° A. avec le plexus carotidien. — Elle fournit probablement les filets vaso-moteurs des muscles. — 3° L'anastomose avec la sixième paire, admise par quelques auteurs, n'existe pas (1).