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ÉJjaculation

Dans l'intervalle du coït, le sperme sécrété d'une façon continue par le testicule, s'accumule dans les vésicules séminales, où il se mêle au produit de sécrétion de ces réservoirs. Quand l'éjaculation a lieu, les canaux déférents et les vésicules séminales se contractent énergiquement et chassent le liquide dans l'urèthre; puis tous les muscles du périnée, et en particulier les bulbo-caverneux, sont le siège de contractions rythmiques par lesquelles le s[)erme, mélangé aux liquides prostatique, des glandes de Cowper, et<^., est projeté dans le fond du vagin et peut-être directement dans le col de l'utérus entr'ouvert. Au moment de l'éjaculation, la sensation voluptueuse, qui atteint ses dernières limites, s'accompagne d'un état général de spasme et d'une exaltation physique et psychique de tout l'organisme, état qui se communique à la femme tantôt simultanément, tantôt plus tard, sans cependant qu'il y ait chez elle une éjaculation comparable à celle de l'homme; il n'y a qu'une excrétion plus active des glandes de Bartholin et des autres glandes génitales (1). Une fois l'éjaculation terminée, l'érection cesse et une dépression générale fait suite à l'excitation du coït.

Ch. Uémy a décrit chez le cobaye un ganglion situé sur la veine cave inférieure à la hauteur de la veine rénale et d'où part un nerf éjaculateur. L'excitation de ce nerf produit l'éjaculation avec des contractions péristaltiques violentes des vésicules séminales. Cette éjaculation se fait sans érection.

Bililiogrraphic. — Cii. Hé.my : Nerfs éjnculntp.ur.t (Journ. do l'AiinL, 1886). — Nicolas • De l'érection, Th. d'agrég. Paris, I88fi. — J. Tauciianokk : Zur Physiol. des Geschlechts- (ipparales des Froschcs (A. de Pfl., XL, 1887) {1).

(l) Certains autours admottoiit pourtant une véritable éjaculation chez la femme. Cotte éjaculation tient alors ù un.> excrétion ahondanlo et sous forte pression de la o-|andc de Bartholin. D'après Arm. Desprès, les glandes du col sécréteraient aussi à ro'^ moment un liquide analogue au liquide prostatique.

(•2) A consulter : Kob(dt : De l'npparei/ du setis génital, 18,^1. — Rouget : Ikch. sur les organes érccliles de la femme (Journ. de physiol., 1808). — Eckhard : Zur Lehre von dem Buu und der Erection des Pénis (Boitr. zur Anat., 18G7). — Nikolsky : Ein lieUrao -^ur Physiol. der Nervi erigenles (Arch. fur Physiol., 1879^. "

§ 2. — Fécoutlatiou.

Après l'éjaculàtion, le sperme se trouve soit dans la cavité du col, soit dans le fond du vagin. Comment arrive-t-il de là jusqu'à l'ovule? On a rencontré des spermatozoïdes dans tous les points des voies génitales, jusque sur la surface de l'ovaire. Cette progression des spermatozoïdes ne peut (Hre due aux mouvements des cils vibratiles de l'utérus et des trompes, car le mouvement de ces cils est dirigé vers l'extérieur; elle ne peut être attribuée qu'aux mouvements propres de ces corpuscules qui en amènent un certain nombre jusqu'aux parties supérieures de la trompe. Du reste, il est démontré que la fécondation a pu avoir lieu par du sperme déposé à l'entrée du vagin dans le cas de persistance de l'hymen.

Pour que la fécondation se produise, il faut que les spermatozoïdes viennent se mettre au contact de l'ovule; mais le lieu précis où se fait ce contact est encore indéterminé. Suivant les uns, ce serait dans l'utérus que se ferait la fécondation (Sims) ; suivant d'autres, dans la trompe, et c'est peut-être ce qui paraît le plus probable, car on rencontre ordinairement des spermatozoïdes dans les réceptacles de la trompe (Henle). Elle peut cependant se faire aussi sur l'ovaire même, comme le prouvent les grossesses abdominales.

La fécondation a plus de chances de se faire dans les jours qui suivent la chute de l'ovule, ce qui n'empêche pas cependant que, dans l'espèce humaine, elle ne puisse avoir lieu dans toute Télendue de l'intervalle entre deux menstruations successives. D'après Ahlfeld, les spermatozoïdes féconderaient, non l'ovule de la période menstruelle passée, mais celui de la période menstruelle suivante.

Le mécanisme de la fécondation consiste dans une pénétration réelle du spermatozoïde dans l'ovule (Yoir p. 716, t. I, pour le mécanisme de la fécondation). On admet en général que, pour que la fécondation réussisse, un seul spermatozoïde ne sufût pas, il en faut plu?;ieurs; s'il y en a trop peu, l'ovule avorterait et son développement ne se ferait pas (Newport) ; cependant des expériences récentes semblent prouver, dans la plupart des cas du moins, l'intervention d'un seul spermatozoïde (Voir p. 7:^0, t. 1). Les l)hénomônes qui se passent après la pénétration du spermatozoïde dans l'ovule ont été déjà décrits p. 720, t. 1.

Les spermatozoïdes sont les seuls agents essentiels de la fécondation; le sperme ne fait que leur servir de véhicule. Le sperme dépourvu de spermatozoïdes est infécond, et son pouvoir fécondant est en rapport avec le nombre de spermatozoïdes qu'il contient (Spallanzani). Quand les spermatozoïdes ont perdu leurs mouvem.ents, ils perdent en même temps leur pouvoir fécondant.

Ilabiluellement il n'y a qu'un seul ovule mis en liberté à chaque période menstruelle; aussi n'y a-t-il, dans la généralité des cas, qu'un seul ovule de fécondé. Cependant il peut y avoir deux ou plusieurs ovules mis en liberté et fécondés au lieu d'un (fécondations gémellaires, triples, etc.). Les jumeaux peuvent provenir de

deux ovules distincls ou d'un seul ovule conicnant deux, vitellus. On observe en moyenne une fécondation double ou gémellaire sur 87 cas de fécondation simple, une fécondation triple (3 ovales) sur 7,G00 cas, une fécondation quadruple (4 ovules) sur 330,000 cas, une fécondation quintuple (5 ovules) sur 20 millions de cas.

Quand deux ovules provenant d'une même menstruation sont fécondés par deux coïts différents, il y asuperfécondation; ainsi une blanche qui aurait eu des rapports sexuels avec un nègre et avec un blanc pourrait donner naissance à deux Jumeaux, un mulâtre et un blanc; il n'y en a pas d'exemple authentique. La. superfdtationse produirait quand la seconde fécondation a lieu dans une période plus avancée de la grossesse; il faut donc pour cela : i° que l'ovulation se continue pendant la grossesse, ce qui est un fait exceptionnel; 2° que le sperme puisse pénétrer jusqu'à l'ovule, ce qui ne peut guère se comprendre que dans les cas d'utérus double.

Le développement de Vovule après ta fécondation est essentiellement du ressort de l'analomie; aussi je ne puis que renvoyer au chapitre Embryologie des Nouveaux éléments d'anatomie de Boaunis et Bouchard. La même remarque s'applique, du reste, au développement de Vcmbryon et du fœtus et à celui des annexes du fœtus [développement de l'œuf).

§ 3. — Cirbsgesse.

L'ovule fécondé se développe dans la cavité utérine et séjourne dans celte cavité jusqu'à ce qu'il ait atteint un développement suffisant, c'est-àdire jusqu'à ce que le fœtus soit à terme. La durée de la grossesse, calculée depuis le jour de la fécondation jusqu'au jour de l'expulsion du fœtus, est en moyenne de 275 à 280 jours (9 mois solaires, 10 mois lunaires) (1).

Les modifications que subit l'organisme féminin pendant la grossesse concernent, d'une part, les organes génitaux et en particulier l'utérus ; <i'autre part, le reste de l'organisme et l'état général de la femme.

Les modifications de l'utérus dans la grossesse sont étudiées dans les traités d'anatomie et dans les ouvrages d'accouchements, auxquels je renvoie, de même que pour les modifications que subissent les autres organes génitaux et les diverses fonctions de la femme enceinte.

En dehors de ces modifications, le fait physiologique le plus important -est la suspension de l'ovulation et de la menstruation pendant la grossesse.

§ 4. — Accouchement.

Procédés d'enregistrement des contractions utérines. — l» Tocographe de Voullet. Cet appareil est construit sur le type du kymographion de Liidwiy (p. 415). II se compose d'un tube eu U dont les deux branches contiennent du mercure; une des branches communique avec un ballon en caoutchouc qu"ou introduit dans la cavité utérine, l'autre branche sert, à l'aide d'un lloltcur et d'une tige verticale portant une plume écrivaute, à l'enregistrement des contractions utérines. On peut avoir en même temps la pression intra-abdominale par un ballon introduit dans le rectum et qui communique avec un second manomètre. Schatz, eu 1872, avait déjà employé un appareil analogue. — 2" Utéroscope de Polaillon. Daus l'appareil de Polaillon, le ballon utérin corn--

(I) 'Voici la durée du développement pour les espèces animali's dont on se sert le plus habituellement dans les laboratoires de physiologie : poulet, 21 jours; souris, 21 jourslapin, 4 semaines ; rat, 4 semaines ; chat, 8 semaines ; chicu, 9 semaines ; porc, 17 semaines • •mouton, 21 semaines; singes, 30 semaines; vache, 9 mois; àne, cheval, 11 mois. '

Beaums. — Physiologie, 3» édition. IT. — ;i3

munique avec uuc sorte de sphygmoscopc (voir p. 427 et fig. 45G) dont l'ampoule est remplacée par une membrane tendue sur un entonnoir en verre; le sphygnioscope est relié, comme à l ordinairc, avec un tambour à levier.

Je renvoie aux traités d'obstétrique pour tout ce qui concerne le mécanisme même de l'accouchement, et me contenterai d'étudier ici les contractions utérines.

La cause qui met en jeu les contractions utérines et détermine l'accouchement est encore inconnue. On sait seulement que l'utérus gravide a une très grande excitabilité et, comme le col est très riche en nerfs, il est possible que la dilatation mécanique du col, qui se produit dans les derniers jours de la grossesse, soit la cause déterminante de ces contractions utérines. Cependant, môme dans les cas de grossesse extra-utérine, il y a des contractions de l'utérus au moment de l'accouchement.

Ces contractions ont le caractère des contractions des muscles lisses : elles sont involontaires; elles se font avec une certaine lenteur (iOG secondes en moyenne d'après Polaillon), mais présentent une très grande énergie quand elles ont atteint leur maximum ; elles sont rytbmiques et se reproduisent périodiquement par accès en partant (chez la femme) du fond de l'utérus, comme on peut s'en assurer, par la palpation, au durcissement de l'organe. Elles s'accompagnent de douleur qui débute un peu après et se termine un peu avant la contraction elle-même (Polaillon). Dans ces contractions une partie du travail produit se transforme en chaleur, et la température de l'utérus s'élève d'environ 1 demi-degré.

Le centre des contractions utérines se trouve dans la moelle lombaire. Goltza pu faire couvrir une chienne dont la moelle avait été complètement sectionnée à la partie inférieure de la région dorsale ; la fécondation, la grossesse, le développement fœtal, l'accouchement, l'allaitement s'accomplirent chez elle comme chez une chienne intacte, et ce qu"il y eut de plus remarquable, c'est que tous les instincts maternels existaient chez elle, malgré la section de la moelle : les seules voies de communication entre le centre médullaire lombaire et les centres cérébraux instinctifs ne pouvaient être que le sang ou le grand sympathique [Aixhiv fur Physiologie, 1871). Cependant d'après les recherches de Rein, Frommel, etc., les vrais centres nerveux de l'utérus se trouveraient dans la substance même de l'utérus ou dans la partie supérieure de la paroi antérieure du vagin (Dembo) et les centres extra-utérins ne feraient que régulariser le fonctionnement de l'utérus. En effet, après l'isolement de l'utérus de toutes ses connexions nerveuses, cet organe continue à fonctionner et possède donc une activité automatique. La section des voies de transmission sympathiques accélère les contractions utérines, celle des nerfs sacrés les retarde (lapin, Rein). L'excitalion du cervelet, de la moelle allongée, du plexus hypogastrique, des nerfs érecteurs du plexus sacré, l'excitation du mamelon, le sang chargé d'acide carbonique, les irrigations chaudes, l'anémie (compression de l'aorte), certaines substances (emménagogues, ergot de seigle) déterminent des contractions utérines; il en est de même des excitations directes portées sur l'utérus et surtout sur le col (corps étrangers, actions mécaniques, etc.).

l/excitalion des nerfs sensitifs (ischiatique) peut produire aussi, par action réflexe, des contractions utérines.

L'expulsion du placenta [délivrance) se fait par le même mécanisme que l'expulsion du fœtus.

Pour les phénomènes qui suivent l'accouchement, pour tout ce qui concerne la lactation, voir les traités d'obstétrique.

Quand la femme n'allaite pas, l'ovulation et la menstruation reparaissent, en général, dans la sixième semaine après l'accouchement. Quand la femme allaite, la menstruation ne se montre qu'à la fin de la période dé la lactation, c'est-à-dire vers le dixième mois.

Naissances. — En France, ou compte une naissance pour 34,81 habitants, et 100 naissances pour 84 décès.

Les naissances se répartissent de la façon suivante pour les divers mois de l'année (pour 12,000 naissances) :

MOIS lie

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