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LE LABORATOIRE DE PHYSIOLOGIE

plitude des insumations doivent être réglés d'après la taille et l'espèce de l'animal en expérience. Il existe un grand nombre d'appareils à respiration artificielle, mais dont il est inutile de donner une description spéciale. Les canu/es trachéales, employées pour la respiration artificielle, peuvent présenter ditféren tes formes. Les trois figures suivantes représentent plusieurs modèles dilKrents dus à Fran(:ois-Franck. La canule de la figure 60;^ qui s'introduit dans la trachée en tournant le biseau de la canule du côté des bronches peut rester fixée sans qu'il y ait besoin de faire de ligature de la trachée. Il en estdeinème de la plaque trachéale de la figure «04; une fois la partie V introduite, on fait gfisser la plaque mobile V vers le haut à l'aide d'une sonde cannelée. Un pavillon à clapet s, s' peut se fixer soit sur la canule trachéale, comme on le voit dans la figure 603, soit sur la plaque trachéale de la figure C04. Quand on veut étudier les gaz de la respiration, ce pavillon à clapet peut être remplacé par le tube à double soupape de la figure 605.

3° Opération. — Le modo opératoire varie évidemment suivant l'opéralion elle-même, il n'y a là qu'à suivre les règles ordinaires de la médecine opératoire; le physiologiste doit être en effet doublé d'un chirurgien, et il doit connaître à fond toutes les ressources de la chirurgie pour pouvoir les employer au besoin. Aussi n'y a-t-il pas lieu de tracer ici des règles spéciales pour les vivisections; seulement le but du physiologiste étant tout autre que celui du chirurgien, la marche à suivre est un peu différente. Le chirurgien opère vite, cilo, pour arriver le plus tôt

Fig. 602. — Soufflet Fig. 6U3. — Canule trachéale respour la respiration tant fixée sans ligature,

artificielle.

Fig. 604. — Plaque trachéale à glissière.

possible au but même de l'opération; le cita a beaucoup moins d'importance pour le physiologiste; au contraire, il peut même avoir des inconvénients ; il doit en effet saisir au passage toules les manifeslations de l'activité vitale qui se produisent sous ses yeux pendant le cours de l'opéralion, car toutes les circonslances qui ne sont qu'accessoires pour le chirurgien, peuvent mettre le physiologiste sur la voie d'une exploration et (luelquetois d'une découverte nouvelle : il doit donc, sans perdre de vue le but même de l'opération, avoir l'œil sur tout ce qui se passe chez l'animal et dans les organes qu'il voit à nu.

4» Après l'oficration. — L'observation de l'animal après l'opéralion constitue une partie délicate de la lâche du physiologiste. Dans beaucoup de cas, le phénomène observé est simple et l'observation en est facile ; mais dans d'autres cas, les phénomènes produits par la vivisection sont si nombreux et se succèdent avec une telle rapidité que leur observation, et par conséquent leur analyse devient d'une extième dillicullé, c'e^t ce qui arrive la plupart du temps dans les expéiiences sur les centres nerveux.

Fig. 60.=>. — Tube à double soupape se montant sur la canule trachéale.

Ordinairement les animaux opérés sont isolés les uns des autres et mis à part ; il y a lieu en efîet de les soumettre à des conditions spéciales (soins, nourriture, observation) qui ne peuvent se faire que dans ces conditions. Quant aux soins chirurgicaux et hyfçiéniques qu'il faut donner aux animaux opérés, ce sont les mêmes que ceux qui sont employés journellement dans le traitement consécutif des opérations chez l'homme, et il n'y a pas lieu d y insister.

y" Mise à mort des uminaux. — Pour sacrifier les animaux, on peut employer divers procédés, qui varient naturellement suivant l'expérience qui a été faite sur l'animal. Je me contenterai d'énumérer les principaux. Ces procédés sont : l'asphyxie (strangulation, pendaison, ligature de la trachée, ouverture du thorax, etc.), la saignée, la section du bulbe, l'injection de l'air dans les veines, l'empoisonnement (acide cyanhydriiiue, cyanure de potassium, injection d'une grande (juantilé d'alcool, etc.), l'anesthésie poussée à ses dernières limites, l'électricité, etc.

()° Autopsie. — Il n'y a pas non plus de règle particulière à tracer pour l'autopsie. Seulement un principe dont il ne faut pas se départir, c'est, toutes les fois que la chose est praticable, de faire l'autopsie immédiatement après la mort. On peut ainsi observer les phénomènes qui se passent dans le corps immédiatement après la mort, ce qu'on n'a jamais l'occasion de faire chez l'homme; on peut avoir les organes avant que toute altération cadavérique, quelque minime qu'elle soit, se soit produite ; on étudie de suite ceux qui ne peuvent se conserver sans altération (globules sanguins, certains épithéliums, etc.) : on met de suite dans des liquides conservateurs ceux qui doivent être examinés plus tard; on prend note de la persistance des propriétés vitales dans les divers tissus, etc., etc. Enfin l'autopsie doit être complète, c'est-à-dire que le physiologiste doit s'aider de toutes les ressources du microscope et de l'analyse chimique.

L'autopsie une fois faite, un autre devoir s'impose, celui de conserver tout ce qui peut présenter un intérêt physiologique ou anatomique; chaque laboratoire de physiologie doit, au bout de quelques années, posséder un véritable musée de physiologie pathologique, et au bout de quelque temps la réunion de toutes ces pièces, dont le numéro d'ordre renvoie à l'iiistoire détaillée de l'observation, constituera un ensemble de documents précieux.

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