IV. — APPAHEiLS d'Électricité
Les appareils d'électricité nécessaires dans un laboraloire de physiologie sont très nombreux et un certain nombre d'entre eux ont été décrits dans le courant de l'ouvrage. Je mentionnerai seulement les plus importants.
A. Sources d'électricité. — 1° Courants constants^. — On peut employer les différentes espèces de piles: piles de Daniell (zinc et cuivre), de Grove (zinc et platine), de Bunsen (zinc et charbon), de Grenel (zinc et charbon ; bichromate de potasse remplaçant l'acide nitrique), de Pincus (chlorure d'argent), de Leclanché (zinc, charbon et chlorhydrate d'ammoniaque), etc., etc. Les piles de Daniell et de Grove
(") Appareil enregistreur. — A, diapason. — P, plaque enfumée supportée par une des branches du diap.isuu. — G, pièce destinée à modifier io noml)re de vibrations par son déplacement le long de l'autre branche. — U, T, support du diapason.
Anyiographe. — A, tube de caoutchouc dont deux points a et 6 sont placés sous la capsule X. — B, ampoule. — Q, manomètre. — D, style inscripteur.
(**) Les lettres a et ù correspoudent au soulèvement des points a et 6 du tube élastique de la figure G13 quand on presse lampoulp B. Les cliifiVes indiquent le premier et le deuxième soulèvement.
L\L LABOR.VTOIUE DR PHYSIOLOGIE. — TliClINIQUE PHYSIOLOGIQUE. 887 sont celles qui présentent le plus de constance. On emploie en général des batteries formées de plusieurs petits éléments, à cause de la résistance des tissus de l'organisme. On peut graduer l'intensité des courants de diverses façons, soit en prenant un plus ou moins grand nombre d'éléments, ce qui est un mauvais système, soit en interposant dans le circuit des résistances {rhciMs, colonnes liquides, tissus animaux), soit en employant les courants dérivés {rhéocordes) (1). On peut employer aussi les piles thermo-électriques.
2" Courants induits. — Des appareils pour produire les courants induits, le meilleur et le plus usité est l'appareil à chariot de Du Bois-Reymond.
Vappareil à rhariut de Du Bois-Hcymond est disposé de la l'acou suivante (flg. Clâ). L'interruption du couraut se fait par le même niécanisnie que dans l'interrupteur de Wagner. Le couraut arrive par la colonne A, passe en a dans la colonne du treinbleur
Fig. 61."). — Appareil à chariot de Du Bois-lieymond.
de l'interrupteur et, quand ce ressort touche la vis v, va par cette vis dans la ])obine primaire B; quand elle a parcouru toute la bobine, elle passe dans le petit électroaimant en fer à cheval D, et de là sort par la borne A'. Dès que le circuit est fermé et que le courant inducteur s'étabht, l'élcctro-aimant U attire la pièce de fer doux. E; le trembleur s'écarte de la vis v et le couraut est interrompu; dès que le courant s'arrête, l'électro-aimant D n'agit plus, la pièce E se relève par l'élasticité du ressort qui va toucher la vis V, et le courant passe de nouveau. En même temps, à chaque fermeture et ouverture du courant dans la bobine primaire, il se produit daus la bobine secondaire B' des courants instantanés qu'on peut recueillir à l'aide de deux bornes invisibles dans la figure. La bobine secondaire glisse daus deux rainures et peut être rapprochée plus ou moins de la bobine primaire qu'elle peut même coitfer complètement, et plus on éloigne les deux bobines, plus ou diminue l'intensité du couraut induit. Euhn deux bornes I permettent de recueillir l'cxtra-courant. Les courants de rupture et de fermeture sont non seulement de sens contraire, mais ils n'ont ni la même intensité ni la même durée, et n'ont pas la môme action physiologique. Le couraut de fermeture est plus faible et plus long, le courant de rupture plus fort et plus court, ce qui est dû à ce que le premier est affaibli et ralenti par l'extra-couraut de sens contraire, et la dillereuce des deux courants est d'autant plus marquée que l'extra-couraut di; fermeture est plus développé et les tours de la bobine primaire plus nombreux. Helmholtz a remédié à cet inconvénient en moditiant le marteau de \Vaguer de façon que la spirale de la bobine primaire soit toujours fermée et que les variations du couraut ne se fassent que par la fermeture ou la- rupture d'un circuit dérivé accessoire (dispositif d'Ilelndioltz). L'extra-courant de rupture se forme alors et all'aiblit le courant de rupture. Les deux courants ont alors à peu près la môme intensité d'action. On peut dans l'appareil de Du Bois-Reymond remplacer l'interrupteur de Wagner par d'autres interrupteurs, de façon à faire varier daus des limites très étendues le nombre des iuterruptions.
(1) Pour la mesure des forces électromotrices et les procédés de compensation, voir les traités de physique.
LIVKE SIXIKMI'
3° Électricité statique. Condensateur. — Le coiulensateur et son mode d'emploi ont été décrits page 630, t. I. Je ne traiterai ici que de la disposition employée par François-Franck pour obtenir des décharges d'une fréquence variable.
Cetti^ disposition est représentée dans la figure 61() (la comparer avec la figure 181, p. c:U), t. I). La modification consiste dans l'addition d'un interrupteur spécial. Une pièce oscillante 1, par ses contacts alternatifs avec les bornes 1 et 2, charge et décharge le
Fig. 61G. — Srhf'md. de la disposition du condensuleur paiv oljtenir une série de décharges
d'une fre'r/uenee variable.
condensateur avec une i-apidité variable suivant le réglage du tremblcur. Ce dernier est mis en mouvement par une pile p formant relais dans l'ensemble de l'appareil. Le signal électro-magnétique est placé dans le circuit de èette pile.
'o L'appareil représenté ligure 498 peut être employé avec le condensateur; dans ce cas le fil G est relié au condensateur.
B. Appareils accessoires. — Appareils pour rompre et fermer le circuit. — 11 existe un grand nombre de ces appareils. Le plus usité est le levier-clef de Du Bois-Reymond.
Le levier-clef de Du Bois-Reymond (fig. 61T) se compose d'une tablette en caoutchouc durci, sur laquelle sont fixées deux bornes métalliques A et B. Un prisme eu laiton qu'on fait basculer à l'aide d'une poignée isolante C étalDlit la communication entre les deux bornes quand on l'abaisse, on l'interrompt quand on le relève, connue dans la figure ; quand on relove la clef, le courant de la pile passe dans le circuit dérivé A 1 B; quand on l'abaisse, le courant passe en entier à travers le prisme en laiton, et le circuit A I B ne reçoit rien du courant, à cause de sa résistance bien plus considérable. Le levier-clef peut encore s'employer d'une autre façon ; si on intercale dans le courant, se faisant suite, le nerf et le levier, le circuit est fermé en abaissant le levier, rompu quand on le relève. Le levier-clef ne peut être employé quand le circuit présente une très faible résistance, ainsi il ne peut être utilisé pour fermer le circuit d'une bobine primaire d'un appareil d'induction; il vaut mieux dans ce cas employer le mercure. Du Bois-Reymond a modifié dans ce sens son levier-clef [Levier-clef à mercure).
2° Interrupteurs. — Les interrupteurs servent à obtenir des fermetures et des ouvertures rythmiques des courants à des intervalles réguliers. On peut varier à l'infini la forme et la disposition des interrupteurs et quelques-uns de ces appareils ont déjà été décrits plus haut (Interrupteur de Wagner de l'appareil à chariot de Du Bois-Reymond, appareil à rotalion de Marey, fig. o98, etc.). On peut se servir de métronomes à contact métallique ou à contact de mercure, de pendules interrupteurs, de diapasons, de lames vibrantes, etc., etc. Un bon interrupteur doit permettre de faire varier dans des limites très étendues le nombre des interruptions.
loiigiludiuales de cuivre qui communiquent,
LE LABORÂTCIHE DR PHYSIOLOGIE. — TEOIINIQUE PHYSIOLOGIQUE. 889 30 Comnmtaknrs. — Ces appareils permetleiU non seulement d'interrompre et de rétablir à volonté le courant, mais encore d'en changer instantanément le sens. Un des plus usités est le commutateur de RuhmkorfT.
Le commutateur de Ruhmko/f (fig. 018) a la disposition suivante. Sur un cylmdre d'ivoire /. tournant autour d'un axe à l'aido d'un bouton E, sont fixées deux oanaes
" une, a, par le support ?», avec le pô e positif de la pile, l'autre, c, par le support m', avec le pôle négatif.
Sur le cylindre appuient les extrémités de deux ressorts fixés à deux bornes opposées e et e' d'où partent les lils qui forment le circuit. Si les extrémités des ressorts tombent dans les intervalles des lames métalliques et sont en contact avec l'ivoire, le courant est interrompu ; si le ressort .v appuie sur le cuivre, le courant entre par d, va dans la lame de cuivre a, do Ih dans le ressort s et dans la borne e, parcourt le circuit dans le sens de la flèche, revient à la
Fig. G17. — Levier-clef de Du Bois-Reipnond.
Fig. G18. — Commutateur [de Ruhmkorff.
borne e', va dans le ressort correspondant dans la lame c, et sort par m'. Pour changer le sens du courant, ou fait tourner le cylindre de 180", de façon que la lame c vienne toucher le ressort s. On emploie beaucoup en Allemagne les gyrotropes de Pohl (à mercure), de Dujardln, etc.
4" Galvanomètres. — Leur description se trouve dans les traités de pliysique. Je décrirai seulement le galvanomètre à miroir.
Le galvanomètre à miroir (fig. 619) est à fil gros et court offrant fort peu de i^ésistance. Le système asiatique qui constitue les aiguilles doit être le plus léger possible ainsi que le miroir qu'il supporte. Pour ne pas influencer l'appareil par son voisinage, l'expérimentateur fait les lectures à distance à l'aide d'une lunette placée sur un pied eu face du miroir. La lunette porte une règle divisée dont les divisions sont réfléchies par le miroir du galvanomètn;. Un barreau aimanté (8, fig. CI!)) permet de diriger le système asiatique et de le rendre indépendant des variations d'intensité du magnétisme terrestre. La disposition des aiguilles thermo-électriques a été décrite page 441.
C. Appareils d'excitation. — Électrodes. On peut employer des dispositions très variées suivant les parties qu'on veut exciter et un certain nombre de ces dispositions ont déjà été décrites dans le courant du livre (voir fig. 620, p. 529 t. I • 682, p. 631, t. I; 186, p. 640, t. I; 369, p. 361, t. II; 576, p. 749, 1. II). Dans les expériences délicates pour éviter la polarisation, on se sert habituellement d'électrodes dits impolarisables.