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Action du suc intestinal sur les aliments

A. Action du suc de l'intestin grêle. — L'action du suc intestinal de l'intestin grêle sur les aliments est très controversée. Il est douteux, en effet, que le liquide recueilli par les procédés de Thiry, Colin, etc., soit le liquide normal, et il serait très possible que ce liquide ne fût autre chose qu'une transsudation du plasma sanguin. On a vu plus haut que Leven va jusqu'à faire du suc intestinal un suc acide.

Ces faits expliquent les contradictions existantes sur l'action du suc intestinal, les physiologistes ayant employé des liquides différents. Ainsi le suc entérique obtenu par le procédé de Thiry paraît sans action sur les aliments, à l'exception de la fibrine, tandis que, d'après Leven, une infusion de la muqueuse intestinale digère les albuminoïdes, éinulsionne les graisses et saccharifie les hydrocarbonés, en un mot, suivant son expression, peut suppléer le pancréas, et le fait de Busch mentionné plus bas semble parler en faveur de celte opinion, sauf pour ce qui concerne l'émulsion des graisses.

1° Albuminoïdes. — Zander et, plus tard, Kôlliker et Muller ont constaté que des morceaux de fibrine ou d'albumine introduits dans Finlestin de chats et de chiens en évitant l'arrivée du suc gastrique et du suc pancréatique, perdaient la plus grande partie de leur poids. Funke et Frerichs ont obtenu des résultats contraire? chez les lapins, de sorte quon pouvait croire qu'il y avait, pour la digestion des

{\) A consulter : J. Pincus : Expérimenta de vi nervi vagi et sympathici ad vasa secreitonem, nulrilionem Iroclus inteslinalis et renum, 1SÔ6. — A. Moreau : De l'influence de la section des nerfs sur la production des liquides intestinaux (Comptes rendue 1868) — Leven : Physiol. de l'intestin (Soc. do hiol.. 1878). "

albuminoïdes, une difft^ronce entre le suc intestinal des carnivores et celui des herbivores. Les expériences de Thiry ont tout remis en question, et ont rendu probable que les résuUats obtenus chez les carnivores par Zander et les autres physiologistes tenaiiMit à la présence du snc pancréatique qui exislait encore dans 1 intestin. Cependant Schill' en se servant du procédé de Thiry aurait constaté la digestion non seulement de la fdtriiie mais encore des autres subslances albuminoïdes. D'un aulre côté, on a vu plus haut l'opitiion de I.even. Chez l'homme, dans les cas de lislide inteslinale, les résultats ne sont pas moins contradictoires : Lf^hmann. Braiine, Funke, n'ont pu constater aucune di^^eslion d'albuminoïdes ; Busi-h au contraire, d'apies ses i-echerches sur une femme atleinle de fistule duodénale, est porté h l'admettre. En eflet, chez celte femme dont l'intestin ne recevait ni j«uc gastrique, ni suc pancréatique, ni bile, il a vu la digestion des albuminoïdes se faire quand on introduisait des aliments dans l'intestin. Les recherches avec les infusions de muqueuse intestinale et le suc intestinal artificiel n'ont pas donné des résultats plus positifs; ainsi Eichhorst, avec l'exti-ait glycérique de la muqueuse de chien et de lapin, n'a pas constaté de digestion de la fibrine et Masioff n'a pu obtenir avec la fibrine que des résultats douteux, de sorte qu'il est poi'té à attribuer la digestion de la fibrine observée par Thiry à des traces de trypsine ou de pepsine restées sur la muqueuse. D'apiès H. Eichhorst, le suc intestinal enlèverait aux solutions de gélatine la propriété de se prendre en gelée.

2° fJyiiroC(irbo7iés. — Le pouvoir saccharifiant du suc intestinal parait mieux élabli qii'' son action sur les albuminoïdes. Ce pouvoir a été constaté par plusieurs physiologistes sur les animaux et par Busch sur l'homme; cependant, le suc intestinal recueilli par le procédé de Thiry est sans action sur les féculents. Du reste, V. Wittich, Eiclihoist, etc., ont isolé de la muqueuse intestinale un ferment diaslasique qui Iransfurme l'amidon en glycose. D'après Brown et Héron l'action du suc intestinal (extrait de la muqueuse) serait surtout marquée sur la mallose qu'il transfoi'me en glycose; le suc intestinal compléterait donc l'action du suc pancréatique. Celle action est plus prononcée encore avec l'extrait des glandes de Payer. Les glandes de Lieberkuhn au contraire paraissent sans action sur la maltose.

Cl. Bernard et Paschutin ont découvert dans le suc intestinal et dans la muqueuse de l'intestin grêle un ferment spécial, ferment inveisif, qui transforme le sucre de canne en sucre interverti, mélange de glycose et de lévulose. Leube avait déjà constaté cette action du suc intestinal sur le sucre de canne.

3" Gr^issf'S. — L'action émulsionnante du suc intestinal sur les graisses est encore douteuse. D après R. Demant, l'émulsion ne se ferait qu'avec les graisses contenant des acitles gras libres.

B. Suc du gros intestin. — Le suc du gros intestin parait être sans action sur les aliments. Cependant quelques auleiirs lui attribuent le pouvoir de transformer l'amidon en glycose D après Paladino, lesuccxc"!- aurait celte propriété chez les grands herbivores, mais seulement poui- certaines substances alimentaires, comme l'avoine.

C. Suc des glandes de Brûnuer. — D'après Griitzner. l'extrait des glandes de Biiinner contiendiait de la pepsine et par l'nddilion d'acide chlorhydiique, on aurait, comme pour les glandes pyloriques, un liquide digérant les albuminoïdes (chien et porc). Il paraîtrait en être autrement chez le lapin. Il n'a pas trouvé de ferment diastasique dans ces glandes, tandis que Costa et Krolow ont constaté au coniraire la transformation de l'amidon en glycose. D'après Krolow, l'extrait des glandes de Briinner de porc dissoudrait la fibrine mais non l'albumine.

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l'HYSIOLOGIE DE LA NUTRITION.

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§ 5. — Bile.

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