CELLULE ANIMALE
ments solubles des végétaux. Les parties insolubles , matière colorante verte [chlopophylle), grains d'amidon, gouttelettes huileuses non miscibles à Teau, se trouvent en suspension dans ce même liquide cellulaire ou adhèrent à la paroi de la cellule. Peu à peu le protoplasma est remplacé par* la masse du liquide cellulaire et par les éléments solides ou graisseux qu'il tient en suspension.
Le protoplasma cependant persiste d'ordinaire assez longtemps, et se rainasse en une couche adhérente à la paroi. De cette couche pariétale partent ies tractus qui se portent vers l'intérieur de la cellule, et forment les mailles lans lesquelles est compris le liquide cellulaire. Le noyau se retrouve d'ordinaire dans un des tractus les plus centraux du protoplasma ; mais à mesure jue la cellule s'accroît, il diminue de volume et finit par disparaître avec le protoplasma lui-même.
C'est à Hugo von Mohl que Ton doit surtout la connaissance précise de la strucure des cellules végétales ; c'est lui qui démontra le premier Timportance du pro- ;oplasma, qui découvrit Tutricule primordial et étudia plus attentivement la membrane cellulaire. Cet auteur envisagea cependant encore Tutricule primordial comme ine membrane spéciale, distincte de la membrane cellulaire. Pringsheim démontra ïue cet iitricule primordial n*est autre que la partie externe et épaissie du proto- )lasma , et que c'est le protoplasma lui-même qui , plus tard , forme la membrane
cellulaire (*).
^7. — Cellule animale.
La cellule animale se dislingue de la cellule végétale par ce fait essentiel que, dans son développement ultérieur , les parties élémentaires qui la constituent restent toujours beaucoup plus semblables à ce qu'elles étaient dans les premiers temps de l'existence de la cellule. La Fig. 4 représente une cellule animale jeune avec membrane , noyau , nucléole et con tenu granuleux quoique homogène. Quand une membrane plus épaissie semble former une enveloppe au contenu cellulaire , au protoplasma , cette membrane se rapproche tellement de ce dernier par ses propriétés morphologiques et chimiques qu'on doit 'envisager comme la couche externe, épaissie de celui-ci. Pig. 4.
Le proioplasma ne disparait pas d'ordinaire et n'est pas remfeicé, comme dans les cellules végétales, par un liquide cellulaire ou par d'au- ^ substances.
Les modifications morphologiques des cellules animales sont au contraire risque imperceptibles , et leurs modifications chimiques si peu sensibles que contenu des cellules plus avancées en âge ressemble beaucoup au protoasma paf sa structure et sa composition.
liC noyau, lui aussi, persiste dans presque toutes les cellules animales.
O) Hugo von Mohl, Die vegetalnlische Zelle, dans JTandwœrterbuch der Physiologie^ ^- 4. — Pringsheim , Uhterauchungen iiber den Bau u. die BUdung der PflanzenzeUen. Brlin 1854. — Hofincister, Physiologische Botanik. Bd. 1, Abth. 1.
12 COMPOSITION ET STRUCTUfŒ DES ORGANISMES.
La loi que nous venons de poser , d'après laquelle la cellule animale ne s'écarte guère de ses formes originelles, est cependant sujette à quelques exceptions qui rapprochent alors cette cellule des cellules végétales. C'est ainsi que dans les celTules cartilagineuses 'Ton retrouve des épaississements périphériques déposés non sur la face interne, mais bien sur la face externe de la membrane primitive, membrane que Ton peut du reste isoler. Ces strates d'épaississement se fusionnent entre elles, et forment ainsi la capsule du cartilage. Il n'est pas rare de voir la cellule remplie en totalité par de la graisse ; dans ce dernier cas^ le protoplasma se trouve remplacé par une substance qui ne lui ressemble en rien et a complètement disparu ; des cellules de cette sorte se trouvent en grande quantité dans le tissu connectif. D'autres fois encore^ des granulations de matière colorante se déposent dans l'intérieur des cellules animales de même que dans les cellules végétales. Mais toutes ces modifications sont presque insignifiantes si on vient à les comparer aux modifications si profondes que subit la cellule végétale.
Par lour accroissement et leur juxtaposition réciproque, les cellules animales subissent dus métamorphoses semblables à celles des cellules végétales. I^eur accroiss«»ment se fait surtout en longueur.
C'est ainsi que les cellules qui forment le tissu musculaire lisse subissent un allongement considérabe ; c'est également ainsi que les parties essentielles des muscles striés, les fibres primitives , ne sont que des cellules très-allongées.
Il est assez rare de voir les cellules animales se serrer les imes contre les autres, de manière à subir des modifications de forme i>ar suite de cette pression récipnxjue et de l'accroissement ultérieur des 'cellules. Ce fait ne s'observe (|u<» <lans h?s tissus épithéliaux , dont les cellules sont souvent polyédriques, <?t qui se rapprochent ainsi des tissus végétaux.
Une troisième cause, qui ne se trouve jamais ou très-rarement dans les tissus végétaux, peut eiicore déterminer des modifications de forme dans les cellules animales. O' sont des masses de substance sécrétées par quelques cellules, substances <{ui deviennent de véritables tissus persistants. C'est dans les tissus <le substanc(ï connective, tissu connectif, tissu osseux, tissu cartihigineux, que l'on trouve de semblables sécrétions formant alors la substance intercellulaire.
Dans les deux premiers de c^s tissus (connectif, osseux), la substance intercellulaire détermine la forme des cellules. Les cellules de cai*tilage remportent au contrair<» par leur masse sur leur substance in ter cellulaire, et la capsule de cartilage vient en outre leur servir d'organe de protection et les garantir contre les déformations. Le tissu connectif et Tos (au moins pendant les premiers temps de sa formation) sont jnous, et la substance intercellulaire sécrêiée comprime les cellules et les déforme, ce (|ui cependant ne les empêche pas de .s'actTOÎtre dans certaines directions.
Aussi , (?n raison même d(; ces deux causes, trouve-t-on .souvent de |)eliles «•ellules, <lont la cavité a à peu près disparu et (|ui envoient des prolongement^ dans la substince intercellulaire.
Dans les plantes on peut trouver aussi une substance interccllulaire sécrétée |iar les cellules et remplissant les espaces situés entre celles-ci. C'est surtout dans le tissu d'un grand nombre d'algues et dans Talbumen de beaucoup de légumineusett.
COUP d'œil général sur la constitution chimique des cellules. 13
Mais cette substance intercellulaire y est en masse toujours plus faible et d'une importance bien moins grande que dans les tissus animaux. Puisque cette substance intercellulaire ne se trouve dans les plantes qu'à titre d'exception , il nous est donc permis de considérer son existence comme un vérilable moyen de distinguer les cellules végétales d'avec les cellules animales. La membrane des cellules végétales se double de couches adventices par la face interne-, la membrane des celluleéi&imales^ au contraire, s'épaissit par dépôt sur sa face externe de couches identiques à sa propre substance. Deux opinions se trouvent en présence pour expliquer la formation de la substance intercellulaire aux dépens des cellules. Pour les uns , à la tête desquels sont Reichert et Yirchow, cette substance se forme par une sécrétion de la membrane de la cellule ; pour d'autres , et surtout pour Max Schulze , cette substance n'est originairement qu'une genèse du contenu cellulaire, du protoplasma. Cette demièi% opinion s'appuie sur ce fait positif que les organismes élémentaires, au moment où se forme la majeure partie de la substance intercellulaire , ne possèdent encore aucune membrane d'enveloppe (*).