RESPIRATION PULMONAIRE
§ ^28. — Structure des organes respiratoires.
Le poumon peut être envisagé comme une glande en grappe (Fig. 20, § 71) ; mais il diffère des autres glandes du même genre par ce que ses vésicules toninales , vésicules pulmonaires , sont moins nettement isolées les unes des autres et représentent au contraire des dilatations, des ramifications terminales des conduits excréteurs (les bronches), dilatations qui communiquent entre elles. Il en résulte que le poumon ne présente pas à sa superficie et sur ses coupes l'aspect granuleux des glandes acineuses et que ce ne sont que les petits vaisseaux enveloppants qui permettent de distinguer la limite des différentes vésicules, de môme que les lobules pulmonaires constitués par la rtunion d'un certain nombre de vésicules ne sont sépai'és les uns des autres îuepar des divisions vascul aires plus volumineuses. Les parois des vésicules pulmonaires de 0«»w,2 de diamètre sont constituées par un tissu connectif hoinogène. On discute encore pour savoir si ces vésicules terminales sont tapissées à leur intérieur par un épithélium lamelleux et arrondi, ou si Ton n'y trouve pas de cellules épithéliales. La surface externe des vésicules est enlacée par on réseau capillaire très-dense. Les lobules pulmonaires sont entourés par un ^issu connectif qui contient de nombreuses fibres élastiques.
Les dernières divisions bronchiques auxquelles sont appendues les vésicules pulmonaires sont munies d'une paroi amorphe semblable à celle de ces dernières; plus loin elle s'épaissit, on voit s'y ajouter d'abord une couche fibreuse, ^t bientôt entre ces deux couches s'interpose une couche musculeuse cir- ^^olaire. Déjà dans des bronches de i/10 de ligne de diamètre l'on trouve de petites plaques caililagineuses déposées sous la couche fibreuse. Dans les ^''osses bronches et la trachée, ces plaques cartilagineuses deviennent des an- '^ux incomplets, et la couche musculaire se borne à remplir l'espace laissé
P)Lehinann, Phytiol. Chemie^ t. II. — Mosler, Archiv f. pcUholog. Anat.y t. XIII. — * *^aTid, Ueber die Gerinnung d. Leberreiietiblutes, Dorpat 1866.
29i2 NUTRITION.
libre en arrière, entre les extrémités postérieures des cerceaux cartilagineux. L'épithélium pavimenteux des dernières ramifications bronchiques se transforme, lui aussi, peu à peu en épithélium vibratil; en effet, les cellules pavimenteuses passent d'abord à la forme cylindrique, pour se garnir plus loin de cils vibratils. Quant à la membrane que cet épithélium tapisse, elle a pris tous les caractères d'une muqueuse.
Le poumon, comme le foie , possède deux espèces de vaisseaux sa^ujum afférents y les artères bronchiques et V artère pulmonaire ; mais, contrairement au foie, il possède aussi deux espèces de vaisseaux sanguins efférents, les veines bronchiques et les veines pulmonaires. Les artères bronchiques sonl destinées à la nutrition du tissu pulmonaire, elles vont aux bronches, aux ganglions bronchiques, et fournissent aux vaisseaux {vasa vasorum)^ elles passent en partie dans des veines spéciales , veines bronchiques, et en partie 'par leurs capillaires, dans les capillaires de l'artère pulmonaire. L'artère pulmonaire fournit ses divisions aux vésicules pulmonaires. Le tissu du poumqn est de plus très-riche en ganglions et en vaisseaux lymphatiques. Il reçoit ses nerfs du pneumo-gastrique et du sympathique, qui forment les plexus pulmonaires antérieur et postérieur et qui se rendent à de nombreux petits ganglions atués dans le tissu pulmonaire lui-même.
Le tissu pulmonaire, considéré au point de vue chimique, contient, outre les éléments ordinaires qui le constituent, les différents prodmts de la décompo- * sition des tissus, tels que l'acide urique, la leucine, la taurine, l'acide inosique. Verdeil y a signalé en outre un acide azoté spécial , l'acide pneumique, qui semble, en partie du moins, être un produit de décomposition post mortmf auquel ce tissu doit sa réaction acide sur le cadavre. Conime sels on y trouve surtout des phosphates et des composés sodiques.
C'est Moleschott qui, le premier, élucida la structure des vésicules pulmonaires, et qui prouva que ces vésicules , loin d'être nettement séparées les unes des autres comme les acini d'autres glandes, communiquent au contraire largement entre elles. Quant à répithélium des vésicules, il est encore très-discuté. D'après Remak, Eberth, J. Arnold etc., la vésicule est tapissée par un épithélium pavimenteux, mais qw n'est pas continu^ de manière que la surface des vaisseaux n'en est pas recouverte. D'après Henle, Zenker, Luschka etc., l'épithélium n'apparaît que dans les bronches. Henle dit que l'on a pris pour un épithélium les noyaux de la paroi des vésicules* Personne ne nie que chez l'embryon les vésicules ne soient tapissées par un épithélium, et Luschka considère les cellules épithéliales que lui-même a constatées dans les vésicules pulmonaires d'animaux adultes comme les restes de cet épithélium embryonnaire (').
{^) Moleschott, De Maljplykiains pidrtumum vesiculvt. Heidelbcrg 1845. — Ëberth, Aréàf f. pathol. Anat,, t. XXÎV. — J. Arnold, ihid., t. XXVIT et XXVIII. — Colberg, Archhf, /.•fin. Med.^ t. TT.