LOI DE LA CONSTANCE DE LA FOKCE APPLIQUÉE AUX OKGANISMES
plus tard à tous les éléments nés de ce germe. Cette force d'aflinité tire son origine des combinaisons chimiques qui constituent les parties élémentaires des plantes ; aussi diffère-t-elle suivant la nature de ces éléments ; les feuilles veiles attirent l'acide carbonique atmosphérique; les racines attirent de l'acide carbonique en solution, de l'ammoniaque et des éléments minéraux. Ces forces d'afûnité chimique ne se manifestent pas dans tous les cas; leur mani-festation suppose toujours , au conti'aire, des conditions extérieures déterminées. Le blé semé en hiver ne commence à germer qu'au printemps ; ce n'est que sous l'influence du soleil que les arbres et les buissons commencent à bourgeonner, et ce n'est également que sous l'influence de la lumière que les feuilles vertes absorbent l'acide carbonique nécessaire au végétal. C'est donc l'influence de la chaleur et de la lumière qui fait que les forces d'affinité chimique en repos jusque-là peuvent se manifester. Cette force d'affinité qui existe dans les éléments des racines et des feuilles ne s'y trouve qu'à l'état de tendance à former des combinaisons ; les véritables combin aisons ne peuvent se produire que sous l'influence d'agents extérieurs, de chaleur, de lumière. C'est par ces agents que le carbone , l'azote , l'hydrogène et l'oxygène peuvent sortir des composés stables d'acide carbonique , d'eau et d'ammoniaque , pour entrer dans des combinaisons bien plus instables, comme les albuminoïdes , les gi'aisses, les hydrocarbures etc., ou encore pour mettre môme en liberté la plus grande partie de l'oxygène. En vertu de la loi de la constance des forces, il faut que, dans ce cas, la force de tension des éléments augmente d*uyxe manière notable et qu'une partie de la force vive venue de V extérieur se transforme en farce de tension, La force vive qui disparaît en réalité pendant la nutrition des végétaux est la force vive de la chaleur et de la lumière solaires. Si la plante ne peut se nourrir que sous l'influence de la chaleur et de la lumière , c'est que chaleur et lumière lui fournissent une force vive disponible qui peut compenser l'augmentation de la force de tension par suite de la décomposition des matériaux nutritifs , et qui seule peut permettre à cette décomposition de s'opérer. Pendant (jue la plante se nourrit, les forces vives de la chaleur et de la lumière solaires se transforment donc en force de tension chimique des éléments du végétal. La plante est donc un organisme qui transforme,' sur une vaste échelle, la force vive en force de tension. L'animal consomme les substances formées par le végétal et absorbe ainsi une quantité de forces de tension ; mais toutes ces substances consommées se décomposent dans son corps par une oxydation constante. Cette oxydation met en liberté les forces d'affinité qui se trouvaient à l'état de repos dans les substances assimilées. Ces forces devenues vives se manifestent, partie par de la chaleur mise en liberté , partie par des mouvements mécaniques propres à un tissu spécial , au tissu musculaire. L'animal est donc im organisme qui transforme surtout la force de tension en force vive. L'on voit donc que , de même que les végétaux et les animaux se complètent sous le rapport de la transformation des éléments nutritifs , de même aussi ils se complètent sous le rapport de la trans* formation des forces. Toutefois, sous ce dernier rapport, le phénomène est simple et non pas réciproque y comme pour la transformation des éléments nutritifs; en effet, la plante fournit à l'animal la quantité de force de tension
nécessaire pour la transformer en force vive, tandis que la force vive déveiop|)ée par Fanimal n*est pas sous la forme de celles que le végétal peut transformer immédiatement en force de tension. La plante a toujours besoin de nouvelles forces viM^s de chaleur et de lumière, et les tire des rayons solaires. Toutes les forces de la nature organisée proviennent des forces vives de la chaleur et de la lumière solaires. Le végétal emprunte directemebt ces forces aux rayons solaires et les emploie à sa nutrition et à son accroissement; ranimai^ au contraire, ne les leur emprunte qu'indirectement par l'intermédiaire de la plante qui a accumulé en elle des forces chimiques de tension provenant de la transformation des forces vives des rayons solaires.
l^s forces vives que le corps de l'animal met en liberté sont sous la forme de chaleur et de travail mécanique des muscles. Par analogie avec ce qui se passe dans les machines dans lesquelles, par suite d'actions chimiques, il se développe de la chaleur et du mouvement, nous pouvons dii-e qtie c'pst l'oxydation des substances assimilées par l'oxygène inspiré qui donne tiaisM;uice à la chaleur et au mouvement et que, par conséquent, le corps de l'animal, de même que la machine à vapeur, développe par combustion delà chaleur et du mouvement. En raison de la loi de la constance des forces, il hui de toute nécessité que, l'apport de substances combustibles étant le même, la chaleur mise en liberté soit compensée par une perte équivalente de travail mécaîiicfue, ou, inversement, que le travail mécanique développé soit compensé |)ar une perte de chaleur équivalente. En effet, la quantité de force de tension (|iii se transforme en force vive, chaleur, ne peut en même temps se transformer en force vive , mouvement mécanique , et réciproquement.
Nous ne possédons malheureusement jusqu'à présent que des évaluations approximaiiv(îs sur le rapport qui existe entre la chaleur et le travail produits dans h* corps d'un animal et les combustions qui s'y passent. Ces approximai* fions nous permettent cependant de constater que les conclusions auxquelles lions sommes arrivés plus haut sont exactes. On sait depuis longtemps qu'à mcîsiire que la dépense de chaleur devient plus considérable, ou que le travail .nignieiiU;, il faut de toute nécessité augmenter aussi l'apport des substances nutritives. Les expériences ont permis de constater que, dans les deux cas, production de clialeur ou travail , l'augmentation porte surtout sur les substances nutritives qui, en raison de leur richesse en carbone, sont capables de fournir, par la combustion, une plus grande quantité de chaleur et de travail. C'est la consonnnation des graisses et des hydrocarbures qui est surtout augukîuU'm» beaucoup plus que celle des albuminoïdes ; de même aussi l'éliminatioD de l'acide carbonicpie et l'absorption de l'oxygène deviennent plus considérables, tandis (pie les produits azotés de décomix)sition que l'on trouve dans les sécrétions n'augmentent ciue d'une faible quantité (§§ 132 et 144). Ces faits viennent A l'appui d«» riiypotlièse que les albuminoïdes et leurs dérr\'és azotés jouent surtout h» nMe de fernuînts destinés à entretenir dans la machine animale une combustion lent<;. Il niî faudrait pas croire toutefois que, par leur décomposition, les albuminoïdes ne puissent participer eux-mêmes, quoique en feihie <|uantifù, i\ la pnxluction de chaleur et de travail, car il est évident quete^ prtHluitii non azotés du dédoublement de ces substances pai'ticipent à ce phéno-