I. PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DE LA CELLULE
§ 5. - - Morphologie de U cellule.
Dans tous les oi-ganismes, la constitution générale de la cellule est la même. C'est un petit corps arrondi, mou, dont les éléments, imbibés de liquides, ne sont pas d'ordinaire d'une égale consistance. Le plus habituellement, la cellule peul être divisée en trois parties, faciles à distinguer par leur rérringence: une partie estérieure, membrane de la cellule plus compacte, un contenu plus mou et un noyau, qui lui-même est d'ordinaire formé d'une membrane enveloppante et d'un contenu visqueux. (Fig. 1, schéma de la cellule.)
La grandeur de la cellule varie dans des proportions con- 1 sidérabtes. Les plus petites cellules mesui-ent à peine 1/500 de ligne, et ont besoin, pour être aperçues au microscope, d'un grossissement assez considérable; d'autres cellules, au contraire, atteignent jusqu'à 1/10 de ligne, et arrivent ainsi jusqu'aux bmites perceptibles à l'œil nu ('). La membrane se retrouve dans toutes les cellules adultes, tandis que dans les cellules végétales ou animales en voie de développement, elle fait défaut. Dans 'es premiei-s temps de la formation cellulaire, il est impossible île distinguer la Membrane d'avec son contenu , ce qui permet de penser que cette enveloppe n'est en réalité que la coucbe périphérique du contenu qui s'est épaissie.
Le noyau est plus important. Presque jamais il ne fait défaut dans les cellules jeunes, tandis que plus tard il disparaît souvent. Dans son intérieur on Voit fréquemment un noyau plus petit, le nucléole.
(I) parmi lex plus petites cellules, nous citcrona le gloLule snnguin, qui mesure O'°™,00& ^ 0"™,006 de diamètre ; les cellules nctvcuBes de O-^.oe à 0"™,!! sont drfjà de grosses O'dinles. L'oTule, U plus volumineuse des cellulen du coqis do l'homme, nttcint jusqu'il 0™n.,23. Le dumètre moyen des ccllutcs de l'iirgmiismo liumain est do 0«",O25 h O"™,!.
Le contenu de la cellule, sa partie la plus importante au point de vue du fonctionnement, est formé surtout par une substance molle, visqueuse, le protoplasma. Cette substance est normalement formée par une petite masse irani» lucide contenant de nombreuses granulations ; dans toutes les jeunes cellules, soit végétales , soit animales , elle semble posséder une contractilité propre. Quand les cellules avancent en âge, la quantité des liquides d'imbibition tend à diminuer, les cellules se durcissent , elles se dessèchent. Dans quelques cellules végétales se creusent alors des cavités qui se remplissent de liquides. Cette modification dans les propriétés physiques du contenu des cellules se relie souvent à une désagrégation visible de celui-ci. Tantôt on y voit apparaître des granulations plus ou moins grosses , des amas de matières colorantes , des grains d'amidon, des gouttelettes graisseuses ; tantôt, comme dans le tissu musculaire, on voit ce contenu se fragmenter en particules, disposées en séries régulières.
Les physiologistes sont d'accord sur les parties constitutives essentielles de la cellule , et cependant il existe encore entre eux des divergences sur la manière d'envisager quelques-unes de ces parties : la membrane et le noyau. Depuis longtemps Hugo von Mohl a démontré par ses recherches que dans les jeunes cellules végétales il n'existe qu'un^ noyau et du protoplasma, et que la membrane n'apparaît que plus tard. La physiologie animale s'en tint, au contraire, pendant longtemps à la doctrine de Schwann, le fondateur de la thcoiie cellulaire. Il admettait la préexistence du noyau et de la membrane , entre lesquelles se déposait plus tard un contenu liquide.
Quand, plus tard, l'observation eut démontré l'importance originelle du contenu, on n'en persista pas moins à admettre que dès la formation de ce contenu dans les jeunes cellules une membrane enveloppante apparaissait autour de lui.
Cette doctrine ne fut ébranlée que dans ces derniers temps. Max Schultze et Von Brûcke démontrèrent que les cellules résultant de la segmentation du vitellus ne possèdent pas d'enveloppe , et que , de plus , celle-ci ne fait pas seulement défaut dans les jeunes cellules , mais qu'elle manque encore dans des stades de développement plus avancés. Brûcke avança plus tard que le contenu cellulaire n'est pas normalement liquide , mais qu'il est constitué par une masse d'une consistance relativement plus dense, imbibée de liquides. Ce contenu semble se relier à la membrane d'enveloppe par des trabécules qui partent de la face interne de celle-ci et rayonnent vers l'intérieur de la cellule ; c'est au moins ce que paraît démontrer la manière dont se comportent les jeunes cellules en présence de solutions salines. Il en résulte que l'enveloppe ne semble être que la couche la plus extérieure d'une trame, dans les mailles de laquelle sont déposés les liquides cellulaires ('). L'on ne saurait nier que cette manière d'envisager la structure de la cellule n'ait jeté uu grand jour sur l'unité de nature des différents organismes animaux. Chez les animaux inférieurs , infusoires , rhizopodes , polypes et acaléphes , il est de toute impossibilité de démontrer une structure cellulaire. On admettait donc que le corps de ces animaux n'est constitué que par une masse amorphe à laquelle Dujardin a imposé le nom de sarcode. La structure de ces organismes différait donc de celle des animaux supérieurs et des plantes. Mais , d'un autre côté , tous ces êtres sarcodiques
(1) M. Schultze, Archiv fur Anatomie u. Physiologie, 1861. — Briicko, SitzunfjsberichU der Wiener AJcademie. Bd. 44, 2, 1861 ; und Bd. 45, 1862. — Parmi les ddfenseurs do Tancîcnnc théorie, nous citerons surtout Kcichcrt, Archiv f. AncUomie u. Physiologie^ 1863.