Spencer Hardy; Eastern Jfonacftwm, p
les civilisations où elle pénétrait. Si dans le pêlemêle ondoyant et énorme qui occupe le plus vaste des continents pendant vingt -cinq siècles, on cherche à démêler puis à définir le trait fondamental de l'œuvre, on pourra le comparer à une opération de chirurgie bienfaisante et débilitante. L'animal humain, comme un étalon trop fort et terrible à lui-même, a été saigné aux quatre membres; affaibli et adouci par cette perte, il est devenu moins actif et plus sociable, et dorénavant il a moins créé et moins détruit.
ERANZ WOEPKE.
M. Franz Woepke, dont les journaux annonçaient la mort il y a quelques jours 1 , était un homme de premier mérite, quoique inconnu, sauf à quelques savants spéciaux. Il possédait plusieurs éruditions, et toutes à un degré éminent. Les grands mathématiciens de notre temps louaient ses Mémoires théoriques et le considéraient « presque comme un inventeur. » Il savait l'arabe comme M. de Slane, en outre le persan, et, depuis quelques années le sanscrit. Pour les langues modernes d. l'Europe, il parlait et écrivait les principales comme sa langue maternelle. Quant à l'instruction générale, philosophique et littéraire, celle qu'on tire des livres et celle qu'on tire des hommes, je n'ai connu personne qui en fût mieux fourni. Quoique orientaliste et mathématicien, il ne s'était jamais tenu renfermé dans les études spéciales; au contraire, dès le commencement de sa vie, il s'était proposé