‹ Nouveaux essais de critique et d'histoireChapitre 27 sur 52 · Voyez encore ce mot d'Iphigénie · texte numérisé non relu

Voyez encore ce mot d'Iphigénie

Surtout, si vous m'aimez, par cet amour de mère, ^e reprochez jamais mon trépas à mon père.

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De l'aimable vertu doux et puissants attraits!

Tout respire en Esther l'innocence et la paix ,

Du cliaf^rin le plus noir elle écarte les ombres

Et fait des jours sereins de mes jours les plus sombres.

Cette louange explique tout leur caractère ; il y a là une nuance de beauté que nul peintre n'avait saisie, la délicatesse de l'honnêteté et le tact de la vertu. Celle-ci se soutient devant l'honneur exalté qu'a peint Calderon et les effusions naïves qu'a représentées Shakespeare. Les femmes de Calderon sont des héros, celles de Shakespeare sont des enfants, celles de Racine sont des femmes.

Il en est une, modèle accompli de vertu et de naturel, de passion et d'adresse, de modestie et de fierté, que l'habitude de la mauvaise fortune embellit encore d'une expression plus touchante, Monime, qui, hvrée à un roi barbare et reléguée dans une forteresse, attend des hasards de la guerre le moment de sa servitude et de son hymen. Son père l'a donnée ; elle se doit, elle se donne. Mais le profond sentiment de l'oppression où elle est tombée soulève en elle une révolte silencieuse : quoi qu'il faille subir, son cœur lui reste ; c'est dans cet asile que se sont réfugiées sa volonté violée et sa dignité outragée. Que la force maîtrise et avilisse l'univers, elle n'atteint pas jusqu'à l'âme ; nulle violence ne la conquiert, et nul devoir ne la livre. A travers tous les respects de son langage, Mithridate sent cette résistance cachée et s'en irrite. Il a beau faire, il n'aura d'elle qu'une obéissance d'esclave, et toutes les terreurs de sa puissance n'arracheront jamais une seule parcelle de ce

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trésor intérieur sur lequel nulle terreur n'a prise et nulle puissance n"a droit. Elle aime ailleurs, et, trompée par un mensonge du roi. elle s'est trahie; elle vient d"entrevoir un danger pour sa dignité et une raison pour sa résistance ; à l'instant, elle se sent et se dit libre; un tranquille sourire apprend au roi quelle estime elle fait de sa conduite et quel cas elle fait de ses menaces; n'ayant plus que la force à craindre, elle n'a rien à craindre; son devoir seul la pliait, et non la peur. Avec toutes les soumissions d'une sujette et tous les ménagements d'une femme, elle lui fait comprendre la bassesse qu'il a commise et l'impuissance où il s'est jeté. Elle sait ce qu'il lui réserve, elle le lui dit et bientôt l'éprouve. A ce moment, ce cœur tant opprimé triomphe, sentant que la mort est peu de chose, et jouissant du courage qui l'élève au-dessus des menaces et de la mort.

Ce sont là les finesses et quelquefois les raffinements auxquels les mœurs de société ont donné naissance ; instituées à l'hôtel de Rambouillet, ^-ulgarisées, puis discréditées par le bavardage et l'afféterie de Mlle de Scudéry, ces mœurs ont été épurées et exprimées par la délicatesse et l'art de Racine. Bientôt la tragédie en déclin n'en conserva que les bienséances extérieures; l'imitation répéta ce que le goût avait inventé, et les convenances devinrent des conventions. Mais les mœurs de la société, continuant leur œuvre, répandirent dans toute la littérature l'esprit fin qu'elles avaient porté dans le théâtre ; il y en eut tant qu'il y en eut trop ;

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c'est celui des salons décrits par Montesquieu etDuclos; c'est celui de Montesquieu et de Voltaire ; c'est celui de tout le dix-huitième siècle. Il est né avec Malherbe, il est mort avec Delille. Une habitude l'a fait : l'usage d'aller en visite l'après-midi et en soirée le soir.

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