DES HOMIERS DE GENÈVE
fidèle au principe du protestantisme, qui n'admet d'autre règle de foi que la raison , ou TÉcritu re interprétée par la raison, s'est vue obligée successivement d'abandonner toute foi précise, et de nier tous les dogmes fondamentaux du christianisme, le péché originel, et par conséquent la rédemption , la nécessité de la grâce , les peines éternelles , et enfin la divinité de Jésus-Christ. Mous disons qu elle nie ces dogmes, car défendre de les soutenir, c'est les nier bien positivement ; et il résulte de là que le centre de la réforme calviniste est devenu le centre du déisme , et qu'il n'existe plus dans la Borne protestante ^ je ne dis pas aucune foi chrétienne, mais aucune foi quelconque , puisqu'un ministre ' qui ne manque pas de puissants appuis dans sa compagnie a exprimé publiquement le vœu qu'on renoùçât à tout symbole, même à celui des apôtres, qui commence par ces mots : Je erois en Dieu.
Effrayés de cette monstmeuse apostasie , un \&int propomni^ M. Empaytaz, et un ministre, M. Malan, essayèrent, il y a quelques années, d'opposer une digUe au scepticisme de la vi^ nirable compagnie des pasteurs de Genève, et
' M. J. Ueycr, pasteur à Gcnèrc. (Yoyes pon Coup d' œil sur les Confession* de foi.)
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de ressusciter le calvinisme dans la ville de Calvin. Mais on leur fit bientôt sentir qu'on n'étoit pas disposé à rétrograder dans le clremin de Tincrédulité philosophique; et» sans^ daigner même discuter aVec eux les points contestés» on prit une voie plus courte pour arrêter les innovations, en proscrivant les novateurs, en leur interdisant la chaire , en les insultant, et (en les livrant à la dérision et au fanatisme de la populace, qui, dans le pieux zèle qu'on aToit réussi à lui inspirer, fit entendre cet horrible cri : ji bas Jésus^Christl
L'ouvrage que nous annonçons contient le i^cit de ces querelles remarquables , qui pourrpient fournir un nouveau chapitre à l'histoire de la tolérance protestante. L'auteur s'appuie partout sur des documents authentiques , et, bien qu'il laisse apercevoir une secrète préférence pour ceux qui défendent la divinité de Jésus-Christ, c est-à-dire bien qu'il soit ckri" tien s 00 ne trouveroit pas dans son écrit une seule expression dont le ministre genevois le plus susceptible pût être raisonnablement cho* que. On en jugera par la conclusion , cfui renferme toute la substance de l'ouvrage.
«Quand les faits parlent, le narrateur est '» dispensé d'y ajouter ses propres réflexions.
DS8 MOMIBRS I»B GENÈVE* 4^5
» Tout lecteur impartial tirera des documents . » hi8tori<[ues que je viens de mettre sous ses »yeux^ les conséquences graves qui s*offrent
> d'elles-mêmes 9 et qui ne peuvent être désa« » vouées par les défenseurs les plus zélés de la
> compagnie de nos pasteurs ; je crois cepea* » dant devoir les indiquer ici comme formant >la conclusion naturelle de mon récit.
> i"* Les momiers, sur lesquels on a eu iTadresse d'appeler la dérision populaire, par
• une dénomination ridicule, ne sont point imné^$ectej ni une secte nouvelle; ce ne sont
> que les anciens calvinUtes* Les momiers sont »la portion des Genevois restés fidèles aux ar-# tticles fondamentaux du christianisme progresses par nos pères 9 et consacrés par toutes
• les confessions de foi dressées depuis Tépoa que de la réformation.
B^"* La compagnie de nos pasteurs, accusée
> de ne plus enseigner le dogme de la divinité
• de Jésus-Christ, étoit responsable de 9a foi » au troupeau confié à sa sollicitude , et à toutes lies églises réformées du monde chrétien; elle ine pouvoit garder le silence sans s'avouer
> coupable et sans trahir le but de sa mission.
• ( Luc , XI, 33 ; Matth. , x , 33. J
» 3* La compagnie des pasteurs n'avoit qu'un
aS.