BE/S MOMIERS DE GENEVE
mentales de la révélation comme des principes conservateurs de Tordre sociables magistrats de Genève soutiennent de tout leur crédit et de tout leur pouvoir des pasteurs qui les relèguent dédaigneusement dans la poussière de l'école; ils arborent, à la face de l'Europe chrétienne, la bannière flétrie et sanglante du déisme et du rationalisme! Tandis que, digne héritier du trône et de la sagesse de Pierre-le^Grand , Alexandre élève sur les bords de la Moscoua une basilique au Dieu . sauveur, la Rome protestante ose dire à Jésus-Christ ^ Nous ne voulons plus de toi; retirâ'toi de nous (Job, xxn , 17); et Genève entend sans frémir les rives du Léman Retentir de rhorrible blasphème , à basJésus-^ Christ !
» 6* A ne s'arrêter même qu'à des considérations purement humaines cl politiques , un tel procédé n'est-il pas empreint du aceau de la démence? N'est-ce pas appeler sur notia d'une manière fâcheuse l'attention des nntîons étrangères? N'est-ce pas nous, exposer i\ être mis en quarantaine, comme les bâtiments qui sortent d'un port pestiféré? à voir les églises réformées, qui Jouissent de la protection et de la bienveillance des souverains
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dans les états desquels elles sont établies, pousser les ministres et les instituteurs sortis de nos écoles, interdire à leurs catfdidals de fréquenter notre académie de théologie, pour De pas compromettre leur existence en donnant à leurs gouTemements respectife de fus-» tes sujets d'inquiétude sur les principes pui-* ses dans nos murs?
» 7* Les momiers a?oient la plus beUe et la plus sainte cause à défendre, en combattant pour les dogmes de la sainte Trinité , de la divinité du Sauveur, de la dégradation de l'homme par le péché originel , et de la nécessité de la grâce. Us ont eu tort de ro/nrm> les questions sur la prédestination et sur , le salut par la foi sans les œuvres ; ce sont là des opinions extravagantes et dangereuses qui avoient vraiment et heureusement vieilli : nous n'y pensions plus. Cependant le repto-l che qu'on leur fait retombe tout entier sur Calvin et sur les autres confessions de foi adoptées par toutes les églises réformées. Ce sont les chefs de notre réformation qui avoient introduit ces fatales croyances dans le sein de l'Eglise de Dieu. Le toit des momiers qui ont voulu rétablir les anciennes maximes a été de ne pas savoir faire le triage de l'ivraie
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»d'aTec I^bon grain : il faut les plaindre plu«- » tôt que les accuser. •
A ces conclusions de Tauteur, nous en ajou* terons quelques autres au nom des catholiques, que ces discussions intéressent aussi, puis* qu'elles montrent avec évidence, même aux plus aveugles, l'indispensable nécessité d'un tribunal divin , qui décide infailliblement toutes les questions qui peuvent s'élever sur la foi.
Et d'abord nous demanderons à la vénérable compagnie des pasteurs de Gtnève^ que devient le fondement du protestantisme, s'il n'est pas permis aux moraiers d'interpréter l'Ecriture- Sainte selon leurs propres lujpiiéres, et de l'en* tendre dans le sens que l'entendoit €alvip ; s'ils spnt obligés de soumettre leur raison à celle de la vénérable compagnie ^ si elle a le droit d'user contre eux de l'autorité qu'elle refuse à l'Église catholique , et encore, non pas pour prescrire un sjmbole déterminé, mais pour défendre d'en adopter un? Nous lui demanderons en quoi consiste le christianisme , à son avis; et nous la défions solennellement de faire à cette question une réponse précise, qui soit avouée par les autres églises protestantes; de sorte qu'après avoir commencé, comme le lui reprochoît Rousseau ^pajc ne savoir ce qu'est
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Jésus-Christ , elle en est venue tj;ès conséquemment à ne plus savoir ce que c'est qu'être
chrétien.
Nous demanderons ensuite aux momiers de quel droit ils accusent la vénérable compagnie de s'éloigner de la vraie doctrine en abandonnant celle de Calvin? est-ce que la vraie doctrine, selon le principe du protestantisme, n'est pas celle qui paroît vraie à quiconque luterprète l'Écriture de bonne foi? Qui leur a dit que les pasteurs de Genève manquent de cette bonne foi? — Ils n'enseignent pas ce que leurs maîtres leur ont enseigné; ils ne croient pas ce que croyaient leurs pères. — Qu'importe? N'en.étoit-il pas ainsi des premiers réformateurs? Le reproche de variations est absurde dans la bouche de ceux qui posent en .dogme le droit de varier? Et les momiers eux-mêmes sont-ils donc d'accord entre eujt? Ne sait-on pas que déjà ils trouvent dans l'Ecriture les opinions les plus opposées? Si donc la vénérable compagnie croit voir clairement dans l'Ecriture que Jésus-Christ n'est pas Dieu , elle peut et doit nier sa divinité au même titre que les momiers l'aifirnient Ces fils posthumes de Calvin prétendroient-ils par hasard à l'infaillibilité ? Cette prétention seroit nouvelle
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panni fes protestants , et je pense qu'en ce cas il n'est pas un d'eux qui ne préférât de beaucoup à l'infaillibilité récente de MM. Empaytaz etMalan, qui ne s'entendent pas, dit-on^ parfaitement sur tous les points, celle de l'Église immuable qui, depuis dix huit siècles, n'a pas cessé un seul instant de réclamer et d'exercer, au nom de Jésus-Christ, cette divine prérogative,.
En deux mots , la vénérable compagnie viole manifestement le principe fondamental du protestantisme en condamnant les momiers , et en s'opposant à la libre prédication de leur doctrine. Les momiers violent le même principe en condamnant la doctrine de la vénérable compagnie. D'où il suit que , pour .être à la fois protestant et conséquent, il faut admettre" qu'on .est chrétien en croyant que Jésus-Christ est Dieu , et tout aussi bon chrétien en soutenant qu'il ne l'est pas. Étendez jusqu'à l'existence même du souverain Être cette liberté de croyance, et vous aurez cette exacte et complète détinition du christianisme protestant, que nous avons sommé les pasteurs de Genève de nous donner, et qu'ils ne nous donneront certainement pas , nous le répétons avec assurance.
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Pour inftpifer une profonde horreur de la réforme à la plupart de ses sectateurs, et pour les en détacher à jamais, il suffirait de la leur montrer telle qu'elle est.
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