DÉFENSE
principe qui en est la base ^ soit les conséquences rigoureuses qui en découlent immédiatement.
Et quoi.de plus extravagant que de venir rappeler, au dix-neuvième siècle, Tautorité de Calvin , qui n'a combattu que pour détruire , en matière, de religion , toute autorité humaine ? Que disoit Calvin? que disoient tous nos réformateurs ? « Ne nous croyez pas sur notre pa-
• rôle» car. nous pouvons nous tromper comme
• tous les hommes, comme rÉglise elle-même.
• Lisez, examinez, jugez par vous-mêmes de
• ce qui est faOx.et de ce qui est vrai. » Et c'est en vertu de ce langage qu'on nous obligera de croire aveuglément à ce qu'a cru Calvin y devenu, après sa mort, le pape de la réformationl Quelle pitié pu quelle dérision !
Avec de pareilles idées , ceux qui attaquent si imprudemment la vénérablecompagnie n'ont plus qu'un'pas à faire pour s'unir aux catholiques. Leurs maximes les y forcent; car dès qu'on fait intervenir pour quelque chose l'autorité dans la religion , on cesse d'un côté d'être protestant, et de l'autre on tombe dans l'absurdité , à moins qu'on ne défère à l'auto* rite la plus grande. Or, de l'aveu universel , cette plus grande autorité est incontestable-
DE LA VSNiRABLE COMPAGNIE , CtC» 4^7 .
ment celle de TEglise romaine; et, pour mon compte , je n*hésite point à dire avec Rousseau : t <}u'on me prouve aujourd'hui qu'en matière
• de foi je suis obligé de me soumettre aux dé- »cisions de quelqu'un, dès demain je me fais
• catholique , et tout homme conséquent et nai » fera comme moi '. >
Au reste , que les momiers sachent bien qu'en nous quittant ils ne nous laisseront aucun regret ; car déjà ils ne sont plus des nôtres. Tout protestant, instruit de sa religion, ne sauroit les considérer que comme des papistes inconséquents. En les signalant comme des ennemiç très dangereux de la grande cause que nous soutenons contre le fanatisme , la vénérable compagnie remplit donc un devoir; elle sert les intérêts de la raison, et s'acquiert des adroits immortels à la reconnoissance de tous les vrais amis de la réforme.
• Lêttrei écriieê dû la Montagne , pag. 55 .
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