CHAMPS PIERRE DU JURA; CONTRE-CHAMPS MARBRE BLANC
Le marbre Sérancolin (ou Sarrancolin) est un des plus beaux que l’on trouve en France. C’est sous Louis XIV qu’on l’a principalement employé pour la décoration des intérieurs. On le tirait alors d’Ilhet, près de Sarrancolin, dans la vallée d’Aure, qui fait partie aujourd’hui du département des Hautes- Pyrénées. Il y est devenu aujourd’hui très rare, comme le Campan. Dans la Sarthe
on trouve une variété de marbre qui s’en rapproche, mais où le gris domine davantage, et qu’on appelle Sérancolin de l’Ouest.
Le Sérancolin. s’ébauche sur un fond gris perle, dans le glacis frais. Toutes les parties un peu larges, les cailloux de quelque importance, les tons rouges et jaunes, se font dans le premier travail.
On termine ensuite, toujours à l’huilè, en faisant tous les petits cailloux, les veines blanches et jaunes, les petits repiqués et la cristallisation.
On aura soin, dans le premier travail, de conserver les'rouges vigoureux et d’éviter qu’ils ne se perdent dans le glacis.
Nous ne saurions trop engager les peintres de décor à étudier à fond le Sérancolin et à bien s’en pénétrer. C’est le marbre décoratif par excellence, et celui qui peut le mieux mettre en relief le talent de l’artiste. Aucun marbre ne réunit à ce point l’heureuse ■disposition des veines, l’harmonie des tons, l’éclat de la couleur. On y trouve des parties larges et d’autres très fouillées, ce qui permet de lui donner toutes les dispositions désirables. C’est en quelque sorte la pierre de touche du peintre de marbres.