BALLADE POUR LUI CRIER : GLOIRE
Au maître Frédéric MISTRAL.
Aimons-le tous notre bon roi René, Aimons le preux au langage sonore!
La Muse ailée aussitôt qu'il fût né Mit à son front que déjà l'aube dore Un diadème et de rêve et d'aurore- Ce fut un vrai chevalier-troubadour.
Jongleur de mots et guerrier tour à tour : Son âme amiante, invisible alouette.
Fuyait souvent le châlel ou la tour :
Sus! angevins, gloire au prince-poète!
Ce roi divin par les dieux couronné, Brille entre ceux dont l'histoire s'honore. Quand, sous ses doigts son luth avait sonné, Longtemps après on l'écoutait encore.
Les frais jardins que la rose décore, Toutes les fleurs le remplissaient d'humour: Il rayonnait aux tribunaux d'amour ; Son « gay sçavoir » et sa verve follette Réjouissaient les dames de sa cour :
■Sus ! angevins, gloire au prince-poète !
Lorsque, captif, de Mars abandonné, Par le malheur qui glace et qui dévore Il se sentait fortement enchaîné, L'Art à son cœur que le destin perfore. Offrait bientôt sa radieuse amphore.
Il adora't les tournois en plein jour:
Cavalcadait comme un cavalcadour, Et l'on voyait sa noble silhouette, Tantôt au nord, tantôt près de l'Adour : Sus ! angevins, gloire au prince-poète !
ENVOI
O Roi qui fus loyal et sans détour, Que no;re ciel inconnu de Tautour, De ton efprit, de ta harpe muette, Sou à jamais le lumineux séjour !
Suv.' angevins, gloire au prince-poète