PASTICHE
Maintenant ils sont passés tous les jours où nous chantions, amour par amant, jours où les mers avaient une couleur d'été ; ils ont été dispersés à la dérive sous les rayons et la brise.
Maintenant elles sont passées toutes les nuits où nous rêvions, rêves qui planent dans un brouillard de belles et fausses choses, nuits qui s'en vont flottant sur de larges ailes sans force.
Maintenant les amours avec foi dans la mère, maintenant les frayeurs avec espoir pour un frère, sont à peine pour nous des mots étrangers, échos des chants que chantèrent les oiseaux d'antan.
Maintenant tout bien qui vient ou qui s'en va est comme l'odeur des roses d'antan, comme le rayonnement que lance à nos yeux, avant de mourir, l'été.
Maintenant le matin se lève plus languissant, il n'a plus l'air d'un Dieu qui sort de prison, mais d'un
l68 NOUVEAUX POÈMES
oiseau à l'aile dépouillée de ses plumes, et il est pâle des pensées du soir.
Maintenant, l'espoir distancé dans sa course a, de son propre gré, adroitement repassé la torche et la palme qu'il comptait emporter, à son fils même, son vigoureux enfant, le désespoir.