PREFACE XI
sons peignent drôlement et heureusement le sermon comique du capucin. Les masses belliqueuses se déchaînent de nouveau ; mais elles sont domptées subitement par la fanfare impérieuse et fatale qui personnifie Wallenstein, le grand charmeur de soldats, le grand dompteur d'armées de la guerre de Trente-Ans. — La seconde partie est exclusivement consacrée au drame d'amour de Max et de Thécla, dont les idéales ivresses sont peu à peu étouffées par la fatalité qui les enveloppe du dehors et par la sombre ambition de l'aventurier qui accumule les ruines sur sa sanglante carrière. Il rêve une couronne pour sa fille, et ne sait pas qu'il tisse un linceul pour elle et pour son bien-aimé. Signalons l'entrelacement du motif de Max Piccolomini avec celui de Thécla, comme une combinaison heureuse dans sa simplicité savante. — La troisième partie peint la mort de Wallenstein. Je m'attendais à ce que la fin tragique du général, trahi et assassiné fut marquée d'une manière plus dramatique par un glas funèbre, qui en eût fait pénétrer le frisson dans l'auditoire. Le musicien a préféré laisser expirer son héros sous l'étreinte lente de la destinée et de son mauvais génie. Peutêtre a-t-il bien fait. Car en cela, il est demeuré fidèle au système adopté dans cette œuvre et à cette manière tout idéale et tout intérieure de suivre l'action. Des accords mystérieux symbolisant l'influence des astres encadrent ce morceau ; ils lui prêtent une grandeur étrange et saisissante, qui achève de peindre l'âme du personnage principal.
— De tous nos jeunes musiciens, d'Indy est celui