‹ Nouveaux proverbes dramatiquesChapitre 1 sur 248 · VJ PREFACE · texte numérisé non relu

VJ PREFACE

juillet Mettant à honneur que quiconque fait affaire avec moi ait lieu de se louer des résultats , j'ai dû attendre.

Ce retard m'a mis dans un singulier embarras. Devaifi-je comprendre, dans les deux nouveaux volumes que je publie, l^s proverbes qu'on est convenu d'appeler politiques, dont les uns ont été faits sous l'ancien gouvernement, les autres sous le gouvernement nouveau?

Je sais bien que je n'aurais pas eu cet embarras, si je n'avais pas fait de proverbes politiques; et c'est ce que tout le monde m'a conseilla ; malheureusement pas tout le muonde à la fois.

Sous l'ancien gouvernement, un parti me disait que mes proveibes politiques n'étaient pas seulepient de bons ouvrages, mais de bonnes actions ; le parti opposé affirmait au <;ontraire que je gâtais mop talent en croyant l'élever jusqu'aux grands intérêts de la société. Cela me rendait un peu soucieux ; car je ne croyais pas faire de bonnes actions ni élever mon talent.

Sous le ^uvernement nouveau , le parti qui aurait voulu que je ne fisse pas de proverbes politiques m'a félicité de ce que je

PRÉFACE. Vij

continuais à en faire , tandis que le parti qui m'avait applaudi sous l'ancien gouvernement , m'a blâmé de ne pas m'être arrêté. J'en ai conclu que chaque parti aime assez qu'on mette en évidence les ridicules que sa position ne lui permet pa& de se donner, à condition qu'on jettera un voile sur les ridicules qu'il se donnera aussitôt que les circonstances lui permettront d'en afficher.

Les partis sont composés d'hommes ; ils approuvent ou désapprouvent selon les temps, et presque toujours dans des vues particulières. On ne doit donc mettre qu'un prix conditionnel à leurs conseils.

TsÀ fait des proverbes politiques, ils doivent continuer à trouver place dans la collection de mes proverbes. Cela est si simple, que je ne comprends plus pourquoi j'avais balancé.

Mais, dira-t-on, ayant été faits sous deux régimes différens , ne craignez- vous pas que les lecteurs se trompent d'époque, et attribuent à un régime ce qui était dirigé contre un autre? Non, je ne le crains pas; mais si cela arrivait, ce ne serait certainement pas ma faute.

Vlij PRÉFACE.

Trop paresseux pour avoir de Tambition, je n'ai jamais pris d'avance la résolution de louer ou de blâmer; mais assez bon observateur, positivement parce que je reste en dehors des prétentions actives, je regarde £Edre, et j'écris sans remonter plus haut que le ridicule qui est de mon domaine; laissant des plumes plus fortes que la mienne combattre ce qui est odieux.

OU

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