SCENE IV. 2t
LA MARQUISE
Très-permis.
LA. VICOMTESSE
La fortune pour moi est à peine un accessoire.
LA. MARQUISE , en riant.
Une fleur de fantaisie.
LA VICOMTESSE
Dont les roturiers seuls peuvent tirer vanité.
LA MARQUISE
De très-illustres personnages cependant ne la dédaignent guère.
LA VICOMTESSE
Parce que c'est Ja mode ; mais vous pouvez savoir ce que c'est que les modes ?
LA MARQUISE
Ne chercI)ons-nous pas un peu à nous piquer ?
LA VICOMTESSE
Parce que je parle de modes!
LA MARQUISE
Non ; mais parce que je parle de fleurs de fantaisie.
En effet, nous devrions nous borner à traiter de cet hôtel. Croyez- vous qu'il vous convienne ?
LA MARQUISE
Je ne l'ai vu que bien superficiellement ; mais
j'ai une crainte à cette heure. Malgré quelques petites malices qui ne sont que des souvenirs de jeunesse , nous nous retrouvons Tune pour l'autre le même fonds d'amitié que nous avons toujours eu.... Si nous allions nous brouiller encore une fois pour des affaires d'intérêt !... Pensez- vous à cela? J'en serais inconsolable.
LA. VICOMTESSE
C'est impossible.
LA MARQUISE
Ah! ma chère vicomtesse, rappelez- vous Hambourg où il n'était question que de niaiseries.
LA VICOMTESSÇ.
C'est justement à caqse de cela.
LA MARQUISE
De penser qu'une rancune de chiffons a duré aussi long-temps , qu elle nous a poursuivies partout dans le monde, et jusqu'au milieu de la cour... Définitivement , je ne veux pas risquer une nouvelle épreuve; j'en inourrais.
LA VICOMTESSE
Tout comme il vous plaira.