‹ Nouveaux proverbes dramatiquesChapitre 122 sur 248 · SCENE XV · texte numérisé non relu

SCENE XV

MADAME CARRÉ, M. DUROSNAY, madamï DUBREUIL Er VICTORINE.

VICTORIITE.

Maman, savez-vous que tout le monde s'en va?

MADAME DUBREUIL

Je n'ose pas retourner là-dedans. Mettez-nioi du moins au fait, que j'aie quelque chose à leur dire.

MADAME CARRE

Monsieur dû Rosnay , que faut-il faire ?

M. DU ROSNAY

' Leur souhaiter le bonsoir.

VICTORINE, après avoir regardé dans la coulisse.

Il n'y a bientôt plus personne.

' MADAME DUBREUIL, à Viclorine.

C'est pourtant vous, mademoiselle, qui êtes cause de cet affront.

SŒNË XV. 2ÎI

Où'vois^tu un afFrortt là-dedatis? Ce sotot^des gens qui sont venus et qui s'en yopt. Ils neT disent pas adieu; ce n'est plus ïa mode. '

MADÀJMtE DDBREUIL* ^ '

Sans les hësitaiions continuelles de Victorine....

M. DU ROSNAT.

Elle a hésité comme on doit hésiter dans toutes les choses sérieuses.

MADAME DUBRETj:iLL

Enfin y monsieur du Rosnay^ vous ne pouvez pas dire qu'il n'y ait pas de sa faute.

MADAME CARRE

Pas du tout. S'il y â quelqu' Un de coupable, c'est moi, ou plutôt c'est M. de Bretignac. Tu parais étonnée; tu vas l'être bien davantage. Tu croyais bonnement qi» c'était à ta fille <£u'il en voulait ; c'était à ta mère* ma chère amie.

MADAME DUBREUIL

A vous! , . * .

MADAME OARRB.

Je t'en fais juge.' Il est entré un moment dans cette pièce, et au lieu d'avancer jusqu'à nous, ce qui était assez naturel, croyant appâremirtentque nous ne l'avions pas aperçu, il s'est tenu , avec madame de Crédicourt , là , au fond , contre la

212 LA BOMNE MAMAN.

porte. Je ne sais pas pourquoi je me suis aouisée alors à parier à M. du Rosnay comme s'il était mon mari. Xe ne pensais pas que eda dût déplaire à M. de Bretignac; cependant quand j'ai tourné la tête il avait disparu. Donc c'était de moi qu'il était amoureux.

MADAJCE DOBRfefJIL.

Je n'ai pas le drcHit de vous Êiire de reprodi^ , maman ; mais je crois que, quand on veut marier une fille, il est quelquefois dangereux de pousser trop loin les épreuves.

MADAME CABRÉ

Je suis de ton avis; mais dans ce cas-la il faut prendre un mari tout éprouvé. Tiens, lis cette lettre.

( Elle lui doDÂe la léttred'Édouard. ) MADAME DUBEEUIL ^ après mnut hie.

Elle est bien.

MADAME CARRp.

Elle est parfaite. Voilà un amoureux, du moins.

MADAME DDBREUIL.

Comme les autres peut-être.

MADAME CARRÉ, avec et^ooeneol.

Je suis si rassurée sur le ^compte de celui4à que je ne me dédis pas des propositions que j'ai faites à M. du Rosnay.

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