SCÈNE V. i3i
Au fait 9 c'est inutile. Eh bien ! qu'est-ce donc que vous voulez savoir?
MA DAMÉ DK MÉRJONY.
Vous n'avez pas vu autre chose ?
sVpaul.
J'ai tout vu y puisque je suis arrivé au lever du rideau.
M. LliVEN.
Bon. Voilà le rideau levé.
S-PADL.
Je ne vous dissimulerai pas qu'un monsieur qui était auprès de moi a été très-content de l'exposition.
MADAME DE MÉRiGNT.
Et vous?
S -PAUL
Moi?
M. LliVEN.
Oui. Âvez^vous été satisfait aussi?
S-PAUL
Dans ce moment-là , j'avais prêté ma lorgnette.
- M. LIÊVEN.
Ah ! diable, c'est triste pour une exposition..
s'-PAUt.
Je m'en suis bien repenti. La première fois, j'en
i32 LA PREMIERE REPRÉSENTATION, emporterai deux; de cette façon-là , du moins , il faut espérer qu'il m'en restera une. Mais c'est la catastrophe qui m'a enlevé. Dieu ! qu'on fait bien les catastrophes à présent ! Il y a plus de vingt femmes qui n'ont pas pu rester dans leurs loges.
MADAME DE MÉRIGNT.
C'est donc bien terrible.
S'-PAUL
Ce n'est pas parce que j'étais entouré de gens qui frémissaient; mais je tremblais comme une feuille. Malgré cela, j'ai tenu bon.
MADAME DE M]éRIGNT.
Ce sont de ces occasions où il faut qu'un homme sache montrer du courage.
S*-PAUL
Vous voulez plaisanter; mais quand on se livre à son imagination , qu'on s'identifie avec ce qui se passe sous vos yeux , et que ce qui se passe sous vos yeux est touché si fortement, sif vigoureusement qu'on n'a pas le temps de reprendre haleine, ma foi ! il est difficile de conserver son à-plomb.
MADAME HERFORT
J'étais préoccupée, moi; c'est ce qui m'aura sauvée.
S-PAUL
11 fallait que vous le fussiez terriblement, Ma-