SCENE VI. i
M. XIÉVKN.
Ne faut-il pas de la varlétë, d'ailleurs ?
MADAME DE LORMON.
C'est ce que je nie , Monsieur. Quand on possède les richesses littéraires que nous possédons , on doit s'en tenir là.
MADAME DE MERIGNT.
Moi qui ne connais pas la pièce qu'on donnait, j'en demande des nouvelles à tout le monde.
Qu'est-ce qui vous a donc tant choquée?
MADAME DE LQRMOIf.
Tout, Madame y. tout. Une absence de dignité qui révolte. Si l'on ne trouve plus de dignité au Théâtre-Français, où en trouvera-t-on, je vous prie? Dans le chaos de nos nouvelles institutions, il n'y avait que là où , du moins, on devait espérer d'en conserver.
S-PAUL
Que voulez- vous de plus digne que des rois, des reines, des princes , des priticesses qui ne font pas un seul pas sans être escortés par des légions de pages?
MADAME DE LORMON.
Ah ! fort bien. Si v^us vous -contentez à cette heure , à Paris, de valeurs nominales, je n'ai rien à répondre. Ainsi du moment qu'ion vous dit :
i36 LA PREMIERE REPRESENTATION.
a Cet homme-là est un roi j » vous n'en demandez pas davantage; c'est un roi?
S'-PAUL
Mais dame y oui.
MADAME DE LORMON.
Quelles que soient ses actions y quel que soit son langage y vous u'en démordez pas?
s -PAUf..
Mais dame y non.
MADAME DE LORMON.
C'est commode pour les auteurs.
MADAME DE MERIGNT.
Ne nous prêchez pas la révolte ; nous consentons à nous soumettre.
M. DE LORMOIN.
Eh bien ! je n'hésite pas à vous le dire , Madame y on a grand tort, on a le plus grand tort. Même dans les jeux de l'esprit, il n'est jamais permis de toucher à l'auréole sacrée qui doit toujours environner les personnages augustes. Voyez nos grands maîtres et M. de Voltaire lui-même , avec quel art ils savent ennoblir jusqu'aux crimes les plus odieux , quand les coupables ont des droits à nos respects.
MADAME DE 'lORMON.
Vous avez affaire à forte partie ; M. de Lormon est littéraire jusqu'au bout des ongles.