‹ Nouveaux proverbes dramatiquesChapitre 94 sur 248 · SCENE I. i · texte numérisé non relu

SCENE I. i

VICTORINK.

Non 9 ma boaiiè maman.

MADAME GARR

Eh bien?

ViCTORmE*

Maman assure que cela ne fait rieti et t[Ue Ton peut toujours recevoir ce monsieur, pourvu que ce ne soit pas un mardi, parce que M. Edouard vient tous les mardis.

MADAME tARRlÉ.

Vraiment, ma chère enfant, ta mère est quelquefois..... Enfin ta mère est ta mère; ce n'est pas cela que je veux dire. Il ne me parait pourtant pas bien, quand on a accueilli un jeune homme, de chercher à en attirer un autre* Lequel des deux prëfères-tu ?

VICTORIWE.

Voussentezbien, ma bonne maman, qu'après la manière dont je vous ai parlé de M. Edouard, je ne pourrais pas vous tlire que j'akne mieux monsieur le comte. Je suis seulement fâchée que monsieur le comte, qui jusqu'ici avait refusé tant de mariages , se soit décidé si promptement pour moi.

MADAME CARRÉ, prenaat le nenton de Yictorine.

Je crois sans peine qu'il s'est décidé pour toi ;

i58 LA BONNE MAMAN.

tu es si gentille ! Mais sois sûre qu'il sait aussi que

tu seras bien riche un jour.

VICTORINE

Il paraît que cela lui est égal.

MADAME CARRÉ

Vous allez donc.' donner çongë à M. Edouard ?

VICTORINE

O Dieu ! pauvre M. Edouard!

MADAME CARRE

Il n'y a pas de milieu , ce me semble.

VICTORIHE.

Lui qui est si gai, si bon, si aimable,; lui qui a tant de confiance en moi ! Je ne consentirais jamais à lui faire ce chagrin-là ; il $erait capable d'en mourir.

MADAME CARRÉ

Que comptes-tu faire ?

VICTORINE

Je suis encore bien jeune , bonne maman; rien ne presse , on peut Voir.

MADAME CARRÉ

Non , ma bonne amie , on ne -peut pas voir ; c'est de la, coquetterie. De mon temps on n'aurait pas su ce que cela signifiait. Il est vrai que vous vivez dans un autre monde que celui où j'ai été ëlevëe; mais quand il a été convenu que j'épouserais M.

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