‹ Nouvel abrégé de géographie moderne à l'usage de la jeunese [microforme]Chapitre 174 sur 199 · La Nubie (partie septentrionale de l’ancienne · texte numérisé non relu

La Nubie (partie septentrionale de l’ancienne

thiopie) et lo Soudan égyptien sont situés au sud de l'Égypte et forment avec elle une étroite vallée fertile, entourée de déserts. On distingus en Nubie trois parties principales, savoir : la Nubie turque, peuplée par des tribus nomades qui vivent presque indépendantes ; Îe royaume de Dongolah, dont la capitale porte le même nom, habité par un peuple féroce ct rusé; et le royaume de Sennaar, qui a pour capitale Sennaar, située sur le Nil Bleu, cette ville

ui n’a actuellement que 3.500 habitants, renfermait diton, 100,000 êmes, avant les conquêtes récentes du pacha d'Égypte, à qüi toute la Nubio est à peu près soumise. Khartoum, situé au confluent du Nil Bleu et du Nil Blanc, est la capitale du Soudan égyptien, garnison égyptienne centre commercial d’une haute importance. Population : 20,000 habitants.

719. Rivières: Le Nil Blanc (Bahr-el-Abiad) et le Nil Bleu (Rahr-

el-Azrek), qui se réunissent un peu au-dessous de Khartoum (No. 698, note a) ; l'Atbara, qui prend le nom de Tacazzé en Abyssinie,

etc.

(a) Le titre héréditaire de vice-roi est dans la famille de Méhémet-Ali depuis 1841. Le vice-roi actuel est [sinail.

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720. Climat salubre quoique très-chaud. Le dourah, espèce de millet, est le principal grain ; il y a peu de fruits, excepté ceux du palmier, Commerce : esclaves, poudre d’or, plumes d’autruches, bois de sandal, ébène, ete. Population incertaine, peut-être 2 millions d'individus, musulmans (a): les Ababdès, qui habitent les déserts de l’est, s’enduisent lo corps et surtout la tête do graisse de mouton. Ils enterrent leurs morts en les couvrant de pierres,

721. L’Abyssinie (partie méridionale de l’ancienne Éthiopie) est un pays de montagnes et de rivières, situé au sud-est de la Nubie. Elle comprend cinq grandes parties : le Tigré, l'Amhara, le Choa, les contrées habitées par les Gallas et la province turque de Massouah. Climat plus tempéré que celui de la Nubie; cependant les chaleurs sont étouffantes et les maladies en grand nombre dans les basses vallées. Sol extraordinairement fertile 1à où il peut être cultivé ; on fait jusqu’à 2 ou 3 récoltes par année. Productions très-variées : café, myrrhe, gommes, encens, papyrus, eto. Quantité d’hyènes, d’éléphants, de bœufs qui ont des cornes longues de 4 pieds et grosses de 21 pouces vers leurs racines, grands aigles dorés, plaines couvertes de selgemme. Commerce: or, ivoire, esclaves, Population, 4 ou 5 millions, qui pour la plupart professent un christianisme mêlé de beaucoup d'erreurs (b). Il y a aussi plusieurs nations nègres, que les Abyssins nomment Changallahs, et qu'ils chassent comme des bêtes fauves. Une colonie de

(a) Log habitants des villes ressemblent aux Berbers (No. 667) ; coux des déserts sont de race arabe.

(b) Les Abyssins suivent lo rite copte. Le chef do lour Eglise est un archevêque copte, nommé par le patriarche du Caire; il porte le titre d’Abouna. Il y a une mission catholiquo en Abyssinie et un vicaireapostolique, résidant à Massouah. On voit dans cette contrée plusieurs grandes églises entièrement creusées dans le roc.

Juifs sy maintient depuis la conquête de la Judée par Nabuchodonosor ; dès le temps d’Alexandre-le-Grand on les appelait les exilés. Gouvernement : anarchie et guerres civiles depuis un siècle (a).

722. Rivières: Les principales sont le Nil Bleu, appelée aussi Abai, père des eaux (No. 719); le Tacazsé, grand affluent du Nil, le Mareb, l’Aouach, etc.

723. Villes: Gondar, ville commerçante de 6,000 habitants ; point de départ des caravanes pour la Nubie, !'Esypte, le pays des Gallas, ete ; résidence de l’Abouna ouchef religieux de l’Abyssinie (No. 721, note b); Axoum, ville trèsancienne, bien déchue de ce qu’elle était autrefois ; Ankober et Angolola, dans le Choa; Magdala, célèbre par la catastrophe de Théodoros, dernier négus ou souverain d’Abyssinie,

Les Abyssins ont la taille bien prise, les cheveux longs, et les raits du visage assez semblables à ceux des Europtens ; mais ils se distinguent de tous les peuples connus par une teinte particulière que les uns comparent à l'encre pâle, les autres au bronze. On leur donne une réputation de férocité, d'iudolence et de débauche. Ils aiment les viandes crues avec une sauce de sang frais. L’hydromel, renforcé d’opium, anime la sauvage gaieté de leurs festins. Les grands seigneurs 8e font mettre dans la bouche les aliments grossièrement anprètés qui couvrent leur table : 0).

Les habitants de la côte d'Abesch sont appelés Troglodytes habitants des cavernes), parce qu'ils demeurent dans le creux des rochers. Ils vivent de pêche et du produit de leurs troupeaux de chèvres. Leur pays renferme, dit-on, des mines d’or, d'argent et de pierres précieuses.

(a) Pendant plusieurs siècles l’Abyssinio ne formait qu’un seul empire otcombattit avec succès pour la religion contre les efforts de l’islamisme et do l’idolâtrie : le prince portait le nom de Grand Négus. Lo dernier Négus a été Théodoros, soldat de fortune, qui par son audace et la rapidité de ses coups avait soumis tous les chefs indépendants du pays, et fait succéder à l’anarchie et au morcellement p1 litique l’ordre, Punité et la force. Il régna de 1865 à 1868, et fit plusieurs fois la guerre aux populations musulmunes, qu’il uvait juré d’oxterminer ou de convertir au christianisme. L'expédition anglaise abyssinienne, entreprise dans le but do venger des griefs nationaux, à fait perdre à Théodoros le trône et la vie; l’Abyssinie est retombée dans l’anarchie et les guerres civiles.

(b) Usage que l’on trouve ailleurs en Afrique et en Asie, particulièrement chez les Chinois.

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724. Bornes : Au nord, la Méditerranée ; à l’est, l'Egypte ; su sud, le grand désert de Sahara, dont celui de Lybie est une continuation ; à l’ouest, l'Atlantique.

La Barbarie fut occupée, dès une haute antiquité, par les Berbers, les Numides et d’autres peuples, que les Carthaginois, venus de la Phénicie 888 ans avant J.-C. soumirent ou rendirent tributaires. Après la chute de Carthage (146 ans avant J.-C.), cette contrée fut réduite en province romaine. Aux Romains succédèrent les Vandales en 427, et à ceux-ci les Sarrasins ou Arabes en 697. À la dissolution de l’empire des califes en 936, les états barbaresques regagnèrent leur indépendance, et la conservèrent, du moins à l'égard des puissances asiatiques, jusqu’au commencement A: 16e siècle. Ayant, à cette époque, appelé les Turcs à leur secour: contre les chrétiens d'Espagne, ils furent obligés de reconnaître la souveraineté de la Porte Otiomane.

725. Divisions : La Barbarie se divise en quatre parties principales, l'empire de Maroc, l'Algérie, et les royaumes ou régences de Tunis et de Tripoli : ce dernier comprend le désert de Barca et le Fezzan. Les capitales de tous ces états portent les mêmes noms.

L'empire de Maroc (ancienne Mauritanie Zeugitane), se compose de 4 provinces ou royaumes : Maroc et Fez, au nord de l'Atlas, Tafilet et Sedjelmessa, au sud. Au sud du royanme de Tunis (ancienne Bizacène et Zeugitane), est situé le pays des dattes ou le Béläd-el- Djéryd proprement dit.

726. Rivières : Les principaux cours d’eau sont : l'Ouad-Chibica, ou Drâa, l'Ouad-Noun, l’Ouad-Sous, le Tensift, dans le Maroc ; la Tafna, l'Habrah, le Chélif, l'Hamise, le Sahel, l'Ouad-el-kébir, dans l'Algérie ; le Medjerdah (Bagradas), l’Ouad-Séroud, dans la Régence de Tunis.

727. Climat, etc. : Voyez le numéro 702. L’Atlas, dont les déclivités sont arrosées par une multitude de rivières et de torrents, partage la Barbarie en deux régions distinctes : dans celle du nord, la chaleur du climat et les pluies de l’hiver donnent une vigueur prodigieuse à la végétation ; on y voit les productions de l’Europe et de l'Afrique réunies ; les plus abondantes sont : le blé, le millet, le maïs, l'orge, le sucre,

le coton, le raisin, et quantité de fruits délicieux. La partie

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au sud du mont Atlas ne présente que des plaines sablon. neuses et salées où les rivières se perdent, et qui ne sont fertiles qu’en dattes, nourriture commune des habitants. Les montagnes sont couvertes de forêts et recèlent des mines d'argent, de cuivre, de fer et de plomb. Animaux, oiseaux, serpents, etc., de presque toute l'Afrique.

Les chevaux, qui sont de race arabe, jouissent d’une grande renommée, ainsi que les dromadaires de l'espèce qu'on nomme heiries. Il y a beaucoup de brebis et de chèvres.

On prétend qu’un hejric ou chameau du désert a franchi, en ? jours, un espace de 1,100 milles. Voici comme l’Arabe dépeint la vitesse de cet animal infatigable : “ quand tu rencontres un heirie, et “ que tu dis au cavalier qui le monte, salem alik (la paix soit avec ‘ vous), lui, avant d’avoir pu te répondre alik salem, est déjà presque ‘“ hors de ta vue, car il marche comme le vent.”

728. Commerce : Blé, cuirs, maroquins, coton, laine, cire, huile, savon, fruits, étain, cuivre, corail, chevaux, mulets, sel, esclaves, poudre d'or, ivoire, plumes d’autruches, gommes, ete. Le commerce le plus considérable est celui qui se fait avec l’intérieur de l'Afrique, au moyen des caravanes.

729. Population : Environ 10 à 12 millions, composée de Maures, d’Arabes, de Berbers ou Kabyles, de Tures, de Juifs et de quelques Européens, L’islamisme domine ici avec un caractère de férocité et d’intolérance qu'il n’a point ailleurs. Tout le monde connaît les pirateries et les persécutions qué ces peuples ont exercées longtemps contre toutes les nations chrétiennes. Gouvernement très-despotique: le souverain de Maroc prend le tire d'empereur ; Tunis et Tripoli étaient gouvernés par des deys héréditaires, mais, depuis 1835, cette dernière régence est devenue simple province ottomane.

La population du Maroc est d'environ 8,000,000 d'habitants ; celle de la régence de Tunis, de 2,000,000 ; celle de la régence de Tripoli, de 1,500,000.

Le dey de Tunis est presque indépendant ; ils ne reçoit de la Porte que l'investiture de ses états, et n’est obligé de lui fournir qu’un contingent de troupes, en temps de guerre.

730. Villes : 10, Dans le Maroc, Méquinez, devenu, à cause de son climat salubre, le séjour le plus ordinaire des empereurs; Maroc, capitale, célèbre par ses cuirs nommés maroquins; Tanger, résidence de plusieurs consuls européens ; Mogador, sur l'Atlantique, principale ville de commerce avec l'étranger ; Fez, une des plus importantes villes du pays, peuplée de 90,000 habitants, la cité sainte de Maghreb, autrefois le centre des lettres, des sciences, des arts et du

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20. Dans l’état de Tunis, la capitale, Tunis, siluée près des ruines de l’ancienne Carthage, beau palais du Dey, nombreuses fabriques de velours, de soieries, de toiles, de bonnets rouges, etc.

30. Dans l'état de Tripoli, la capitale, Tripoli, ville ancienne, où l'on voit un arc de triomphe dédié à Marc-Aurèle et à son collègue Lucius Verus, commerce étendu avec l'Égypte, l'intérieur de l’Afrique et le Levant, etc.

Sur les confins du désert de Barca est l’oasis de Syouah (pays d'Ammon des Anciens}, petit état indépendant, qui peut fouruir 1,500 bommes de guerre. On y voit les restes du temple célèbre de Jupiter- Armmon.

731. Mœurs, etc. : Les Maures, qui habitent les villes et les plaines cultivées, ont la peau plus blanche que les Arabes, le visage plus plein, le nez moins saillant, Leur caractère selon les voyageurs est un composé de tous les vices. Leur seience se borne ordinairement à savoir lire l’Alkoran. Leurs maisons, carrées et à toit plat, sunt quelquefois ornées dans l’intérieur de riches tapis et de fontaines jaillissantes. Les exercices à eheval et le tir d'armes à feu, forment avec les tours d'équilibre leurs passe-temps favoris. À leurs funérailles, une longue suite de femmes, payées pour pleurer et hurler, accompagnent le mort jusqu’à sa dernière demeure.

Les Berbers, qui habitent les montagn:s et les déserts, ont le teint rouge et noirûtre, la taille haute et svelte, le corps grèle et maigre. Leur fanatisme religieux surpasse celui des Maures ; ils l'assouvissent, lorsque l'occasion s'en présente, dans le sang deg juifs et des chrétiens. Leurs marabouts ou prêtres prétendent faire des miracles et distribuent des amulettes.

Les Berbers fabriquent eux-mêmes la poudre à feu dont ils ont besoin ; ils sont laborieux et intelligents ; ils fournissent au Maure paresseux di: blé, des olives et toutes sortes de denrées. Leur nourriture consiste en pain bis et en olives ; leurs vêtements sont pauvres et malpropres; leurs villages sont munis de tours de garde, d’où ils découvrent l'approche de toutennemi. Dès le moindre signal, tous les hommes courent aux armes; ils manient supérieurement le fusil, le lancent dans l'air, le rattrappent et le déchargent avec une adresse et une rapidité étonnante.

(a) Les possessions espagnoles dans le Maroc sont: Ceuta, Penon-de- Velez, Alhucemas, Mélilla et les Îles Zaffarines.

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