SAHARA
737. Le désert de Sahara (ancienne Lybie intérieure), couvert de sables mouvants, parsemé d’oasis que Strabon comparait aux taches qui se voient sur la peau d’une panthère, occupe presque toute la largeur de l’Afrique, entre le 31e parallèle de latitude septentrionale et le 18e.
Aucune rivière ne traverse le Sahara; on y trouve seulement des cours d’eau peu considérables, qui arrosent de petites vallées fertiles où s'élèvent quelques villages solitaires. Les collines de sable souvent transportées par le vent, sont rangées en lignes, semblables aux flots de l'océan. Elles ensevelissent quelquefois des caravanes entières. On ne connait d'autre minéral du désert que le sel-gemme, dont il y a de vastes couches aussi blanches que le plus beau marbre.
738. Population : Environ 2 millions d'habitants, Maures et Berbers, Arabes, Touaregs, Tibbous, qui professent le mahométisme et sont gouvernés par une foule de chefs indépendants. La plupart vivent sous des tentes, et vont d’oasis en oasis, faire paître leurs troupeaux de chameaux, de chèvres et de moutons. Souvent ils sont obligés de disputer l'approche des sources d’eau qu'ils y cherchent, aux serpents, aux lions et aux panthères.
Partagés en un grand rombre de tribus, dont quelques-unes trèsféroces, les Touaregs sont encore depuis les Carthaginois et les Romains les conducteurs des caravanes, les eourtiers, et en partie les marchands qui font le commerce régulier entre le nord et le centre de l’Afrique.
Les peuples voisins de la côte Atlantique, passent pour trèsféroces ; ils font souffrir d'horribles traitements aux malheureux naufragés, lorsque les tempêtes et les courants rejettent les vaisseaux sur ces perages couverts de récifs et de rochers.
PACE A ne
298 SÉNÉGAMBIR.
Des caravanes ou akkabahs parcourent continuellement le Sahara, La principale est celle qui se rend de Fes à Tombouctou, sur le Niger, voyage qui est de 129 jours, dont 54 de marche et 76 de repos dans les différentes oasis ; elle est accompagnée de soldats pour la défendre contre les tribus errantes qui vivent de pillage. La violence du vent de simoun est telle que souvent sa ehaleur degséchante absorbe l’eau renfermée dans les outres des voyageurs, qui 8e trouvent par là dans une situation affreuse. En 1805, une akkabah composée de 2,000 personnes et de 1,800 chameaux, n'ayant point rencontré d'eau aux places ordinaires, hommes et animaux, tous ptrirent de soif. Les Arabes préfèrent marcher pendant les nuits brillantes de ces climats, et alors ils se dirigent au moyen de l'étoile polaire. ‘
Les marchands do caravanes se nourrissent de dattes, de farine d'orge et d’eau. Ils chantent pour abréger les longues heures du voyage, pour ranimer le courage des chameaux. C’est surtout lorsqu'ils approchent de quelques habitations, ou lorsque les chameaux semblent prêts à succomber de lassitude que leurs concerts offrent plus de mélodie et de douceur. À quatre heures du soir on dresse les tentes, on récite en commun les prières ; et après le souper, qui succède à cet acte de dévotion, tous s’assient en cercle, causent ou content des histoires, jusqu'à ce que le sommeil vienne fermer les yeux.