‹ Nouvel abrégé de géographie moderne à l'usage de la jeunesse [microforme]Chapitre 70 sur 269 · GRANDES-ANTILLES · texte numérisé non relu

GRANDES-ANTILLES

, de montagnes, qui, vers lo centre de l’île, atteignent la hau- . teur de 8 à 9 mille pieds, et toutes sont couvertes de forêts

magnifiques. Quatre fleuves et une foule de rivières arro-

| sent la région inférieure, dont rien n’égale la fertilité. Mais ‘on accuse les nègres d’indolence ; on dit qu’ils aiment mieux abattre l’acajou, les bois de teinture et mille autres ar: bres précieux que de cultiver les belles plantations de leurs anciens maîtres (a). Ils exportent ‘encore cependant, outre leurs bois (b) et les peaux de bœuf sauvage, beaucoup de café, et la plupart des autres productions de l'archipel, quoique en bien moindre quantité que sous la domination frangaise et espagnole. ;

179. L'île d'Haïti se divise en deux parties : la république d'Haïti, à l’ouest, et la république Dominicaine, à Pest.

La république d'Haïti, ancienne colonie française de Saint-Domingue, est peuplée de 570,000 hab., nègres et mulâtres issus de français ou de nègres. On y parle un français corrompu par le mélange de nombreuses expressions empruntées aux idiômes africains. La religion professée est le catholicisme. (Capitale, Port-

(a) La reine des Antilles, découverte par Colomb en 1492 (No. 2), fut exploitée par les Espagnols seuls pendant deux siècles. En 1697, par le traité de Ryswick, ils en cédèrent la moitié aux FranÇais, qui dans le cours d’un autre siècle avaient rendu leur colonie plus riche que toutes les autres Antilles réunies.—Vint la terrible Révolution—l’Assemblée Nationale, en 1790, fit proclamer que tous les hommes sont égaux et libres—débats violents dans l’île entre les hommes de couleur libres et les blancs, qui s’étaient jusque-là réservé les droits politiques.—Mais voilà que les esclaves, au nombre de 500,000, croient que l'affaire les regarde—il se soulèvent, massacrent ou chassent les Français, créoles et mulâtres. Sous la conduite de Toussaint Louverture, ils achèvent do se saisir des places fortes, repoussent une armée anglaise envoyée par la Jamaïque, et se rendent maîtres même de la partie espagnole. Le général Leclerc avec 20,000 Français débarqua dans l’île en 1801, s’empara de la personne de Louverture, et le fit transporter en France. Les hostilités, un instant suspendues, recommencèrent en 1803, sous le général noir Dessalines, qui refoula les Français jusqu’au Cap, où les attendait une flotte anglaise. Leur liberté conquise, les nègres eurent la tâche plus difficile encore de se gouverner. Dessalines prit le titre de Jacques I, empereur d'Haïti. Il fut assassiné en 1806, et remplacé aussitôt par un autre chef militaire, no qui se fit couronner en 1811, sous le nom de Henri I. 11 eut pour rival le républicain Pétion, mort en 1818. Christophe périt dans une révolution militaire, en 1820. Le président Boyer lui succéda sans résistance, en 1822, Enfin l'indépendance d'Haïti fut admise par la France, en 1825, moyennant la promesse d’une indemnité aux anciens colons de 150,000.000 de francs.— Cette somme a été une nouvelle source de difficulté—il a fallu la réduire de beaucoup—un traité de 1838 prolongea les termes du paiement jusqu’en 1863. De 1849 à 1859, Haïti fut gouverné despotiquement par un nègre du nom de Soulouque, qui se constitua empereur sous le titre de Faustin I. Une révolution a renversé Soulouque et amené la république.

(b) C’est d'Haïti que vient la plus belle espèce d’acajou.

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